A. Tcheta: ‘‘ce ne sont pas les mesures du Gouvernement, ni les mesures monétaires qui entraînent la baisse de la dépréciation du taux de change’’

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‘‘Il faut donc être réaliste, ce ne sont pas les mesures du Gouvernement, ni les mesures monétaires qui entraînent la baisse de la dépréciation du taux de change’’, a déclaré l’économiste Albert Tcheta-Bampa dans une analyse scientifique.

 

Il attribue cette situation à 4 probables causes de nature ‘‘conjoncturelle’’, lesquelles détruisent systématiquement l’hypothèse de l’Exécutif congolais. Il s’agit notamment de : la réduction des importations grâce à un ajustement du taux de change et à la baisse des importations ; le passage de fait, du flottement impur au flottement pur du CDF quand le stock de réserves a atteint un niveau plancher que les autorités ne souhaitaient pas entamer au début de l’année 2017 ; l’augmentation des prix des produits cuprifères qui accroît à son tour les recettes des exportations ; le maintien des prix du pétrole à un niveau bas qui entraîne une moindre inflation et conduit à un assouplissement monétaire de la Banque Centrale. Si le Gouvernement Tshibala et l’Autorité monétaire, chacun d’eux attribue ce résultat à sa propre action, le PhD. Albert Tcheta-Bampa est convaincu du contraire. «Ces simples faits empiriques infirment donc l’hypothèse du gouvernement congolais, selon laquelle la relative détente de la dépréciation serait principalement due à la gestion maîtrisée des finances publiques par le gouvernement qui aurait permis de maintenir les finances publiques en équilibre au cours de cinq mois sur les sept premiers mois de cette année et d’enregistrer un ralentissement du rythme de dépréciation du Franc Congolais par rapport au dollar. Ils suggèrent qu’il existerait un lien solide entre la stabilité macroéconomique de la RDC et le boom des matières premières ». En effet, déplore Albert Tcheta-Bampa, les Gouvernements successifs n’ont pas mis en œuvre de politiques économiques appropriées afin de réduire les déséquilibres fondamentaux. Concrètement, soutient – t – il, depuis le déclenchement de la crise de change au début de l’année 2016, aucun des gouvernements (de Matata à Tshibala) n’a fait preuve d’une relative souplesse budgétaire afin de maintenir le cap sur la croissance. A lui d’insister : « Le Gouvernement Matata a tenté de réduire les déficits trop vite en 2015-2016, avec en particulier la baisse du budget de l’Etat 2016 en cours d’exécution, ce qui a conduit à casser la reprise et à augmenter le chômage, et pour finir la hausse des déficits et de l’endettement public à court terme que l’on prétendait vouloir réduire. Le Gouvernement Tshibala répète l’erreur commise par le Gouvernement Matata en 2016. Des mesures de consolidation budgétaire (telles coupes dans les dépenses, suspension des paiements, gel des dépenses de l’Etat, notamment les frais de fonctionnement des ministères), mis en œuvre par le gouvernement Tshibala pour réduire le déficit fiscal du PIB, diminuera davantage la demande intérieure. Dans une économie en rattrapage, comme celle de la RDC, il ne faut pas adopter la rigueur en période de crise ». Si la BCC a probablement eu raison de chercher à limiter la hausse de la composante de l’inflation causée par les chocs du sectoriel des ressources minérales (chute des prix des produits de base), depuis 2016, il n’en va pas de même pour la composante de moyen à long termes qui résultent des impacts des différents chocs de l’économie (chocs d’offre, chocs de demande, soit transitoire, soit permanent). « Les tentatives visant à lutter contre la dépréciation du taux de change en présence d’une menace d’inflation structurelle élevée ne sont généralement pas viables. Les mesures de la BCC ne s’attaquent pas à l’origine de l’inflation structurelle, dont la disparition exige plus d’investissements et d’épargne nationale pour rompre les goulots d’étranglement du côté de l’offre, adapter le taux de croissance du revenu réel à la croissance de la population, réduire la propension à importer et augmenter le taux de croissance des exportations et les réserves en devise », . Dans l’hypothèse où la dépréciation du taux de change continuait à décroitre légèrement, Albert Tcheta-Bampa recommande l’option des profondes réformes en RDC. Elles devraient avoir pour objet notamment : d’éliminer les déséquilibres persistants, sur le marché de la monnaie ou sur le plan budgétaire, qui entrent en conflit avec la contrainte d’un stock limité de réserves de change ; d’augmenter beaucoup plus les investissements et l’épargne nationale pour rompre les goulots d’étranglement qui empêchent l’offre intérieure de croître parallèlement à la demande, adapter le taux de croissance du revenu réel à la croissance de la population, réduire la propension à importer et augmenter le taux de croissance des exportations ; de diversifier l’économie et adopter un régime de change flottant qui constitue un atout car une dépréciation du taux de change améliore la compétitivité des secteurs exportateurs hors matières premières, ce qui soutient l’activité et le solde courant à moyen terme.

 

Par ailleurs, l’Economiste Albert Tcheta-Bampa note que l’intensité de la dépréciation actuelle est, à certains égards, plus faible que pendant toute la période antérieure. Ce qui laisse présager que la RDC pourrait connaître l’appréciation de sa monnaie depuis le déclenchement de la crise de change.

 

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