Affaire fosse commune de Maluku: le gouvernement coincé

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Le gouvernement est de nouveau sous pression dans l’énigmatique affaire de la fosse commune de Maluku qui fait grand bruit dans la capitale. Des ONG nationales et internationales des droits de l’homme veulent voir clair sur l’enterrement de plus de 400 corps dans un cimetière de la commune urbano-rurale de Maluku.
Certaines organisations soutiennent la piste de l’exhumation des corps pour permettre aux médecins légistes d’enquêter sur cette affaire de manière à faire éclater la vérité.
Cette affaire a été portée au grand public par la population de Maluku qui a ensuite alerté la Monusco pour déplorer les odeurs nauséabondes qui s’y dégageaient.
La mission onusienne a, à son tour, saisi le Procureur de la République lui demandant d’ouvrir une enquête sur ce dossier. Certaines sources concordantes affirmaient que ce seraient des corps des personnes mortes lors des événements survenus du 19 au 21 janvier dernier dans la capitale.
Pendant ces trois jours, l’Opposition avait organisé des manifestations pour dénoncer la modification de la loi électorale alors en discussion au Parlement.
Faux, rétorque le vice-Premier et ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab Mabudj. Dans son rapport, il a rejeté la thèse selon laquelle des corps enterrés dans cette fosse commune, sont des victimes des émeutes survenues en janvier dernier dans la capitale.
Il a précisé que le nombre des victimes de ces manifestations est bien connu [12 morts pour des sources officielles et 42 selon la Fédération internationale des droits de l’homme].
Pour Evariste Boshab, il s’agit plutôt des indigents gardés longtemps à la morgue centrale de l’Hôpital général de référence de Kinshasa, ex-MamaYemo et inhumés par l’Hôtel de ville de Kinshasa sur une demande de la direction de la morgue.
Selon le même rapport du gouvernement, parmi ces indigents, il y a des personnes ayant rompu le tissu social avec leurs familles, des corps abandonnés, des corps non identifiés et des mort-nés enregistrés en bonne et due forme à la morgue centrale.
Evariste Boshab a, par ailleurs, affirmé avoir rendu public ce rapport pour faire triompher la vérité dans cette affaire, en attendant le volet judiciaire.
Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur a également déclaré que le gouvernement était disposé à exhumer les corps, si la demande était faite ou si le moindre doute persistait.
Pour plus de transparence, Evariste Boshab a promis de mettre son rapport à la disposition de tous.
Le rapport du gouvernement n’a pas persuadé des ONG des droits de l’homme qui se proposent de mener leurs enquêtes indépendantes avant de se prononcer sur l’affaire. Certains analystes politiques exigent au gouvernement de fournir des explications claires et nettes pour persuader l’opinion au risque de se voir embourbé. Ils estiment que l’exécutif est coincé dans cette affaire énigmatique.
Dans les rues de Kinshasa, les interrogations vont dans tous les sens. Le gouvernement peut-il exhiber les certificats de décès de ces personnes enterrées ? Y-a-t-il une morgue qui peut garder plus de 400 corps à Kinshasa, se demande-t-on dans la capitale.
Le gouvernement Matata est appelé à répondre à toutes ces questions en vue de faire la lumière sur cette affaire qui s’ajoute à tant d’autres qui le tiennent au collet.
Certains analystes sont d’avis que si l’affaire de la fosse commune n’est pas bien gérée, elle risquerait de jouer contre les candidats de la mouvance aux élections locales, municipales et urbaines, annoncées dans quelques mois.

Ibakucha Mayanda

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