Affaire Ntaganda: une condamnation exemplaire vivement réclamée

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L’ouverture du procès Ntaganda à la Haye (Pays-Bas) a été acclamée de deux mains dans la province de l’Ituri, où l’ex-milicien avait commis de diverses exactions contre les populations civiles (viols, meurtres, enlèvements et autres). Dans la localité de Ngongo, en Ituri, où l’ouverture du procès a été suivie en directe, des victimes ne jurent que sur la condamnation exemplaire de Bosco Ntaganda, accusé d’avoir brulé des maisons. « Ici, on a tué des gens, on a brûlé des maisons, il y a eu des viols! Ce sont des crimes qui nécessitent une condamnation exemplaire», s’est indigné un homme du village Ngongo. Ce villageois indique que depuis 2003, il n’y a pas eu de commission Vérité et Réconciliation, ni aucune réparation dans les localités que Bosco Ntaganda et ses hommes ont endeuillée. Seule la CPI s’y rendu trois fois pour enquêter. La population de l’Ituri en majorité piaffent d’impatience et réclament que réparation, paix, après tout ce qui s’est passé et souhaite que des telles atrocités ne se répètent plus dans ce milieu.
Nicolas Koyaku, chargé des activités de sensibilisation pour la CPI en Ituri confirme que le besoin de mettre fin à l’impunité est immense dans cette partie du pays : ‘‘la population a besoin de plus d’information pour voir quels sont les efforts que déploient la justice nationale et internationale pour mettre un terme à l’impunité. Parce qu’ils aspirent quand même à un monde sans crimes, à un monde de paix pour s’occuper plus des aspects liés au développement’’.
Pour Bienvenu Ukej, directeur de l’Association Justice Plus à Bunia l’ouverture de ce procès constitue un signal fort. « On le croyait intouchable, il se comportait en petit dieu parce qu’il était protégé par plusieurs instances. Le voir comme ça devant le juge, pour les victimes d’abord, c’est un pas de plus contre l’impunité. Voilà quelqu’un qu’on croyait intouchable qui a été déféré devant le juge. C’est déjà une dissuasion envers de potentiels criminels», s’est-il réjoui. Un signal et l’espoir aussi que ce 4e procès à La Haye qui vise un chef rebelle de l’Ituri donne l’exemple et montre que personne n’est à l’abri de poursuites. Car l’impunité c’est le principal problème d’une région en proie aux groupes armés. A la tribune de la CPI, la procureure Fatou Bensouda a apporté des preuves, attestant les exactions commises par Bosco Ntaganda. ‘‘La population a été traumatisée par les violences sexuelles’’, a-t-elle dénoncé, sous le regard impassible de l’accusé. Bosco Ntaganda a été l’un des principaux artisans des violences qui ont «décimé» le Nord-Est de la RDC en 2002 et 2003, a affirmé mercredi la procureure de la Cour pénale internationale à l’ouverture du procès pour crimes contre l’humanité de l’ancien chef de guerre. «Bosco Ntaganda était un des commandants les plus importants et a ordonné des attaques et la mort» de civils, a affirmé la procureure Fatou Bensouda devant la cour à La Haye: «cette affaire concerne la violence qui a décimé la région de l’Ituri, tuant des centaines de civils, en laissant des milliers vivre de rien dans la forêt». Ntaganda est le premier accusé en droit pénal international qui doit répondre de viols et esclavage sexuel commis sur des enfants de sa propre milice. Les viols étaient organisés à «si grande échelle» que des antibiotiques contre les maladies sexuellement transmissibles ont été distribués à plusieurs reprises aux soldats, a affirmé Nicole Samson, une représentante du bureau du procureur. L’accusation de Fatou Bensouda s’appuie notamment sur des extraits vidéos de l’époque, des photos, des cartes et des analyses médico-légales, dont celle du crâne d’un enfant âgé de 12 à 17 ans au moment de sa mort. Si l’accusation a eu la parole mercredi 2 septembre, les représentants des victimes et l’avocat de M. Ntaganda doivent s’exprimer jeudi 3 septembre, tout comme l’accusé lui-même alors que le premier témoin comparaîtra le 15 septembre prochain. Bosco Ntaganda, 41 ans, est accusé de 13 crimes de guerre et cinq crimes contre l’humanité, dont des meurtres, pillages, attaques contre des civils, viols et esclavage sexuel. L’accusé était chef adjoint de l’état-major général des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), milice à prédominance Hema qui visait, selon l’accusation, les populations perçues comme appartenant aux ethnies Lendu, Bira et Nande. De son côté, le secrétaire général de l’Union des patriotes congolais (UPC) reste confiant face aux accusations portées contre l’un de ses cadres. Il estime que ce procès est le bienvenu et permettra, selon lui, de faire éclater toute vérité.

Ibakucha Mayanda

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