Agene, un danger pour les jeunes Congolais

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Agene est une boisson alcoolisée à très forte teneur obtenue par la distillation des grains de maïs fermentés auxquels on associe du manioc et quelques ingrédients. Sa nature et son arôme varient d’une région à une autre, d’une tribu à une autre.

Certaines régions ou tribus détiennent les secrets de préparation les plus sophistiqués jusqu’à nos jours. Le Kasaï et l’Equateur se placent en tête de meilleurs fabricants et de grands consommateurs d’Agene.

 

Agene prohibé par les colons

 

L’administration coloniale avait mené une lutte acharnée contre l’alcool frelaté ou indigène: Agene. Sa consommation et sa préparation étaient prohibées par la loi spéciale du Congo Belge pour des raisons de santé et économique. Car la consommation abusive d’Agene rendait la population malade et inapte au travail. Ainsi, les Administrateurs de Territoires appelés Commandants à l’époque coloniale effectuaient des descentes improvisées dans des localités. A l’aide des jumelles, ils scrutaient l’horizon, à la recherche de la moindre fumée, indice de l’existence d’une distillerie d’Agene. Les récalcitrants étaient déférés immédiatement à la justice, les matériels de fabrication saisis puis détruits. Malgré cette lutte, la consommation d’Agene s’est poursuivie durant la colonisation d’une façon clandestine. Dans la sous-région de l’Ubangi, à l’Equateur, la consommation était telle que l’administration coloniale impuissante, avait fini par interdire les audiences des cours et tribunaux dans les après-midis. Après avoir constaté que les hommes devenaient dangereux, incontrôlables, et imprévisibles l’après-midi, suite à la prise d’Agene.

 

Libéralisation de la consommation

 

Après l’indépendance, la consommation d’Agene s’est libéralisée en RDC, grâce à la liberté retrouvée et la démagogie. Au Kasaï, par exemple, on avait amélioré la préparation du lokoto, en introduisant un procédé qui consistait à distiller plusieurs litres d’Agene afin d’en extraire une quantité plus fine et plus réduite, mais d’une teneur proche du Vodka appelé 500. Actuellement, il nous revient que la consommation d’Agene s’est généralisée et a atteint son paroxysme en RDC surtout à Kinshasa.

 

Tous les vieux, jeunes gens, jeunes filles, garçons s’y sont mis. Selon les informations recueillies auprès de la population kinoise, cette situation est consécutive à la hausse des prix de la bière qui a grimpé à trois reprises depuis le début de l’année en cours. Le prix de la mesure varie entre 500 à 2500 FC, respectivement pour 30 cl et 1 litre. Malgré les dangers saillants que comporte l’alcool frelaté, il reste un fléau ravageur sur le continent. Plusieurs gouvernements africains comme le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Rwanda, le Malawi ou encore la Tanzanie ont tenté de le vaincre en interdisant la vente d’alcool frelaté, mais les améliorations restent imperceptibles. Au contraire, on peut même remarquer le développement de marchés parallèles ; les petits bidons d’alcool sont accessibles à presque tous les coins de rues, même devant les établissements scolaires. Abordables (500 francs congolais) et faciles à cacher, il est de plus en plus fréquent de voir les lycéens en consommer, souvent à outrance.

 

L’Etat, impuissant

 

Malgré les interdictions existantes, les mesures prises restent insuffisantes. Les boutiques sont rarement contrôlées et quand elles le sont, les boutiquiers déclarent ne pas être au courant des mesures existantes et s’arrangent avec les contrôleurs en échange d’un pot-de-vin. En plus de l’insuffisance des mesures prises par les autorités, les populations ignorent souvent les dangers de ces produits, encore plus nocifs que l’alcool communément consommé. Les packagings de fabrication artisanale ne possèdent d’ailleurs que rarement des informations quant au degré d’alcool. Il devient donc impératif pour la santé des jeunes et des plus démunis, que le gouvernement congolais prennent des mesures complémentaires pour lutter contre ce fléau Des conséquences insoupçonnées de l’usage incontrôlé de l’alcool La consommation de l’alcool n’est pas prohibée. Il reste qu’un usage abusif ou incontrôlé n’est pas conseillé. La prudence exige que la juste mesure soit respectée. Une fois que le juste milieu n’est pas observé, diverses conséquences peuvent advenir. Dans des milieux des jeunes, il s’observe que la délinquance, le banditisme (le kuluna), le vol, le viol… s’accompagnent souvent d’une consommation immodérée de liqueurs et d’autres boissons fortement alcoolisées. Dans certains cas, des jeunes gens se contentent de s’abreuver de boissons très fortes avant de semer la terreur et la pagaille dans les rues et ruelles de Kinshasa. D’autres se munissent d’armes blanches (machettes, couteaux, baïonnettes, etc.), afin d’agresser les paisibles citoyens congolais. Souvent, ils le font dans un état d’ivresse. Le comble, c’est de remarquer que même les conducteurs de véhicules (chauffards) et les motocyclistes (appelés communément « wewa » à Kinshasa), ne savent pas faire la part des choses entre le « boire » et le « conduire ». Certains d’entre eux se grisent jusqu’à la lie pendant qu’ils sont en plein boulot ou au volant. C’est l’une des raisons qui expliquent le nombre croissant d’accidents de circulation enregistrés dans les différentes artères de la ville de Kinshasa. C’est ainsi que des pertes en vies humaines connaissent des avancées significatives lorsque l’environnement est pollué. La consommation de l’alcool peut contribuer, dans une certaine mesure, à la pollution de la nature. D’une part, la prolifération des bars et buvettes expose la population congolaise, en général, et kinoise, en particulier, à une pollution sonore inouïe. Les clients ainsi que la population qui avoisinent ces débits de boissons, sont parfois en proie à une surdité inéluctable. Surtout lorsque le volume de la musique balancée, est maximal. D’autre part, les consommateurs des liqueurs mises en bouteilles plastiques concourent, eux aussi, à la dégradation de notre « maison commune ». Des études des experts attestent que la dégradation d’une matière plastique s’opère progressivement au bout des cinq siècles. Entretemps, le sol devient infertile. D’où l’urgence de trouver des mesures adéquates pour réduire le nombre de décès liés à la consommation immodérée de l’alcool.

 

Quelques pistes de solutions pour éradiquer ce fléau

 

Pour réduire les cas de décès liés à un usage abusif de la boisson, plusieurs mesures peuvent être prises : -Une consommation lucide et modérée ; -Le déploiement d’une commission de censure (en l’occurrence l’Office Congolais de Contrôle), quant à l’importation des boissons alcoolisées venues d’ailleurs ; – Un maximum de contrôle et de mainmise du gouvernement sur les différentes industries de fabrication du whisky implantées à Kinshasa et tenues aussi bien par les nationaux que par les étrangers ; -L’exigence d’une franche collaboration entre le ministère de l’environnement et la police urbaine, afin d’épargner aux habitants de Kinshasa (surtout les jeunes) la pollution sonore et la consommation d’un poison qui le tue à petit feu. Aujourd’hui, toute ou presque les boîtes à la mode à Kinshasa alignent le «Aguené» sur l’étagère des liqueurs le mettant à la portée des jeunes sans tenir compte des conséquences dans les années à venir.

 

Pour atterrir, il s’avère important que nous éclairions les lanternes. Nous n’avons nullement fustigé la consommation d’une quelque boisson fermentée ou alcoolisée. D’ailleurs, nous entendons souvent dire que le vin réjouit le cœur… Mais au moins, compte tenu des conséquences nocives qu’une consommation outrée pourrait entraîner et influer négativement sur l’homme et la nature, il paraît urgent que les jeunes kinois fassent preuve de sobriété et de modération – pourquoi pas d’abstinence dans la mesure du possible !– car, l’alcool semble devenir un éteignoir, surtout lorsqu’il n’est pas pris avec mesure. « La vie vertueuse passe par le juste milieu », nous rappelle Aristote. Celui qui prend en grande quantité et démesurément des boissons alcoolisées, semble dire à ce vilain mortifère : « Tue-moi lentement ! ».

 

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