Ça y est

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Si on était dans la bande dessinée d’Astérix et Obélix, on dirait sans doute «le ciel risque de nous tomber sur la tête ». Sauf que cette fois-là, ce n’est pas le ciel qui tomberait sur nos têtes mais les dieux de ce monde. C’est irréversible. Le plongeon est inévitable. Pourtant, tant que les feuilles des arbres seraient vertes et que le vent dans sa douceur ou dans sa colère ne cesserait de les bouger pour soit en secouer ou soit en faire tomber les plus faibles, il ne serait banal, alors pas du tout banal, de crier à la trahison. Du moins, si on était du côté de l’UDPS qui voit le moindre de tous ses espoirs s’envoler. Du tout petit au plus grand espoir. Cet espoir s’envole sans crier gare. Il s’envole au grand damne de la réalité politique têtue. Kabila est resté imperturbable. Il a poursuivi ses contacts sans regarder les chiens qui aboient. Lui, n’a que le regard pointé vers cet objectif qui ne dit pas encore son mot. Mais, il avance. Et il avance à sa manière. Avec ou sans l’UDPS… Avec ou sans le peuple. Et puis le peuple c’est qui ? Est-ce celui qui applaudit ou est-ce celui qui désapprouve ?
L’UDPS ne jurait que par l’implication de la communauté internationale. Ce parti a même juré très fort, mis en sourdine, que sans la facilitation de la communauté internationale, les consultations et les concertations de Kabila ne valent rien… La communauté internationale est là désormais. Elle a pris langue avec Kabila. Elle a été consultée elle aussi. La communauté internationale est donc là à travers les diplomates accrédités à Kinshasa. Elle est là à travers la Monusco. Elle est là à travers l’Union Européenne… On pourrait même demander sous coulisses, où se trouverait Martin Köbler dans tout ça ? En réalité, il est dans la moule, dit-on. Les observateurs avertis disent qu’il est derrière la position de la communauté internationale ayant défilé chez Kabila. Oh oui ! C’est cela la réalité politique. Elle se fait avec ceux qui occupent et remplissent les chaises laissées vides.
Ca se soufflait depuis un moment. Ca ne se souffle plus. On le sait désormais. La communauté internationale s’engage à soutenir prioritairement les élections législatives et présidentielles en 2016. Pourtant, Kabila a tenté de rassurer jeudi 11 juin dernier les ambassadeurs et les chefs de mission diplomatique sur la volonté du gouvernement d’aller de l’avant. C’est ainsi qu’il a justifié le démarrage de consultation, au fait de ce cadre de concertation sous un format restreint, avec les différents acteurs de l’opposition et de la majorité. Kabila a donc promis, selon le doyen du corps diplomatique en RDC, le Camerounais Chungong Ayafor, de communiquer «l’option qu’il va lever après avoir recueilli les avis des uns et des autres ». De ce qui précède, on comprend mieux que Kabila fait de son mieux. Il faut croire qu’à l’issue de cet exercice, il jugera de la nécessité ou non d’organiser le dialogue
Pour le reste, on semble comprendre que le pays de Kabila et son gouvernement doivent voler par leurs propres ailes. Quelles ailes ? Les ailes déplumées ? Oui mais ailes quand même. Ca chauffe ? Oui c’est sûr que ça chauffe ! Et c’est tout à fait normal que ça chauffe. N’est-ce pas qu’il faut chauffer voire même bouillir toute nourriture destinée à être consommée ? On semble dire que le Gouvernement a été un peu pris de court de savoir que la communauté internationale ne soutiendrait que prioritairement les grandes législatives et les présidentielles, et même à ce niveau sous certaines conditions. Là, ça ne rassure plus mais ça sent le roussi. On pourrait même dire que ça commence à brûler. Il faut alors sauver les meubles, dans ce cas. Tout le monde le sait déjà. Il faut sauver ce qui peut être sauvé. Bienvenus mutatis mutandis aux pourparlers de coulisses…
Dans les QG des partis politiques, on commence à penser « concession ». Il est clair que vu sous cet angle, l’on pourrait dire adieux aux élections en 2016. Et, l’on craint de tomber dans ce piège de non élections. Même si on crie qu’il faut de l’argent pour ça ! Bon soit ! Pour être pragmatique, considérons que l’argent va être trouvé. Qu’est-ce qui resterait à l’ordre du jour ? Ajustement du calendrier électoral ? Bon Dieu ! Faut-il avancer sans prendre le soin d’ajuster et de réajuster au besoin ce fameux calendrier électoral proposé par la Céni ? Ca ne s’aménage pas comme ça, dirait-on ! Et, la peur dans le ventre, on commence à s’énerver de part et d’autre. On crie : « il faut des élections… Il faut toutes les élections ! ». Kabila est aussi de cet avis.
« Toutes les élections sont utiles ! », dit-on aussi du côté des désapprobateurs. On pense qu’il est plus qu’important que le peuple choisisse dans toutes les étapes. Parce qu’il a besoin de connaître son maire, son bourgmestre. Ceux qui désapprouvent, rechantent le refrain connu et donc celui de tous les jours : « jusqu’à quand repousserait-on les élections municipales et provinciales ? ». Dans l’énervement, l’on pousse même le zèle du refrain plus loin jusqu’à s’en prendre aux occidentaux qu’on considère comme cherchant à tirer meilleur parti de cet imbroglio. Eux qui n’entrevoient que leurs intérêts, à travers des signatures ou non des accords miniers et autres en faveur des entreprises à investissements mitigés. « Il y en a marre », s’étouffe-t-on !
Ca chauffe aussi du côté des groupes de discussion sur net. On s’étonne et on invective des propos très passionnés ! Passionnés, oui ! Mais utiles à lire. De ce côté, on laisse observer que tous les cinq ans, la loi mère prévoit normalement les élections. Les élections de 2016, en principe, devraient liquider des litiges électoraux de 2006 et ceux laissés tout récemment en 2011 par la Céni, faute des moyens. Ainsi, la Commission électorale indépendante, l’actuelle sous la conduite de l’Abbé Malumalu, a vu juste en proposant que l’on commence par des litiges de 2006 et de remonter jusqu’à ceux de 2011. A savoir : les locales ou les municipales. Y’a-t-il eu un accord de principe tacite dans ce sens politiquement ? L’on est tenté de le croire. On voulait de toute apparence, et sans nul doute, rassurer qu’on était de bonne foi. Mais que faire si les moyens financiers et logistiques ne suivent pas ? On est à coup sûr dans les correctives considérées comme impossibles à réaliser « C’est une illégalité assumée… », semble-t-on dire dans des différents forums de discussion. On considère que cette tendance biaisée de chercher à organiser les provinciales, contentieux de 2011, enjambe à nouveau 2006, pour le besoin inavoué d’une certaine cause !

Et alors ?
On s’y prendrait comment pour ne pas plonger en chute libre et en plein dans cet océan de tergiversations, réclamations et autres manifestations de soutien ou de rejet ? Des politiciens magiciens et créateurs d’événements n’ont pas encore dit leur dernier mot. Ce qui est sûr, la RD Congo vivra. Elle ne disparaitra pas de la carte du monde. Elle vivra avec ses soubresauts. Mais elle vivra. Certains politiciens véreux, opposants à leurs heures libres, le disent déjà, déterminés à ne pas plonger dans le vide. Christian BADIBANGI, c’est de lui qu’il s’agit, n’est pas allé par quatre chemin : « Nous soutenons le dialogue… J’ai demandé au chef de ramener les indécis et les hésitants au dialogue pour sauver le pays ». IL A DEMANDE AU CHEF… Comme si le Chef n’avait que lui à écouter… On ne va pas pleurer. On ne pleurera pas d’ailleurs. Les déclarations des diverses parties prenantes à l’issue des diverses activités, qui viennent à propos, le promettent.
Du côté de la Céni, par exemple, on s’active effectivement. L’on note qu’après après plus de six mois d’absence du président de la Commission électorale nationale indépendante, l’Abbé Malumalu a cogité avec les ambassadeurs accrédités à Kinshasa ainsi que des représentants d’ONG et les bailleurs de fonds de la communauté internationale, vendredi 12 juin dernier pour parler du retard pris et de la ferme volonté de son institution de tenir les élections à venir. Cette réunion est intervenue quatre mois après l’annonce du calendrier global, en février dernier. Elle a eu le mérite de parler du budget, et de l’absence de données, en réalité de la quote-part du Gouvernement dans cet exercice, et sur le financement du milliard de dollars que vont coûter les sept scrutins à venir.
Cette discussion s’est tenue malheureusement, signale-t-on sans le ministre de l’Intérieur, ni celui du Budget, alors que celui des Finances était bel et bien là. L’on a aussi évoqué les questions sur le fichier électoral et sur le calendrier des élections. Sur ce dernier point, qui divise encore, la Céni s’est dite ouverte au dialogue. Sur la même question de révision du calendrier d’ailleurs, Joseph KABILA estime que la Céni, déjà consultée par lui, n’y voyait aucun inconvénient pourvu que ce soit seulement dans des conditions où tous les acteurs se mettent d’accord, sur les différents termes.
Il est certes entendu que pour le moment, opposition et majorité ne sont pas d’accord sur le fait de décaler, ou non, certains scrutins pour garantir la tenue de la présidentielle dans le délai constitutionnel. En attendant, les partenaires et notamment la Monusco « Mission de l’ONU au Congo » inquiète. Cette dernière conditionne son aide financière et logistique à l’existence d’un espace politique apaisé où chaque opinion peut s’exprimer ou encore par le respect des droits de l’homme et la tenue des élections crédibles.
Du côté de la communauté internationale, elle se dit favorable au dialogue pour trouver des solutions aux problèmes qui se posent, c’est-à-dire le calendrier électoral, le fichier électoral et le budget Elle voudrait des élections libres, transparentes, démocratiques, et tenues dans le respect des échéances constitutionnelles ainsi que dans un climat politique apaisé. Elle est aussi prête en principe à apporter son appui au processus électoral et les modalités se définiront dans la droite ligne des avis du comité de partenariat formé avec la Céni.
Du côté des gouverneurs de province, Kabila attend d’eux une mission spéciale. Julien PALUKU a précisé jeudi 11 juin dernier que cette mission consistait d’étendre les consultations à toutes les couches sociales de la Société civile, des partis politiques et des différentes personnalités, de manière à ce que toutes les forces vives de la République comprennent que le pays vient de loin et par conséquent a intérêt à préserver la paix, la stabilité et la sécurité.
Jusque-là, il n’y a aucun écho du côté de l’opposition non alignée. Rien n’évolue de son côté. Malgré les bons offices que la Monusco se propose d’assumer si jamais le dialogue devrait se tenir, comme l’a rassuré Martin Köbler, cette opposition non alignée reste ferme. On eût dit qu’elle travaille dans le sens de faire échouer toute négociation et tout dialogue avec Kabila. Consciente de représenter la frange des interlocuteurs clés à même de décanter cette situation et d’empêcher tout pourrissement, elle continue à faire monter des enchères en manquant à l’appel. Sans elle, C’est-à-dire l’UDPS de Tshisekedi ; l’UNC de Kamerhe et le MLC de Bemba, la Majorité a encore les mains liées, dans la mesure où le refus et l’absence de cette opposition sur la table de négociation, relancent la question sur l’apaisement des élections. L’on sait que cette question sur les Scrutins apaisés revient sur toutes les déclarations des maîtres de ce monde, ceux-là qui font et défont les présidents presque rois en Afrique.
La position de l’administration américaine d’ailleurs à ce propos par exemple ne donne plus l’impression de soutenir ces présidents africains monarques à vie. Il est clair que les Etats-Unis veulent mettre fin aux règnes élastiques dans le continent africain : « …En tentant de gouverner pour toujours, ces dirigeants africains rendent leurs pays impossibles à diriger… » Particulièrement pour la RD Congo ; même si l’administration américaine promet de soutenir toute transition paisible en 2016, elle souligne néanmoins qu’elle s’opposerait à toute tentative de ceux d’entre les dirigeants qui persisteraient à vouloir modifier leurs Constitutions ou à les ignorer, de manière à rester perpétuellement au pouvoir.

Et Kabila dans tout ça ?
Le corps des diplomates sorti des consultations est d’avis que le chef de l’Etat congolais est animé de bonne foi. Il est encore d’avis que Kabila rassure de ne pas tenter de retarder les scrutins comme l’accuse une certaine opinion. Mais les diplomates s’inquiètent sans le dire que Kabila n’ait fait aucune mention sur la possibilité de voir la communauté internationale jouer la médiation au cours du dialogue comme le souhaite l’UDPS par exemple. Ce silence de Kabila autour de cette question de bons offices de la Monusco, son insistance sur l’importance de tous les scrutins (le local comme le présidentiel) alors que le retard s’est déjà creusé davantage sur le processus électoral, et son silence autour du budget des scrutins… font croire aux diplomates que les protagonistes congolais ne saisissent pas du tout la profondeur des enjeux.

Mukar et Eben Ezer

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