Célestin Kabala : ‘‘ Kalala Mukendi mérite des obsèques dignes de sa légende ’’

Want create site? Find Free WordPress Themes and plugins.

Le monde du football est de nouveau endeuillé. Il s’agit de la disparition de Pierre Kalala Mukendi, ancien sociétaire du Tout Puissant Englebert Mazembe. Décès survenu mardi 30 juin en Afrique Sud de suite d’une maladie due au sport. Selon le programme annoncé par la famille, la dépouille mortelle de l’illustre disparu arrive à Kinshasa ce mercredi 08 juillet. L’enterrement aura lieu ce samedi 11 juillet prochain. Frappé par cette disparition, Pierre Célestin Kabala Mwana Mbuyi, Président de l’Association des journalistes du Congo (AJSC) et analyste chevronné du sport roi, a témoigné sur la vie et la carrière de cet ancien footballeur. Dans ses propos, Kabala Mwana Mbuyi a indiqué que Kalala Mukendi mérite des obsèques dignes de sa légende. Ce connaisseur du football congolais s’est également plaint de l’abandon des anciens joueurs. Ces derniers s’en vont au delà et laissent leurs primes derrière eux.

Que retenir de Kalala Mukendi ?
Pierre était un personnage admirable, respectable au sein du mouvement sportif de la RDC. Né à Likasi le 22 novembre 1939, Pierre commence sa vie comme tous les enfants au Katanga en ce moment où on est soit des scouts ou des sportifs. Il pratique le football scolaire. Il est gardien de buts vers ses débuts. Il participe au championnat de l’Union sportive inter scolaire de Panda à Likasi. Il suit également la formation de tourneur ajusteur où il fut engagé dans les ateliers de Panda à Likasi. Après la création du Tout Puissant Englebert Mazembe qui était d’abord connu comme l’équipe de Saint Georges, qui était l’équipe des enfants de la cité en dehors de celle de la GECAMINES. Pierre intègre l’équipe de Mazembe après son passage dans le TP Englebert Mazembe après son passage au sein de l’équipe scolaire de Panda. Là il se révèle comme une personnalité au sein de son équipe et très vite, il prend le rôle de capitaine de l’équipe devant ceux qui étaient même plus âgés que lui. Il progresse avec le TP Englebert Mazembe . Ils montent en première division. Je vous assure qu’il était encore très jeune. En dépit de sa jeunesse, il se révèle comme grand butteur et comme un meneur d’hommes, comme un conducteur. Il devient capitaine de Mazembe et il chemine avec lui, il domine le championnat d’EFLU( Entente de football de Lubumbashi) en particulier et du Katanga en général jusqu’à battre les équipes comme Lupopo et US Panda qui étaient des vieilles formations. Et Pierre arrive au niveau national avec ses coéquipiers comme Bernard Saidi, Ekamba et j’en passe. Voilà comment Pierre chemine pour dominer ensuite l’Afrique après le Katanga et la RDC. En cheminant, il devient en même temps capitaine de Mazembe et entraineur. C’est pour cette raison qu’on l’appelait joueur patron. Parce qu’il inspirait respect aux autres. A l’absence de l’entraineur, c’est Pierre qui dirigeait les entrainements et qui conduisait quelque fois Mazembe en Afrique, et parfois quand il n’y avait pas de dirigeants, l’équipe était entre les mains des joueurs, et c’est Pierre qui était leur meneur. En Afrique, il gagne la coupe d’Afrique des clubs champions en 1967 et cela en faveur d’un forfait infligé à Ashanti Kotoko de Kumasi. En 1968, il se révèle comme étant le buteur providentiel parce que c’est lui qui marque sur passe de Mungamuni et à la suite d’un drop tir semi blocage de la poitrine et tire directement. Voilà comment il a arraché la coupe d’Afrique des nations pour la RDC, ce qui a occasionné une fête sur toute l’étendue de la RDC et la journée était déclarée chômée et payée. Et Pierre entre dans la légende.
D’où lui venait le surnom de Yaoundé ?
C’était aux jeux des Tropiques à Yaoundé au Cameroun. Alors que le Congo Léopoldville n’était pas bien connu sur l’échiquier continental, Pierre Kalala va se révéler lors de la rencontre contre le Cameroun. Le Cameroun avait un joueur célèbre nommé maréchal Mbapelepe. Pierre avait volé la vedette à Mbapelepe parce que Pierre avait décroché un boulet de canon qui avait renvoyé et le gardien et le ballon au fond des filets. Il avait anéanti le mythe de Mbapelepe et tout le Cameroun ne jurait plus que par Pierre qu’on avait surnommé l’homme de Yaoundé. Pierre était un buteur attitré parce durant sa carrière, chaque fois que Mazembe ou Léopards était menés, le public qui se mettait débout pour crier Kalala. Et quand il y avait un coup franc dans les 25 m ou 30 m, de but, il fallait absolument s’attendre à un but. Parce que quand il tirait, le gardien de but avait peur de ce tir.
Comment se termine sa carrière ?
C’est dans les années 1970, lorsqu’il y a eu confrontation des sélections inter provinciales, il a eu un choc entre le gardien Mukalayi, et Pierre. Ainsi Pierre s’était fracturé. Ce qui mit un terme à sa carrière de footballeur. Le président Mobutu va l’envoyer en Belgique pour des soins mais fort malheureusement, il ne pourra plus jouer au football. Il sera converti en entraineur. Et pour cela, il a suivi les cours d’entraineur à Liège en Belgique où il était formé et obtenu son diplôme d’entraineur du niveau national. De retour au pays, Pierre sera sollicité d’abord par le service public.Il coache Bilima, appelé Dragons. J’ai l’honneur de vous dire que c’est moi qui ai proposé le nom de Pierre parce que j’étais proche de Wazabanga Ignace MbomboYabo et Mwedi Malila qui voulaient reformer l’équipe. Ils m’avaient demandé de mener une étude que j’ai fournie et c’est Pierre Kalala qui a été choisi comme entraineur. Et celui qui va détecter le talent de Santos Muntubile, Mayele Ayele qui ont formé le trio de K comme on les appelaient, pour remporter le trophée de la coupe du Zaire. C’est à la suite de cela que l’équipe est allée en Afrique. Kalala avait quitté Dragons, mais il n’avait pas chômé. Il a pris une équipe de la seconde division qu’on appelait Babeti ya Kin qui était dirigé par Dadou Kimuanga. Une équipe très jeune mais Kalala a réussi à l’amener jusqu’au classement de trois premiers au niveau du championnat de la LIFKIN. Après Babeti ya Kin, il prendra SOZACOM, l’équipe de la société zaïroise de commercialisation des minerais dont le tuteur était Lukusa Muengula, qui était le PDG. Et Pierre va recruter les enfants qui venaient de partout dont Mwini Zahera, entraineur adjoint des Léopards. Il va former une grande équipe qui va faire la fierté de tout le monde. Sozacom a fait trembler toutes les grandes équipes de Kinshasa. Après cela, il sera dans les girons de l’équipe nationale où il a d’abord été entraineur ensuite Directeur technique national. Vous n’avez qu’à vous souvenir du bon comportement de l’équipe nationale à la CAN de 1994 à Tunis et à la CAN de 1998 au Burkina Faso. Au delà du DTN, Kalala était un visionnaire, un formateur. Il a formé plusieurs jeunes qui sont devenus des grands talents en leur inculquant la discipline. Il disait que le premier facteur de réussite d’un footballeur, c’est sa condition physique. Il a transformé certains joueurs dans leur rôle compte tenu de leur tempérament, de leur attitude. Je cite à titre d’illustration KongoloTshoto qui était dans Mazembe comme défenseur, il a regardé son tempérament, il fait de lui un butteur, le meilleur buteur de la coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe en 1980-1981. Les archives en témoignent. Il a formé des joueurs comme Tshidibi dans Mazembe, Mutuale Solenso, même Mwepu l’audace et le courage, il l’a également appris de Kalala. Voilà qu’il rejoint dans l’au delà, ces anciens coéquipiers comme Pierre Katumba, Robert Kazadi, Mukombo, Mwepu sans oublier ceux de l’équipe nationale comme Lemons Lembi.

Ses ambitions
Evidemment, Kalala avait des ambitions. On l’appelait Mualimu( du swahili enseignant) parce qu’il avait le sens de la communication et avait les ambitions de faire du professionnalisme. A l’époque, tous les joueurs pratiquaient le foot pour le plaisir du drapeau. Tous ceux d’hier jouaient d’abord pour ça. Mais au fur et à mesure, ils ont découvert qu’il y avait un football professionnel. Kalala a rêvé de faire du professionnalisme malheureusement, son pied l’a trahi. Ceux qui ont failli gouter à cela, sont les mondialistes de 1974. En ce moment, là Pierre avait déjà arrêté sa carrière suite à la double fracture de sa jambe. Mais son ambition était celle là. Mais je voudrais aussi rappeler que Pierre a été plébiscité meilleur footballeur du siècle par la CAF. Un jubilé d’or a été organisé en son honneur.

Suite à nos prochaines éditions
Propos recueillis par Nico Kassanda

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*