Chaude rentrée politique Kabila sous pression

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Une avalanche d’évènements a marqué cette semaine politique. Le meeting de l’Opposition du mardi 15 septembre à la Place Sainte Thérèse à N’djili, lequel meeting s’est soldé par la mort de 6 personnes dont 2 parmi les assaillants envoyés par le pouvoir, à en croire l’Opposition ; la déclaration du groupe de 7 demandant à Joseph Kabila de ne pas briguer un troisième mandat ; le limogeage d’Olivier Kamitatu et Pierre Lumbi, respectivement ministre du Plan et Suivi de la Révolution de la Modernité et Conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de Sécurité ; l’appel à tirer les conséquences de ‘‘son imposture’’ adressé à Charles Mwando Nsimba, Premier Vice-président de l’Assemblée nationale, etc. ont fait l’actualité de ce début de semaine politiquement mouvementé. A ce cascade politique, s’ajoute le refus de l’UDPS, à la fin de la semaine dernière, de poursuivre des discussions avec la Majorité présidentielle (MP) quant au dialogue envisagé en vue du glissement et de ses conséquences, c’est-à-dire un probable accord sur une modification de la Constitution pour permettre à Joseph Kabila de briguer un troisième mandat. A la suite de la déclaration du groupe des 7, on a enregistré la réunion en queue de poisson de la MP en réponse à la désolidarisation du groupe de 7, les sanctions qui s’en sont suivies, la réaction musclée de Gabriel Kyungu wa Kumwanza, désavoué par la suite par ses hommes, la démission d’Ezadri Eguma, membre du MSR et Rapporteur de l’Assemblée nationale, l’appel de la MP à Charles Mwando Nsimba de tirer les leçons de sa participation à la fronde et démission de ce dernier. Et enfin, la création jeudi 17 septembre par le G7 au Fleuve Congo Hôtel à Kinshasa, d’une plateforme pour protéger la Constitution menacée notamment par la Cour constitutionnelle. Exactement comme une certaine Opposition n’a cessé de le crier depuis près de 2 ans. Cette annonce faite par Charles Mwando Nsimba, a connu la participation de tous les chefs de parti du groupe, sauf Kyungu, grand harangueur des foules, en route pour le Katanga où il va organiser un meeting.

Une tempête dans un verre d’eau
Les analystes politiques sont formels. Ce n’est qu’une tempête dans un verre d’eau portant certes des conséquences politiques réelles dans le piètre paysage politique de la RDC. Le saut d’humeur manifesté par le groupe de 7 n’est pas à proprement parler un évènement nouveau. Ni l’Opposition, ni la Majorité présidentielle et encore moins l’opinion publique ne s’en sortiront profondément modifiées, peut-être que très peu. Déjà pour l’opinion publique, ce n’est qu’un non-évènement. « Wana ba coop na bango », entend-on dire partout, pour traduire non pas l’indifférence du public mais le bannissement d’un gotha politique discrédité depuis par ses actes de trahison vis-à-vis des attentes de la population. La fronde est considérée dans l’opinion comme un acte de repositionnement, au crépuscule d’un régime caractérisé par la corruption et l’immense enrichissement sans cause de ses ténors, alors que la population ploie sous le poids de la pauvreté et de l’injustice. Malgré les chiffres positifs qui sortent des ordinateurs des institutions de Bretton Woods, la population continue à broyer du noir, avec cela le déficit dans l’accès aux services de base (éducation très onéreuses pour favoriser le maintien au plancher des enfants des pauvres, de même que les soins de santé, l’électricité déficitaire depuis plus de 15 ans sans solution et l’eau). Assistant impuissante à l’érection des immeubles de haute facture par ses prédateurs, le peuple se frotte parfois les mains que ça brouille dans ce qui se présente aujourd’hui comme un conglomérat d’aventurier, comme l’a dit Mzee Laurent-Désiré Kabila pour qualifier l’AFDL sur base de l’envie d’enrichissement et du manque d’expertise de quelques-uns de ses membres. De toutes les façons, le peuple rappelle qu’il a déjà passé son message les 19, 20 et 21 janvier dernier. Et ce message était très clair : pas de glissement, pas de modification de la Constitution. Le passage en force signifierait s’engager à un bras de fer sans issue pour les dictateurs.

Kabila sous haute pression
A l’Opposition, on ne croit pas vraiment que les frondeurs viennent grossir ses rangs. Le temps est trop court pour les intégrer avant 2016. D’ailleurs, trop de traitres constituent le groupe. Les plus en vue ne sont autres qu’Olivier Kamitatu et Gabriel Kyungu. Inconstant, ils mangent dans tous les râteliers. Amis de longue date de Jean-Pierre, il l’a lâché justement lorsque ce dernier avait vraiment besoin de lui. On susurre même qu’il ait témoigné contre lui à La Haye. C’est lui qui a ouvert le bal des départs et d’affaiblissement de ce parti à la création duquel il a participé. Et comme cela se dit dans les coulisses de la Majorité présidentielle, sauf le coup réussi d’affaiblir Jean-Pierre Bemba, Olivier Kamitatu n’a été d’aucune utilité pour la famille politique du Chef de l’Etat. Kyungu wa Kumwanza ne fait pas non plus confiance. Ses prises de position ségrégationnistes ne font jamais de lui un allié sûr. On dit de lui qu’il roule pour Moïse Katumbi, le très populaire Gouverneur du Katanga, pressenti candidat président de la République, celui-là même à qui il a mis les bâtons dans les roues pendant son mandat comme président de l’Assemblée. Kyungu ignore sans doute ses déclarations à la veille des élections de 2011 selon lesquelles jamais le Katanga ne pouvait voter pour un autre candidat que Joseph Kabila. Pierre Lumbi, soit disant président du Mouvement social pour le Renouveau (MSR) n’en était que le simple porte étendard. Ce parti a pour créateur et président Joseph Kabila lui-même. L’ex-Conseiller principal du Chef de l’Etat en matière de Sécurité n’en était que sur papier. Son volte-face est un signe d’inconstance dangereux pour la sécurité de toute la République. Lui qui est sensé connaître tout sur le président de la République a joué un jeu dangereux par rapport à ses fonctions qui exigent un sérieux devoir de réserve. S’il se plaint d’être minimisé pour la petite part du gâteau qu’il engrange au regard des sièges qu’occupe le MSR à l’Assemblée nationale, il n’avait pas à manifester ses humeurs autrement que par cette fronde. Voilà l’indice d’une instabilité politique qu’on retrace depuis la Deuxième République. De toutes les façons, a trahi trahira. Et les autres ne seraient que des menus fretins, Lutundula, Ezadri et les autres des bénis oui-oui. Choisir l’Opposition pour hiberner en attendant des lendemains qui chantent est un mauvais choix. L’Opposition congolaise, infiltrée et très divisée par des querelles byzantines au point de ne jamais réussir à désigner son Porte-parole, a perdu toute sa crédibilité auprès de la population. Nombre de ses cadres ont traversé la rue, débauchés pour des espèces sonnantes et trébuchantes et ont changé de discours. Nombreux parmi les élus qui ont sollicité les suffrages de la population à grand renfort de promesses électorales mirifiques, sont, depuis, devenus aphones.

Un avenir riche en rebondissements
Si ces départs en cascade et la réaction quasi coup sur coup de la Majorité présidentielle dénotent d’un profond malaise dans la Majorité présidentielle, ils peuvent faire le lit d’une nouvelle classe de jeunes loups dans la famille politique du Chef de l’Etat. Le malaise ont il est question prend ses racines depuis de nombreuses années durant lequel le Parti du peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) dirigé d’une main de fer par Evariste Boshab faisait preuve d’une gestion catastrophique et peu équitable des ambitions au sein de la MP. Le mouvement actuel en est certes la conséquence. Mais outre la sanction, puisqu’il faut se départir des infidèles et des indisciplinés dans un groupe politique, le comportement des frondeurs ouvre la voie à l’émergence de nouvelles ambitions au sein de la Majorité présidentielle auxquelles ils portaient ombrage. En effet, la MP compte une belle génération de politiques et technocrates aux mains et esprit sains, qui peuvent faire la fierté d’une famille politique honnie dans l’opinion publique nationale.
Les jours qui arrivent nous réservent des épisodes encore plus instables dans la tragédie que la scène politique propose à son opinion. C’est le Katanga qui risque d’ouvrir le bal de la déstabilisation que craignent les analystes politique. En défit de la désolidarisation dont il fait l’objet de la part de ses lieutenants, Kyungu ne manquera certes pas de tirer les ficelles pour amener avec lui tous ceux qui occupent des postes grâce au quota de son parti. Chef de milice et l’un des dieux du Katanga à côté de Moïse Katumbi et Jean-Claude Muyambo, Kyungu a une force de nuisance non négligeable. Il en sera de même de Charles Mwando Nsimba qui compte lui aussi en grand nombre, comme son acolyte Kyungu, des députés et des ministres provinciaux au Katanga. La scène qui se déroule sur la scène politique congolaise est aussi la conséquence de l’insensibilité de ses acteurs, qui ont longtemps fermé leurs oreilles des cris de la population, chantant dans tous les médias les mérites du Chef de l’Etat, une sorte de satisfecit, donc leur bénédiction à son action et subitement, à la grande surprise de la population résignée, leur désaveu à la fin de son mandat. Tactique de positionnement à la veille d’un round politique décisif. La future étape risque d’être la dissolution de l’Assemblée nationale car la Majorité risque de basculer. On craint que Kabila ne soit capable de gouverner par cohabitation.
Batu’a Mikuse Makambo

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