Débâcle du Congo: des langues se délient

Want create site? Find Free WordPress Themes and plugins.

De langues commencent à se délier, de masques commencent à tomber pour les fautes collectives nationales commises à la jeunesse sacrifiée du Congo. Il est temps de dire la vérité à cette jeunesse qui navigue à vue sans lendemain certain. Il faut qu’elle le sache, cette jeunesse que le Congo d’aujourd’hui n’est pas celui que nous avons hérité des pères de l’indépendance en 1960. ”J’appartiens à cette génération qui a conduit le pays” dans la boue, confesse l’écrivain Ntet Kabwit Mitond depuis son retranchement dans le froid du Canada. Ci-dessous sa lettre de pardon à la jeunesse victime de la cupidité d’une classe politique qui n’arrête pas d’afficher sa piteuse image.

Pardon public à la jeunesse trahie

C’est donc avec humilité et surtout tristesse que je me présente aujourd’hui devant toi, pauvre jeunesse de ce pays, victime de notre méchanceté et cupidité. Le fardeau est lourd et très lourd à porter, mon cœur saigne, mon âme s’en trouve emportée, mes larmes ne cessent plus de couler. Comment te le dire? Vraiment très difficile en effet. C’est beaucoup trop dur de te le dire après autant d’années de silence complice. Aujourd’hui j’accepte de prendre la responsabilité de le dire. Quand bien même je n’ai été ni administrateur public ni politicien. J’appartiens à cette génération qui a détruit ce pays et j’accepte donc de prendre sur moi la charge, la responsabilité et le fardeau de te le dire. Dire à toi jeunesse que nous te demandons pardon, toi jeunesse congolaise. Peut être pourrais-je ainsi au moins me libérer de ce fardeau que je traîne sur moi depuis des années. Oui aujourd’hui moi je te confesse, même si les autres ne veulent pas le faire et continuent à nier les faits, je te le dis et je le répète, nous t’avons privé de ce qui te revenait de droit, c’est-à-dire un pays prospère hérité des pères de l’indépendance. Par égoïsme peut être; (néanmoins je dois reconnaitre que Monsieur Léon Kengo wa Dondo (l’actuel président du Sénat, NDLR) a au moins reconnu que nous avons mal gouverné ce pays et pas plus. Qu’à cela ne tienne, j’appartiens à cette génération qui a géré le Congo jusqu’à sa faillite; cette génération qui n’a pas pu offrir à sa jeunesse un pays digne d’elle. Je suis de cette génération sans scrupule et sans conscience qui continue à mener à la détresse cette jeunesse que tu es. Je suis de cette génération qui te conduit continuellement à des dérives. C’est pour cela que j’ai commencé par demander pardon, à toi jeunesse victime de notre échec, de notre cruauté et de notre inconscience actuelle dans la démarche de la reconstruction de ce pays que toi jeunesse a amorcé depuis 2001. Inconscience ou mauvaise foi, je ne saurai le dire mais j’insiste que nous sommes responsables de la débâcle de notre pays et toi jeunesse en es définitivement la victime. Mea-culpa à mon propre nom et à celui de mes confrères qui refusent d’admettre notre échec et qui continuent à te pourrir la vie, à compromettre ton avenir. Hélas! comment arrêter cette machination interne et externe qui te broie davantage avec de spectres des catastrophes qu’eux seuls connaissent? Et malheureusement, une crainte s’installe, car peut-on constater que toi jeunesse tu te laisse embarquer dans ce bourbier ou plutôt dans ce tourbillon de fourberie de ceux là mêmes ont conduit ce pays à la dérive totale. Je ne demande pas à toi jeunesse de descendre dans les rues pour protester, je ne te demande pas à aller saccager, je ne te demande pas un autre sacrifice de sang, je t’exhorte plutôt à être lucide. Trop de sang a déjà coulé et hélas toujours le tien. Oui je suis de ces générations qui avons hérité des pères de l’indépendance, un Congo prospère et l’avions légué en ruine à toi jeunesse et continuons à vouloir perpétuer les mêmes pratiques. Je demande à la jeunesse de faire elle-même sans état d’âme, le bilan de ce qu’était le Congo avant 2001 et ce qu’il est aujourd’hui. Bilan sans état d’âme j’insiste. Je suggère à la jeunesse d’exiger à chacun des ces vieux acteurs politiques de faire le bilan de leurs réalisations palpables au delà de leur rhétoriques. Nous sommes tous responsables comme génération. J’exhorte donc ceux de ma génération et celle des générations d’avant qui ont encore un peu d’amour pour la jeunesse, de faire preuve d’abnégation pour accompagner l’effort de la jeunesse. Les récriminations et les culpabilisations n’ont jamais apporté des solutions après plus de cinquante ans la soi disant indépendance. Quelle est la priorité pour toi jeunesse. Est-ce les élections? le dialogue? la révision constitutionnelle? Le départ de Kabila? Et qui aujourd’hui d’après toi jeunesse est apte à prendre la destinée du pays? Voilà autant de questions auxquelles toi jeunesse devras répondre pour mieux orienter tes actions. Dans mes correspondances passées, certaines personnes m’ont dit que je faisais des louanges au Kabiliste, ou tout simplement que j’étais l’homme de Kabila, que je ne connais que de nom. Non je ne suis pas kabiliste, je parle de la jeunesse et Kabila président aujourd’hui fait partie de cette jeunesse trahie et subit les mêmes diatribes de ceux-là mêmes qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à destruction de ce pays. Bravo que Kabila ne se soit pas lancé dans la chasse des anciens dignitaires. Il les a plutôt invités à coopérer. Pourquoi alors cette vendetta contre lui?

Ntet Kabwit Mitond

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*