Décentralisation, impréparation et inconstitutionnalité

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Gentini Ngobila Mbaka est appelé à trouver une maison en pisée et en chaume pour lui servir de résidence à Inongo où il est nommé Commissaire principal de Maï-Ndombe. Les Cathos auraient refusé de lui céder les installations dont ils disposent dans la cité d’Inongo. Le commissaire principal du Kwango peut profiter de la proximité avec Kinshasa pour passer la nuit dans la capitale et parcourir les 220 km pour se rendre chaque jour à Kenge pour officier ses services dans des bâtiments vétustes. Si à Bandundu, on peut profiter des équipements en place, il se pose la question de la route. A ce jour, les 180 km de piste qui mènent au chef lieu de la nouvelle province du Kwilu demeurent un véritable parcours du combattant. Et cet exercice, si nous nous mettons à l’appliquer à d’autres nouvelles provinces, peut nous conduire à remplir des pages de critique vis-à-vis d’un gouvernement qui a longtemps, depuis février 2006, date de la promulgation de la Constitution qui annonçait le démembrement des provinces, ignoré son principe cardinal : gouverner, c’est prévoir. Et en politique, c’est connu. Il faut anticiper, sinon, accepter de subir. Un budget n’avait jamais été voté en prévision de ce qui était la mise en œuvre d’un ‘‘ambitieux’’ programme visant à rapprocher l’administration de l’administré. Alors qu’ailleurs, en Europe on assiste au regroupement des grands ensembles, et qu’en France par exemple, les communes se regroupent, un projet hasardeux, sans planification, s’est mis en place en RDC. Si sa mise en place profite à des intérêts égoïstes, ce projet concourt à la paupérisation des populations des nouvelles provinces. Pourquoi le Kongo central n’y a pas adhéré, alors qu’il couvre presque la même superficie que l’ex-Kasaï oriental, par exemple ? C’est parce que les politiques de cette province pensent que l’union de leur province renforcera son développement. Et rien ne peut nous contredire si nous affirmons que le Kongo central est aujourd’hui la province la plus nantie de la RDC après Kinshasa. On va bientôt assister à des scènes aussi insolites de gouvernance des provinces, sous des arbres, dans des locaux que les dirigeants vont partager avec les serpents, les araignées et autres cafards. Et pourtant, depuis 2007, on pouvait bien construire des infrastructures viables pour abriter ces nouveaux services. Dire que personne n’y a pensé. Subitement, ceci est devenu une priorité, la décentralisation, à n’importe quel prix, pourvu que l’intérêt partisan qui est derrière s’accomplisse. On assiste du coup à l’exacerbation des tensions tribales, élaguées sous la Deuxième République. Sans moyens de leur politique (qui n’aura même pas été définie), les nouvelles provinces produiront des germes des tensions sécuritaires. L’avenir de la RDC s’assombrit de plus en plus, contrairement à ce qu’on pourrait espérer. Et les retards accumulés en termes d’élections et les manœuvres enregistrées avec des démissions des responsables de la CENI contribuent à cette prémonition.
Batu’aMikuseMakambo

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