Des constructions dans les sites d’érosions exposent la vie des Kinois aux dangers

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Chaque jour qui passe, on signale des nouvelles constructions non loin des sites d’érosions dans les quartiers de Kinshasa.
Au quartier Congo dans la commune de Ngaliema, certaines personnes à la recherche d’un abri, construisent leurs habitations dans les sites inappropriés. Envahi depuis en 1991 par des érosions successifs, ce quartier ne devait plus accueillir des nouvelles constructions selon les experts. Malheureusement, beaucoup de victimes de ces catastrophes naturelles ne sachant pas où aller, ont décidé d’ériger des maisons de fortune avec tous les risques qui s’en suivent.
‘‘Depuis 1991, nous avons perdu nos maisons et tous nos biens. Il y a eu même des pertes en vies humaines. Sans bénéficier d’une assistance de la part des autorités du pays, nous avons été obligés de nous débrouiller pour trouver un endroit où passer nuit’’, a témoigné Gilbert Kipoy, habitant le quartier Congo.
Il n’est pas le seul à prendre cette option. Beaucoup de victimes ont décidé ainsi faute des moyens. A quelques mètres de son habitation, se trouve une autre famille victime de 1991. Composée de 6 personnes dont les parents, cette famille affirme n’a plus peur d’une autre catastrophe. ‘‘C’est depuis plus de 20 ans que nous sommes ici. Avec les enfants, nous prenons toutes les précautions pour éviter le pire comme en 1991’’, a expliqué Jean Ngalu, ainé de la famille en ajoutant qu’‘‘à chaque fois que la pluie s’annonce, nous restons éveillés pour ne pas subir le même sort’’. Dans ce quartier, les habitants ont multiplié des stratégies pour sauver leurs vies et leurs biens contre les érosions. Ils ont construit des canalisations de fortune pour évacuer rapidement l’eau de pluie et placer des sacs de sable dans différents endroits exposés aux érosions.
Ce quartier grandit avec la complicité de certains chefs des quartiers qui n’hésitent pas de vendre des espaces de terre à la population. Avec seulement 500 USD, le marché est conclu. Ce prix est valable pour un espace de 15 mètres sur 20 mètres. ‘‘Avant, il existait même des espace à 100 USD et maintenant que la demande est forte, on ne peut plus en trouver’’, a expliqué Gédeon Mumba, habitant le quartier depuis 18 ans.
Cette réalité déplorée par plusieurs Kinois est vécue presque dans tous les quartiers de Kinshasa où les érosions se produisent. Il s’agit de Binza Ozone dans la Ngaliema, dans plusieurs quartiers de Mont Ngafula dont, Kimweza et autres.

Le sort des victimes
Dans cette situation qui date de plus de deux décennies, aucune mesure efficace n’est prise pour lutter contre ce fléau. Chaque année, on déplore des morts, des dégâts matériels, des maladies et des effondrements des routes. ‘‘Nos vies sont en danger chaque année et les autorités se contentent de formuler des promesses qu’elles ne réalisent jamais’’, s’est indigné un autre habitant.

Selon Mbuta Katiama, spécialiste en environnement, beaucoup de quartiers de Kinshasa devront être démolis et remplacés par des constructions qui correspondent aux normes urbanistiques. ‘‘Sinon, le pays va déplorer à la longue d’énormes pertes en vies humaines’’, a-t-il prévenu. ‘‘Même le président est venu une fois se rendre compte de la réalité ici mais, aucune solution n’a été trouvée pour le bien de la population de ce quartier’’, a indiqué Miona Mputu Mputu, habitante de la commune de Ngaliema où les érosions sont signalés en grand nombre.

La part de l’Etat
Etant un Etat des droits, la République Démocratique du Congo ne fait que signer et ratifier des pactes, chartes, conventions internationales ainsi que la loi du pays. Outillé en matières des lois en rapport avec l’urbanisation, la RDC peine à mettre en pratique les différents textes légaux par manque de volonté politique. ‘‘A l’époque de la colonisation, l’urbanisation de la ville répondait au plan d’aménagement régulièrement élaboré et approuvé par le service spécialisé. Dans l’entre temps, on suivait l’évolution et la croissance démographique de la ville en contrôlant le mouvement de la population pour maintenir l’équilibre. Mais aujourd’hui, les lois sont restées lettres mortes’’, a indiqué le juriste Serge Mubiala.
Marc KIKELA MUMBA

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