Des faits de société qui amènent à des Prix JDH

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Jean Shotsha et Alfred Bukuhi Katembo, respectivement étudiant à l’Institut facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (IFASIC) et à l’Université catholique la Sapientia de Goma dans le Nord-Kivu, ont remporté le Prix JDH Meilleur Etudiant reporter édition 2015. L’Objectif vous propose les deux articles présentés par ces étudiants en journalisme et communication, membres des Clubs universitaires de l’Organisation non gouvernementale, Journalistes pour les Droits Humains (JDH)

Les expulsés de Brazzaville peinent à se nourrir à Kinshasa

Les expulsés de Brazzaville installés en face de la maison communale de Kinshasa vivent dans une précarité sans précédent. ‘‘Nous sommes tristes. Le gouvernement ne nous prend pas en charge depuis que nous sommes arrivés ici’’, lâche l’un d’entre eux d’un air triste.

Depuis le 02 août 2014 qu’ils sont installés au stade Cardinal Malula dans la commune de Kinshasa, en face de la maison communale du même nom, ces expulsés se lancent dans la débrouillardise pour survivre. Se nourrir au quotidien est un calvaire pour eux. Sans famille pour la plupart à Kinshasa, ils sont derrières les passants sur les avenues Kabambare et Kasa-Vubu.
Visiblement démunis, ces expulsés ont placé des seaux sur lesquels il est mentionné ‘‘Lisungi’’ (aide) le long de la route. Argent, habits et autres besoins primaires sont les bienvenus pour eux.
Les inscriptions mentionnées sur une dizaine des seaux sont un appel aux personnes de bonne volonté capables de leur venir en aide. Même les enfants des expulsés sont utilisés pour la même cause. A entendre les témoignages des habitants de ce quartier, tous les moyens sont bon pour les expulsés pour se trouver de quoi mettre sous la dent. Une fois qu’un piéton passe par là, les enfants accourent vers lui pour lui demander de l’argent. Et, lorsque la nuit arrive, les jeunes filles à la quête de l’argent, s’adonnent à la prostitution dans les rues avoisinantes. ‘‘On n’a pas le choix dans une ville qui n’est pas la notre. C’est à cause de la misère que nous nous servons de nos corps pour gagner du pain’’, a expliqué Carine d’un ton presque inaudible, la tête entre ses deux mains. ‘‘A Brazzaville, notre mère se débrouillait pour nous trouver à manger. Et maintenant, elle est restée à Pointe- Noire et nous ici, nous sommes obligées de nous débrouiller seules’’, complète-elle.

L’aide de l’Etat à ces expulsés est à compter sur les bouts des doigts. Seuls les associations, les églises, les ONG et quelques privés viennent au secours de ces personnes sans abris. Parmi les privés, les expulsés citent la boulangerie Maman Poto qui, chaque matin leur apporte des pains pour le petit déjeuner.

Outre cette assistance, explique Jean-Pierre Longange, vice-président, les expulsés ont reçu en janvier une visite de quelques médecins envoyés par le vice-président de l’Assemblée nationale pour consulter les enfants. Cette équipe était munie de quelques sacs de riz et des poulets pour 160 familles installées au stade Cardinal Malula.
Face à la présence de ces expulsés dans cette partie de Kinshasa, le gouvernement affirme ne plus être à mesure de les prendre en charge. Selon l’assistant chargé des Affaires sociales de la commune de Kinshasa, ces expulsés ne sont plus sous la responsabilité du gouvernement congolais. Car, pour tous ceux qui n’avaient pas des familles à Kinshasa, le gouvernement avait mis des moyens pour les renvoyer dans leurs familles en provinces. A ceux qui avaient des familles à Kinshasa, il leur avait été remis des moyens de transport pour retrouver les leurs.
Au total, 160 familles croupissent dans cette situation. Parmi eux, on dénombre 250 enfants parmi lesquels 83 sont âgés de 2 à 10 ans, 90 de 11 à 15 et 32 de 16 à 23 ans. A leur arrivée sur ce site, le gouvernement avait chargé le service de la Croix-Rouge en ce qui concerne la prise en charge alimentaire et d’autres programmes. Quelques jours après, ils ont été déplacés vers à Maluku où se trouvait un site aménagé pour eux.

Goma : Les veuves des militaires éprouvent des difficultés pour toucher leurs soldes
Les veuves des militaires décédés aux fronts lors des différentes guerres de l’Est, vivent en situation déplorable à cause du non-paiement de leur solde. Mères d’enfants pour la plupart, elles éprouvent d’énormes difficultés pour nourrir et scolariser leurs progénitures. Des centaines de veuves des militaires de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu ne cessent de réclamer le paiement du solde de leurs défunts maris ayant servi sous le drapeau.
Incapables de nourrir et scolariser leurs enfants, ces femmes descendent souvent dans les rues pour revendiquer leur droit : ‘‘Tuez-moi que j’aille rejoindre mon mari. Trop c’est trop, j’ai besoin de l’argent de mon mari, cela me revient de droit’’, s’acharne une veuve de militaire en colère au cours d’une manifestation organisée au mois de décembre. Avec d’autres veuves, elles ont érigé une barricade sur la route Sakenon aux environ du camp militaire Katindo pour exiger le payement de la solde de leurs défunts maris. Pour disperser les manifestantes, un groupe des policiers a été déployé.

Des femmes prêtes à tout
Abandonnées à elles mêmes, la plupart de ces femmes proviennent pourtant des provinces autres que le Nord-Kivu. Il s’agit entre autre des provinces du Kasaï, de l’Equateur, Province Orientale, du Bas-Congo et du Maniema. Dans le Nord-Kivu, elles n’ont pas des familles pouvant leurs venir en aide. Sans le reliquat de leurs défunts maris, elles sont prêtes à tout pour la survie de leurs enfants. ‘‘Je suis veuve avec cinq enfants à nourrir et scolariser. J’ai aussi faim et l’Etat ne nous paye pas…. Aidez -moi s’il vous plait!’’, quémande Safina Mutombo, veuve, faisant la ronde des maisons dans le quartier Murara accompagnées de ses enfants. Le mari de Safina était pourtant officier dans l’armée congolaise. Il a été tué en octobre 2012 lors des affrontements entre l’armée régulière et les rebelles du M23 (mouvement du 23 mars).
Comme elle, beaucoup d’autres veuves se livrent à la mendicité. Certaines d’entre elles donnent un coup de pouce aux ménages de familles aisées de Goma espérant ainsi gagner un peu d’argent pour nourrir ses enfants. D’autres aussi, se livrent facilement à la prostitution. ‘‘Elles ont une lourde charge et sans leur solde, c’est encore très difficile’’, explique un acteur de la société civile du Nord-Kivu.

Seules les femmes légales ont droit
Selon un officier de l’auditorat militaire du Nord-Kivu, la situation de la paie se complique d’habitude lorsque la veuve n’était pas mariée légalement avec le défunt époux. ‘‘Mais nous avons aussi des difficultés lorsque le militaire cohabitait avec plusieurs femmes. Parfois il nous arrive de recevoir trois ou plusieurs femme pour un seul numéro matricule du défunt’’, poursuit-t-il précisant que ‘‘les femmes légitimes reçoivent quand même l’argent’’.
Ces femmes légitimes, même non mariées, perçoivent l’argent à travers leurs enfants mineurs qu’elles ont eu avec les défunts maris. ‘‘L’argent perçu varie selon les grades qu’avaient occupées les défunts. La veuve d’un ex-capitaine touche par exemple 9.000FC (environ 10 USD) par mois’’, précise l’officier militaire.
Les matins, devant le bureau de paye, mères et enfants répondent à l’appel pour retirer l’argent. ‘‘Je viens en fin de recevoir l’argent de mon feu mari pour le mois septembre et octobre impayés. Ce n’est pas facile pour y parvenir car après avoir reçu le jeton, il m’a fallu trois semaines d’attente’’, témoigne Mwambuyi, mère de six enfants, alors qu’elle revenait du bureau de paye à la 8ème région militaire dans la commune de Goma.
Si pour elle, c’est la joie aujourd’hui, d’autres continuent d’attendre et perdent de plus en plus espoir. ‘‘Ca fait près de deux mois que je viens chaque jour ici. Ils me demandent toujours d’attendre. Entretemps, mes enfants eux doivent manger…’’, regrette une veuve assise sur une grosse pierre devant l’entrée du bureau de la 8e région militaire.

L’Etat doit leurs venir en aide
Pour revendiquer leurs droits, ces femmes ne croisent pas les bras. Elles continuent à adresser leurs doléances aux autorités et faire des déclarations à la presse. Elles multiplient aussi des sit-in avec l’espoir de rentrer dans leurs droits. ‘‘On ne baissera jamais les bras, on a l’espoir qu’un jour notre souffrance prendra fin’’, espère Vumilia Zabibu, veuve et ressortissante de Maniema. Le 31 décembre, avec une vingtaine d’autres femmes elle a organisé un sit-in devant la grande porte de la 8ème région militaire dans le but de retrouver leurs droits.
Pour DufinaTabu, coordonnateur de l’Association des volontaires du Congo(ASVOCO), il est inconcevable de faire souffrir ces femmes pourtant leurs maris ont sacrifié leurs vies pour la cause de la nation. ‘‘L’Etat doit au moins reconnaître les sacrifices suprêmes de ces patriotes qui ont accepté de verser leur sang pour sauvegarder l’intégrité nationale’’, souligne-t-il. Son point de vue est soutenu par Me Réné Kyunda. Selon lui, un Etat responsable doit que venir en aide à ces victimes des guerres.
Jean Hilaire Shotsha et Alfred Bukuhi

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