Florent Ibenge : ‘‘je n’ai rien contre FC Renaissance du Congo’’

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L’actualité du football congolais est dominée par le grand derby de la capitale entre V Club-DCMP, les deux matches amicaux des Léopards au royaume de Belgique ainsi que la liste de Léopards CHAN. A cet effet, votre rédaction a fait parler Florent Ibenge, sélectionneur national des Léopards et entraineur de l’AS V Club.

Engagé sur plusieurs fronts et tiraillés par ici par-là. Comment le coach Florent Ibenge gère-t-il son emploi du temps ?
Engagé sur plusieurs fronts c’est vrai, mais pas forcément tiraillé. Je veux dire qu’il y a 24 heures dans la journée, il faut être juste organisé. C’est vrai, ce n’est pas au jour d’aujourd’hui que je fais ça. Je me souviens avoir été entraîneur-joueur. Quand je jouais, j’entraînais aussi les enfants. J’ai toujours été engagé sur tous ces fronts-là, alors j’étais encore étudiant. La seule fois que j’ai redoublé ma classe, c’est quand on m’avait supprimé le football. J’ai besoin d’être occupé moi-même. Et là, ça tombe très bien, puisque toutes les dates sont connues à l’avance. D’abord les deux matches amicaux des Léopards livrés en Belgique et puis le match l’AS V Club-DCMP. C’est vrai, ce match n’aurait pu être programmé à cette date-là. C’était une date FIFA, normalement, il ne devrait pas y avoir des matches en clubs. On a géré ça au mieux, ça c’est superbement passé pour les Séniors, un petit moins bien pour moi avec V Club, puisque nous avons perdu avec le DCMP. Sinon, la gestion de ce temps ne pose pas problème.

Après l’organisation de deux matches amicaux organisés en Belgique, il y a certaines mauvaises langues pensent et disent que le coach Florent Ibenge est trop occupé, il serait mieux de laisser à ses collègues de l’Europe faire le travail ?
Oui évidement, c’est toujours comme ça. C’est toujours ça, des rumeurs des ragots, ça continue toujours. Mais quand, on est arrivé en finale de la Ligue des champions de la CAF avec l’AS V Club, et quand on a remporté la médaille bronze à Malabo avec les Léopards, personne n’avait parlé. C’est comme quand on a perdu à Bangui, tout le monde a commencé à parler, il faut aligner des locaux, il faut faire ceci. Les mêmes joueurs qui ont perdu à Bangui, ont gagné contre le Nigeria et contre le Gabon. Maintenant, on ne parle plus. Il faut laisser les rumeurs et les ragots et puis se focaliser sur son travail tout simplement.

De tous ces engagements, le coach Florent Ibenge peut-il nous quantifier en termes de pourcentage ses priorités ?
Il n’y a pas de pourcentage à faire. Quand on s’engage, c’est pour faire mieux son travail. Au sein de l’AS V Club, on a des objectifs, c’est de gagner la LINAFOOT, ensuite de se retrouver en phases de poules de la Ligue des champions de la CAF. Voilà l’objectif clair, net et précis. En équipe nationale, c’est de se qualifier pour le Rwanda, se qualifier pour le Gabon et se qualifier la Coupe du monde 2018. Voilà les objectifs sont là.

Avec un palmarès élogieux la saison dernière, médaillé d’argent en Ligue des champions de la CAF, médaillé de bronze à la CAN 2015, classé dans le top 100 de meilleurs entraîneurs du monde. Florent Ibenge peut-il rééditer l’exploit cette saison ?
On travaille. Le football maintenant, ce sont des résultats, vous ne pouvez pas savoir ce qui se passe le lendemain. Le travail continue, on persévère pour pouvoir faire mieux à chaque fois. C’est ce qui est intéressant, la progression. Maintenant vous dite que je vais faire les mêmes résultats, je ne peux pas le savoir. Mais, ce que je peux vous dire, je travaille d’arrachepied pour atteindre les objectifs qui me sont assignés.

Florent Ibenge se sent se sent-il à l’aise sur le banc de l’AS V Club ou des Léopards ?
Les deux! Je suis très bien sur le banc des Léopards, je suis très bien sur le banc de l’AS V Club. J’ai eu la chance d’avoir de très bon collaborateurs de chaque côté, ça se passe bien. Aucun souci avec les joueurs de chaque côté. Tout va bien dans les deux côtés !

Pourquoi le coach Florent ne parvient pas à avoir une équipe type des Léopards non plus de V Club, puisque à chaque rencontre, il y a l’apparition des nouvelles têtes dans les onze du départ ?
Ben ! Je ne comprends plus cette question depuis que je suis toujours là. Je crois que vous les journalistes, vous le faites exprès. Vous êtes là aussi pour véhiculer un petit peu et éduquer un petit peu la population. C’est toujours récurrent, c’est toujours la même question. Les gens disent que je change l’équipe tout le temps, quand vous regardez cette équipe et dites-moi quelle est cette équipe qui change tout le temps ? Je ne sais pas, moi je n’arrive pas à comprendre à cette question. On dirait qu’à chaque match, il y a 67 joueurs qui changent. Il y a un ou deux joueurs qui changent de temps en temps. Ceux qui restent titulaires le restent et ceux qui sont en balance changent un peu, et puis en fonction du match, évidement on a certaines configurations. Je ne comprends cette question, je ne comprends pas pourquoi vous vous focalisez sur ça. Quand vous prenez l’équipe nationale ce dernier temps. Maintenant que ça change, Kidiaba a été toujours titulaire, Issama a été toujours titulaire, dans la charnière centrale, ils étaient trois à se battre pour ce poste : Mongongu, Kimwaki et Zakwani. A gauche, c’était toujours Kasusula. Au milieu, c’est Mulumbu et Mbemba et devant c’était Kebano. Quand Kebano se blesse, on change, c’est en fonction de blessure. Et devant, Bolasie a toujours joué, Mbokani quand il était là, il a toujours joué, en général, c’est Mabwati ou Mubele ou encore Bokila. Il y a peu près 9 titulaires sur l’équipe type. Et vous dites à chaque fois l’équipe change. Je ne comprends vraiment pas cette histoire. A vous de me dire, dans tel match, il y a eu 6 joueurs ont changé, tel autre 5, mais il y a deux joueurs qui changent, ça change quoi dans l’équipe. C’est quoi le problème ? Je ne sais pas. Dans l’AS V Club, c’est la même chose. C’est quoi le problème ? Même si ça changeait où est le problème. Ce sont les 11 joueurs qui entrent pour faire le résultat pour l’équipe. L’Atletico Madrid ( l’an dernier. On sait que c’est l’un des meilleures équipes européennes actuellement. Sur les 38 matches du championnat, il y a eu 37 compositions d’équipes différentes. Trente-sept, cela signifie à chaque fois, il y avait une équipe différente. Ça pose problème à qui ? Il ne faut pas vous focaliser sur ça. Il y a une équipe, il y a 11 joueurs les plus compétitifs possibles qui entrent pour gagner. Si on revient sur les deux derniers matches des Léopards livrés à visé près de Liège en Belgique, puisque c’est moi qui ai fait la composition. La première ressemble à celle qui a été disputé à Bangui. Mbokani a joué à la place de Bakambu blessé. Ensuite, c’est Kimwaki qui était absent. L’idée, c’est de qualifier pour la Coupe du monde 2018, sachant qu’il y a des joueurs qui sont en train de terminer un peu leur carrière. Peut-être à l’horizon 2018, ils ne seront pas là. J’ai déjà commencé à mettre Chancel Mbemba derrière, mais il faut savoir le remplacer au milieu du terrain. C’est pourquoi je fais appel à quelqu’un comme Remy Mulumba, lequel arrive petit-à-petit. Et on voit que Chancel Mbemba on l’a pas encore remplacé. Si je peux encore utiliser des gens derrière, avoir une bonne assise avec Chancel au milieu, je continuerai ainsi. Je ne vois pas de problème. Sur le deuxième match, j’ai changé Parfait Mandanda parce que je voulais voir jouer Joël Kiassumbwa dans un bon match de très bon niveau. Ensuite, j’ai remis Kabananga dans son poste, parce qu’il est très en forme et il joue la Ligue des champions de l’UEFA. Donc il méritait de jouer. J’ai aussi donné chance à Botaka de démontre ce qu’il est capable de faire. Si on ne teste pas un certain panel de son équipe, on reste démuni. Mais cette question, je ne sais pas si ça changerai un jour. Nous, les Congolais, nous avons une autre façon de voir le football.

Est-ce que le coach Florent Ibenge est déjà rassasié de ses binationaux ou il pense solliciter d’autres ?
Il n’y a pas question de rassasier. Il y n’a question des binationaux. La question, c’est de prendre les meilleurs congolais. Je répète encore ça, c’est terrible. C’est encore une question que je ne comprends pas. J’ai l’impression que les gens n’aiment pas le pays. Si le joueur qui joue au pays est moins bon que celui qui joue à l’extérieur, on ne peut sélectionner que le meilleur. C’est vraiment à la limite de la traîtrise. C’est l’équipe nationale qui doit bénéficier ça. Moi je me focalise sur la qualité. Si j’estime qu’il y a des joueurs qui peuvent venir nous aider, pourquoi leur fermer la porte ?

Les sportifs de la capitale ont vécu au rythme du grand derby kinois. Quel a été le goût de la défaite de l’AS V Club devant DCMP après plus de 5 ans d’un mariage parfait ?
Le goût est amère évidement. On n’aime pas perdre quand on est compétiteur. Encore moins quand on a fait un bon match face à son adversaire du jour. Quand vous avez eu l’emprise sur le jeu, quand vous perdez, ça fait évidemment beaucoup plus mal. C’est un goût très amer.

Qu’est ce qui n’avait pas marché concrètement ?
Ce qui n’avait pas marché, ce que mon équipe n’avait pas marqué. On a eu énormément d’occasions. Des occasions très franches, mais on n’a pas marqué. Et le Daring a une efficacité quasi diabolique. Le Daring a tiré trois fois au but. La première fois sur une perte de balle de Jimmy Bayindula, l’attaquant Kevin de DCMP a pris en vitesse nos deux arrières centraux pour tirer, un tir capté assez facilement par notre gardien, Guelord Landu. Ensuite, il y a eu ce coup-franc qui amène le but. On a été un peu naïf, parce qu’on n’a pas suivi, alors qu’on avait demandé un marquage serré. On est fautif. On ne va revenir là-dessus. Et puis il y a eu ce coup-franc sorti par Landu. Voilà les trois possibilités que le Daring a eues dans ce match-là. Et sur ces trois possibilités, ils ont marqué. V Club en a eu, je ne sais pas, peut-être une quinzaine qu’on n’a pas marquée tant pis pour nous ! A nous de travailler encore plus notre efficacité offensive, et puis notre concentration pour ne pas encaisser ce genre de but.

‘‘Florent Ibenge ateki V Club na 100 FC’’ (Traduisez : Florent Ibenge a vendu V Club à CDF 100), le prix d’un sachet de lait que l’entraîneur fait la publicité. Que ressentez-vous dans la pensée de la chanson scandée dans les rues de la capitale ?
Non ce n’est pas scandé dans les rues de la capitale. Il faut dire la vérité, ce n’est pas dans les rues de la capitale. C’est scandé par les supporters du FC Renaissance du Congo. Ça c’est une manifestation de la colère des supporters de Renaissance, parce que sur les 26 convoqués pour les éliminatoires du CHAN, il n’y a aucun joueur de leur équipe. La vérité c’est ça, il faut dire la vérité, il ne faut pas cacher la vérité. La seule vérité c’est ça. Puisque, il n’y a pas un joueur de Renaissance en équipe nationale qu’il faut commencer à insulter les gens. Est-ce que ça s’appelle de l’éduction. Je laisse libre court à ceux qui se permettent d’insulter les autres. On prend un joueur de Renaissance et puis on le compare aussi. Je n’ai absolument rien contre Renaissance du Congo. Au contraire, c’est un club qui a amené de la fraîcheur dans le stade. Les supporters aident leur club financièrement, c’est une très bonne chose, ils mettent une ambiance exceptionnelle dans le stade, ils poussent véritablement leur équipe en vue de décrocher des victoires. Du côté-là, félicitations à eux. Mais le mauvais côté, ce sont les insultes. Les insultes n’amènent à rien. Ça amène de dégradation, ça amène tout ça. Le fait qu’il n’ait pas de joueurs de Renaissance en équipe nationale, c’est mon choix. Si quelqu’un d’autre aurait fait un choix, peut-être, il aurait pris des joueurs de Renaissance. Mais encore une fois, il faut être objectif, il faut regarder les choses tranquillement. J’ai juste expliqué mon choix. Quel joueur de Renaissance peut jouer en équipe nationale ? Le petit Rachidi ? Il n’a disputé que 5 matches à l’EPFKIN. Il peut postuler pour jouer. Je l’ai dit : il peut postuler. La sélection pour le CHAN, ça se passe au mois de janvier 2016. Là on est au mois d’octobre, s’il continue à bien prester, la porte n’est pas fermée. La porte n’est pas fermée pour ces garçons qui montrent les talents pas forcément pour le CHAN, mais aussi pour les Léopards A. Rachidi est en train de montrer de belles choses, de même pour Sisiko (Ndlr : Rodrigue Manga). Ce sont les deux fers de lance de cette équipe (Renaissance), mais ils sont encore jeunes, ils sont en train d’arriver. Maintenant, il faut regarder dans la concurrence. Sisoko joue au même poste que Jean-Marc Mundele, au même poste que Richard Kule Mbombo. Ce sont des gens qui ont été déjà buteurs de championnat de l’EPFKIN, moins fort que la Division I. Alors vous froidement, vous allez faire un choix, vous allez laisser les gens qui étaient meilleurs dans ce championnat, et qui sont meilleurs par rapport à leur championnat, je ne sais pas. Si vous faites un choix de ce côté-là, je pense que c’est un choix par défaut. De l’autre côté vous prenez un petit comme Rachidi qui est en train de monter. Il a aussi un problème de concurrence. Il joue au même poste que Ricky Tulengi de DCMP. Ricky qui a joué dans Dragons, élu meilleur joueur du championnat de l’EPFKIN. Il est allé chez Arc-en-ciel, élu encore meilleur joueur du championnat de l’EPFKIN. Vous allez laisser celui qui a déjà été élu meilleur joueur de championnat. Il est parti chez DCMP, il est tout feu tout-flamme. Vous laissez ce joueur-là pour prendre un joueur qui a encore 5 matches à l’EPFKIN. Je ne sais pas si vous trouvez ça un choix logique tant mieux pour vous, moi je ne trouve pas ça logique. Je trouve des gens qui sont en avance. Des gens comme Jimmy Bayindula dit Kovo, qui ont tout ce qu’on veut. Ce garçon, l’an dernier, a marqué 18 buts en 14 matches dans ce championnat de l’EPFKIN.

Quel est le rêve de Florent Ibenge ?
Le rêve ? Moi, je ne rêve pas beaucoup. Peut-être amener un jour l’équipe nationale à la Coupe du monde de la FIFA, puisque la dernière participation remonte en 1974. Mais ce n’est pas un rêve, c’est une volonté.

Un petit mot aux sportifs
Il faut aimer le pays. L’équipe nationale est au-dessus du club. Ça fait partie de l’amour qu’on a pour son pays. On aime son club, c’est sûr, mais quand l’équipe nationale, c’est tout le pays. Quand un club gagne, ce n’est pas tout le pays. Il ne faut diminuer l’équipe nationale. Il ne faut pas, parce qu’on n’a pas pris le joueur de votre équipe, il faut en vouloir à l’équipe nationale. Je ne vois même pas de rapport avec ça. Si on n’a pas pris un joueur de votre équipe, et alors où est le problème. Restez encourager votre équipe. Si on ne prend le joueur de votre équipe, vous commencez à détester l’équipe nationale. C’est vraiment un sentiment patriotique. C’est de la trahison, c’est de la traitrise.
Propos recueillis par O.Nawej

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