Glissement à Kinshasa : caresse très hypocrite de l’occident

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Est-ce la beauté d’une femme qui intéresse l’homme qui la courtise ou est-ce la beauté de ce qu’elle a en or en elle, sa vraie richesse du corps ? La politique et la diplomatie nous apprennent des choses chaque jour du matin au soir … Le cinéma a même perdu toute sa portée de détente, devant les infos du monde… A la base, la fièvre de la politique et de la diplomatie, les initiatives des médiateurs des conflits par ci et par là, eux-mêmes s’attachant mordicus à leur siège présidentiel en Afrique et… d’autres initiatives de pérennisation qui n’ont de sens que vues sous l’œil africain… et moins encore sous l’œil occidental.
Le continent noir africain sait se défendre et de bien trouver ses mots lorsqu’il s’agit de quitter le pouvoir… Lorsqu’il est mis en position de rejet et sous pression. Le même continent sait lécher les bottes quand il s’agit de trouver un soutien qui permet d’asseoir son pouvoir. Entre les deux réalités le cœur politique balance, ça balance et ça re-balance… au point de nous rappeler cette célèbre chanson de Daouda Koné où l’on raconte à l’ivoirienne l’amour d’un homme qui voit son cœur hésiter entre deux femmes qu’il aime, la plus jolie et la plus gentille… Douda Koné n’a pas poussé son intrigue plus loin… Il aurait trouvé une réponse s’il avait ajouté un deuxième critérium… au-delà des apparences… Celui de l’intérêt. L’Occident lui sait ce qu’il en retourne. Et la France n’est pas très loin de ce roi de ces animaux malades de la peste des fables de Lafontaine. On se rappelle bien qu’il est dit dans cette fable qu’ils n’en mourraient pas tous mais tous étaient frappés… de cette maladie ! En réalité, dans ce monde politique et diplomatique, il n’y a effectivement que des intérêts qui comptent… Pour un intérêt qui échappe le politique, blanc ou noir, peut se mettre à insulter, à manquer de sommeil, à faire des cauchemars… ou à montrer carrément et publiquement son désamour vis-à-vis d’un certain autre diplomate ou politique… et vice-versa.

C’est dans ce cadre qu’il est permis d’analyser les propos de l’ambassadeur de France à Kinshasa, Luc Hallade, à l’occasion des fêtes de l’indépendance française le 14 juillet dernier… Propos jugés très provocateurs par Kinshasa au point de lui réserver une réaction « un peu officiel » du gouvernement congolais par l’entremise de son mythique porte-parole Lambert Mende. Lui aussi n’est pas allé du dos de la cuillère ! A des propos cinglants des uns, on réserve une réponse cinglante. Hallade a dit, Mende a répondu ! De deux, on se demande quelle est la vraie bouche autorisée… De deux, on se demande quelle est la vraie position politique des uns et des autres sur les réalités politiques et les enjeux à venir… Que cache ce semblant d’attaque médiatique entre d’une part la France et d’autre part la RD du Congo… Entre d’une part un pays européen (et pas le moindre) qui attaque médiatiquement un pays souverain et d’autre part un autre pays africain (pas le moindre non plus) qui se défend d’être indépendant depuis plus de cinquante ans, qui est classé parmi les pays les meilleurs à avoir atteint un taux de croissance économique qui fait réfléchir… mais qui se nourrit toujours et encore aux mamelons de ceux qu’il accuse d’ingérence dans ses affaires internes…

Cette guéguerre hypocrite des mots signifie quoi en réalité ? De tout le temps, l’occident nous a habitués à des scènes tels que si un président africain devient indésirable, à craindre ou trop insaisissable… on lui trouve des prétextes pour le mettre hors d’état de nuire, mieux de diriger… L’occident le fait avec des arguments allant jusqu’à provoquer soit un soulèvement populaire soit une guerre civile, qui lui permet de venir intervenir pour sauver ses ressortissants… en réalité pour jouer sa petite carte, en glissant un petit comprimé qui mettrait la pagaille partout… pourvu de s’arroger une possibilité de conciliabule diplomatique afin de réclamer ce qui lui tient à cœur… un intérêt contre un autre intérêt, au diable le peuple, au diable sa souffrance, au diable l’alternance politique, au diable… et au diable tout le monde à la fin.

Pour revenir au scénario diplomatique de la France, l’occasion faisant le larron, le décor planté pour la circonstance, Hallade arrivé fin mandat, se refuse de s’en aller sans râler, sans cracher et sans dire le fond de son cœur ou mieux le fond du cœur de la diplomatie française… rôle qu’il assume jusque-là. Est-ce une manière de dire au politique congolais : « … Je suis en train de partir, viens me glisser quelque chose pour que je m’arrange à parler favorablement de toi… » Ou est-ce une manière très expressive de lui dire : « tu t’es suffisamment servi, on veut un autre qui saura partager davantage et qui acceptera de monter les enchères en la faveur de celui qui entérine le pouvoir… soit c’est toi soit ce sera un autre… Vive l’alternance… ».

La rigolade ?

S’il faut considérer que tout propos tenu et tout geste posé par un diplomate a une portée de position affichée ou non affichée, il est fort à craindre que Luc Hallade ait bien lancé un avertissement. On ne négligera pas le fait que cet ambassadeur de France qui arrive prochainement au terme de son mandat après trois ans en poste à Kinshasa, ait tenu ces propos presqu’incendiaires mettant toute la classe politique congolaise dans le même panier.

Il a feint de faire l’éloge au tout début sur la capacité des Congolais à surmonter les épreuves et la souffrance. Le coup qui suivait, mortel à sa façon, se cachait entre les lignes… Hallade s’est livré à une critique de l’élite politique congolaise, de sa tendance à vouloir s’accrocher au pouvoir… Cette petite phrase, bien choisie et bien située à la fin de son discours, pour sans nul doute être bien entendue, a particulièrement mis mal à l’aise. Cette petite phrase a fait bouger tout le monde de son siège. Et la fraicheur des jardins de la résidence de l’ambassade de France à Kinshasa, cadre choisi pour l’événement, n’a pas pu empêcher la sueur froide de couler et de glisser (le terme qui rappelle le maître mot à la mode « glissement ») sur le dos des invités et participants à cette cérémonie de la fête nationale française… Le gouvernement s’est senti visé. C’était intentionnel et l’intention a eu sa dose de mérite. On ne touche pas à son glissement. Un pays étranger n’en a pas le droit, fût-il la France !

L’évocation de la nécessaire alternance du personnel politique en RD du Congo, la majorité et l’opposition confondue, cette seule évocation a piqué la dignité du politique. Lui rappeler qu’il pense que la politique de ce grand pays se joue, se fait et se défait, dans un cercle fermé et un périmètre très restreint… et ajouter qu’il se sentait comme le seul cerveau au sein de ce vaste Congo, qui était à même de décider du sort et du destin du peuple congolais tout entier… a touché son amour propre… Faire allusion à la république de la Gombe qui pourtant n’est qu’une commune dans la ville province de Kinshasa… est apparu comme un débordement… Chuter en précisant qu’il est utile au politique congolais de savoir quitter le pouvoir comme il faut et de savoir quitter les fonctions, aussi intéressantes et prestigieuses soient-elles, a mis de l’huile dans le feu… Le glissement a été démasqué et Luc Hallade a touché le fond, au propre comme au figuré.

Véritable ping-pong ?

Cette petite phrase de Luc Hallade… a eu sa réplique. Kinshasa considère que c’est une admissible ingérence. Lambert Mende avec son verve oratoire lui reconnu a jeté son intrigue et à sa manière. Il pense que cela relève d’un certain dysfonctionnement de la diplomatie européenne en RD du Congo. Lorsqu’il ajoute qu’il était temps pour les partenaires européens de comprendre que l’histoire de l’Afrique devrait être écrite par les africains et non plus par les européens… la réplique s’est placée à son paroxysme. Il ne s’est pas arrêté… Et pour bien assommer son adversaire, le porte-parole Mende chantonne et danse sur la très frénétique phrase du siècle, à répertorier dans les annales : « Je pense que cette époque est très révolue… C’est de la nostalgie … de la bravade… un coup d’éclat… et il faut savoir en guérir… ». Guerre médiatique ! Et de bonne guerre ! Quel intérêt pour le peuple dans tout ça ? A chacun son diable, dirait-on !

Eben Ezer et Mukar

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