Jeff Kapondo: ‘‘Nous faisons des efforts pour transcender la subjectivité’’

Want create site? Find Free WordPress Themes and plugins.

Au cours d’une entrevue avec la rédaction de l’Objectif, le président du comité de gestion de la Ligue nationale de football (LINAFOOT), Jeff Kapondo Kantanga a éclairé la lanterne des sportifs sur la problématique de l’ordre organisationnel du championnat d’élite en RDC. Le numéro un de la LINAFOOT est revenu sur le dossier Shark-V Club qui fait couler beaucoup d’encre et de salive.
L’Objectif : Vous êtes au sein du comité de gestion de la LINAFOOT depuis quelques années, vous étiez d’abord trésorier et actuellement président. Vous pouvez nous dire quelles sont les pesanteurs qui font que parfois les choses ne tournent pas de manière très normale ?
Jeff Kapondo Kantanga : Ces pesanteurs sont d’ordre divers. Je vous donne un exemple, le tout dernier cas que nous avons connu avec le report du match FC Lupopo-TP Mazembe. Le maire de la ville de Lubumbashi nous instruit de ne pas organiser ce derby pour des raisons sécuritaires. Et nous, nous ne savons pas organiser un match lorsque la sécurité n’est pas maîtrisée. Ça parait simple et facile. Mais le problème, c’est lequel, c’est l’avenir. Lorsqu’un match prévu au calendrier ne se joue pas, il crée une perturbation. Il faut qu’on trouve de l’espace très vite pour l’organiser. Lorsque vous ne trouvez pas de l’espace, vous êtes obligés de le programmer vers la fin. Lorsqu’ le match est programmé vers la fin, il y a risque de tricherie de positionnement, puisque les matches se sont déjà joués, vous êtes déjà à la fin. Une équipe peut chercher à se positionner ou à trouver un arrangement pour bien se positionner. Ça constitue une pesanteur pour l’organisateur. Dans l’entretemps, le public aura déjà oublié, le public aura déjà perdu de vue. Et si nous sommes à tel cas, c’est par rapport à la décision prise à un moment donné. Une autre pesanteur, c’est le timing. Lorsque vous allez hors délai ou hors calendrier, vous risquez d’accumuler des matches. Ça peut être des intempéries, des raisons politiques (une marche, une ville morte) et tant d’autres. Ça peut vous amener à une terminologie très habituelle ce dernier temps, le glissement. Lorsque vous allez au-delà du timing de la saison sportive, ça vous crée des problèmes, puisque le ministre va s’en tenir à ça et arrêter le championnat en cours. Ça crée des difficultés par rapport au classement, ainsi de suite. Une autre pesanteur, c’est la dimension de notre pays.

Nous avons un pays à la dimension continentale avec jusque- là une seule compagnie qui couvre toute l’étendue de la République. Lorsque cette compagnie annule un vol, il crée une perturbation terrible pour l’organisateur, puisqu’une équipe qui était réservée pour un vol de 14h00 pour aller jouer son match le lendemain, lorsque le vol est annulé, on ne peut infliger la faute à l’équipe. Vous êtes obligés de revoir une fois de plus dans le calendrier et trouver de l’espace. A chaque fois que vous vous comportez comme ça, à un moment donné, vous perdez dans votre calendrier.
Il y a également le problème des supporters. Nous sommes en train de vivre des situations où parfois l’équipe n’y est pour rien. Le comportement des supporters amène l’organisateur à faire jouer le match, soit à huis-clos, de sanctionner le club. Comme c’est aussi une actualité, tout le monde a encore frais en mémoire le cas du match Shark-V Club. C’est vrai, c’est un match qui a été émaillé de beaucoup d’incidents. Mais les rapports en notre possession, mêmes les témoignages du public présent au stade démontrent que l’incident qui était à la base de l’arrêt du match est exogène. Cela n’émanait ni des supporters de Shark ni de ceux de V Club. Et comme preuve, tout le monde était dans les gradins quand le match s’est joué, mais malheureusement, il y a eu du gaz lacrymogène jeté de l’extérieur. Les fumigènes ont fait quitter le stade dans la panique et le match s’est arrêté. Ça constitue aussi un problème pour l’organisateur. L’arsenal juridique en notre possession, nous demande de poursuivre ce match jusqu’à sa fin. Cela nous amène aussi à trouver une fois de plus de l’espace dans le calendrier pour reprogrammer ce match. Les pesanteurs sont vraiment d’ordre divers, multiple.

Quelles sont les interférences extérieures ?
En ce qui concerne les interférences extérieures, je dois vous dire en toute franchise, jusque maintenant, nous ne subissons la pression de personne. Nous faisons des efforts pour transcender la subjectivité. Nous devons vous dire que le jour où il y aura des interférences extérieures, moi je n’ai pas ma langue dans la poche, j’informerai la presse que vous êtes pour dénoncer ce type de comportement de manière à faire triompher notre football, mais aussi à faire comprendre à tous les sportifs congolais que le football c’est une école de loyauté. C’est pourquoi je voulais profiter de votre présence pour vous exhorter à requérir chaque fois les textes. A chaque fois il y a une décision, il faut exiger la disposition réglementaire qui nous a poussés à prendre cette décision et à faire la vulgarisation auprès du public en vue d’être suffisamment informé. Lorsque le règlement est maîtrisé par tous, je crois qu’il y aura moins des problèmes possibles. C’est seulement lorsque vous réagissez en marge des textes que les gens peuvent vous opposer le règlement en vous disant sur quelle base vous avez pris telle décision. L’idéal, c’est de vulgariser tout ce que nous avons comme textes, tout ce que nous avons comme normes, puisque le football est codé, de manière à ce que quand le public sait qu’en jetant des projectiles, c’est telle amande, en envahissant l’aire de jeu, c’est telle sanction. A ce moment-là, nous parlerons le même langage et il y aura des problèmes possibles en ce qui concerne toutes les décisions prises au niveau du staff dirigeant de la LINAFOOT.

A chaque journée à la Division I, il y a des incidents, dernièrement il y a eu le match V Club-Shark, DCMP-V Club et Tshinkunku Sanga Balende. A l’allure où vont les choses avec la morosité du climat politique et sécuritaire, pensez-vous que le championnat de la Division I arrivera à terme ?
Le souci, nos seulement de la LINAFOOT, mais aussi de tous les sportifs congolais, c’est de voir ce championnat arriver à terme. Je crois que c’est ça le souci de tout le monde. Nous avons des critiques nous organisons un championnat qui n’arrive jamais à terme. Nous faisons en sorte que nous ayons un championnat répondant aux normes, le championnat va se jouer en aller et retour, nous n’aurons pas un champion fabriqué, nous voulons avoir un champion qui mérite son titre. Je ne crois qu’il y ait un sportif qui ne veuille voir le championnat aller à son terme. C’est comme si nous sommes en train de nous dire que tous ceux-là qui viennent au stade dans le but de commettre des actes antisportifs, est-ce qu’ils sont réellement sportifs ? Moi je ne le crois pas. Un sportif ne peut venir au stade dans l’intention de gâcher la fête, puisque pour nous lorsque nous organisons des rencontres de football, c’est de moment de fête pour nous. Je crois que cela, nous ne laisserons pas faire. Nous sommes en train de chercher des mécanismes de nature à faire en sort qu’à chaque fois que nous tombons sur des gens comme ça, nous les traduisons en justice. Il faut vraiment décourager ce comportement-là. Tout le monde sait que le football à 3 résultats : la victoire, la défaite ou le nul. Ce sont des résultats qu’il faut accepter sportivement. Que dirions-nous de ceux-là (les Anglais, ndlr) qui ont créé le football et ne sont pas chaque fois champion du monde ? C’est vraiment de comportement à décourager dans nos stades, même à la cité. Nous devons vraiment combattre ce fléau. C’est pratiquement un virus qui est en train d’entrer dans notre famille.

Le comité de gestion de la LINAFOOT est souvent accusé de prendre des décisions hâtives, par exemple lors du match V Club-Shark le résultat a été homologué et quelques jours après il a changé de décision. Prenez-vous le temps de consulter les commissions spécialisées avant toute prise de décisions?
Nous ne prenons pas de décisions de manière hâtive. Il est vrai que dernièrement, il y a eu une erreur que nous avons commise en ce qui concerne le résultat de ce match qui n’est pas arrivé à son terme. Moi-même, je dois reconnaître que je n’étais pas à Kinshasa, mais je suis solidaire avec mon comité. Quand je suis arrivé, j’ai tenu à ce que je sois édifié par rapport à ce dossier-là. Nous nous sommes rendus compte que nous avons commis une erreur. Humblement, je me suis dit que tout le monde peut commettre une erreur, même une instance. Ça serait plus correct de corriger que de demeurer dans l’erreur. Il n’y a pas de honte de revenir sur une erreur lorsque vous vous en rendez compte. C’est ce qui a été fait humblement. Nous avons très vite corrigé cette erreur pour ne pas créer une jurisprudence qui risque de causer préjudice dans l’avenir. Quel est ce club qui pouvait admettre qu’on lui implique cette jurisprudence ? Nous nous sommes dit la plus correcte manière de faire, c’est de corriger l’erreur et de faire en sorte que nous demeurions dans le règlement. Puisque, le règlement n’est pas mué à ce sujet, pourquoi ne pas l’appliquer plutôt de créer une jurisprudence qui peut vous porter préjudice plus tard. Voilà ce que nous amène à corriger vite cette erreur. Je crois que les sportifs de bon sens comprendront cet aspect de choses. En toute humilité, j’ai eu à inviter les deux clubs ici au bureau pour le faire comprendre ça.
Les clubs ne sont pas suffisamment informés sur la nouvelle règlementation de la FIFA (loi 7). Avez-vous envisagé un effort sur cet aspect ?
Quant aux règlements qui régissent notre football, ça sera vraiment dommage, s’il y a des dirigeants des clubs qui ignorent les règlements. Il y a un principe qui dit : nul n’est censé ignorer la loi. Cette règlementation, ce n’est pas une invention de la LINAFOOT. Nous suivons tous le football. A la dernière Coupe du monde, ça a été appliquée. Ne laissons pas la gestion du football aux amateurs. Quand vous avez un secrétaire sportif qui ne maîtrise pas de règlements, il devient un poison pour cette équipe-là. Lorsqu’on fait des critiques, moi je pense que l’objectif visé c’est d’amener l’organisateur à améliorer, pas à l’énerver, à l’humilier, à le noyer par tous les moyens. Je crois que si nous voulons notre sport, nous devons l’aider à s’améliorer.
Propos recueillis par O.Nawej

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*