Journée internationale de théâtre Les professionnels de l’art confondus aux amateurs en RDC

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Sans connaitre d’obstacle, l’amateurisme est entrain de submerger le professionnalisme dans le domaine du théâtre congolais. Ce constat déplorable émanant des observateurs du secteur culturel kinois a été fait à l’occasion de la célébration de la journée internationale du théâtre mardi 27 mars. Dans la capitale Kinshasa, les séries télévisées congolaises, œuvres de plusieurs acteurs non professionnels se confondent depuis une dizaine d’années au théâtre.

On rencontre depuis lors, au sein de la population, des amoureux de la culture qui appellent ”théâtre” toutes représentations comiques télévisées. Plus grave encore, même certains professionnels du domaine se sont joints à cette confusion qui se vit autour de cet art noble. Sur les écrans des chaines de télévision de Kinshasa, on aperçoit des séries comiques filmées dénommées par leurs auteurs ”pièce de théâtre”.

Cette manière de définir le théâtre est cependant désapprouvée par les professionnels de théâtre qui s’accrochent à la définition classique selon laquelle, le théâtre est une activité culturelle vivante dans laquelle on retrouve des acteurs agissant dans un espace précis devant des spectateurs qui réagissent. ”Malheureusement aujourd’hui, cette conception est devenue mitigée”, a déplorée le professeur Van Nzey. Une telle situation, selon les analystes ne devrait pas exister dans un pays considéré comme le seul de l’Afrique central à avoir une institution des enseignements supérieurs des arts où le théâtre est l’une des branches principales. Curieusement, la confusion signalée dans l’application de la définition du théâtre est aussi alimentée par quelques-uns des professionnels de théâtre eux-mêmes. Pour des raisons purement pécuniaires, les experts du domaine théâtral se sont plongés dans les séries télévisées qu’ils nomment abusivement théâtre.

Ces séries de télévision préférées par un grand nombre des téléspectateurs kinois ont connues une forte floraison avec la prolifération des médias audio-visuels de la RDC. Dénombrées à plus d’une cinquantaine dans la capitale, les chaines diffusent une ou deux cènes théâtrales des troupes différentes. Ses séries diffusées en violation des normes, sont pourtant les plus suivies par les kinois. Conscient d’utiliser abusivement le terme théâtre, certains responsables affirment s’être adaptés aux réalités du moment. ”C’est un choix qui fait vivre. Ces séries télévisées proches du théâtre paient bien les comédiens”, a révélé le patron d’un groupe des comédiens.

Dans se secteur envahi par des personnes dépourvues de professionnalisme, on décrie aussi l’amateurisme avec lequel plusieurs œuvres présentées au public sont dépourvues d’un message éducatif. Beaucoup d’entre ces œuvres sont faites de textes incohérents et souvent conçus pour courtiser les sociétés de sponsoring. ”Nous ne reflétons que l’image de notre société d’où nous tirons nos inspirations”, s’est défendu un acteur du groupe CINARC de l’artiste Kaleb.

Rappelons que cette confusion est partie de la démarcation qui a été faite par Tshitenge Nsana au cours de l’émission ”Théâtre de chez nous”, où ce présentateur diffusait sur la chaîne publique des productions théâtrales filmées.
Depuis lors, ces séries télévisées ont gagné l’intérêt de plusieurs téléspectateurs au détriment du vrai théâtre. ”C’est la loi de la nature car, vous le savez bien, on a plus d’artisans que artistes ; mais les œuvres professionnelles prennent toujours le devant”, a dit le professeur Van. Confiant en l’avenir du théâtre congolais, le professeur a précisé que ”malgré les confusions signalées dans ce secteur, le théâtre congolais n’est jamais mort et ne mourra jamais parce que c’est une affaire de l’élite”. Pendant ce temps, il a reconnu le caractère non associatif des comédiens en particulier pour lutter ensemble en faveur de leur droit. Van Nzey a cependant signalé le caractère collectif du théâtre. ”Avant, on reconnaissait le groupe théâtral par le nom des initiateurs mais aujourd’hui, ils sont reconnus par les noms attribués au groupe”, s’est-il réjouit. Car, l’espace théâtral congolais est à ce jour envahi par le théâtre télévisé et les Congolais ont largement perdu la culture du suivi du vrai théâtre dans des espaces culturels”, a déploré le comédien Kuedy Mayimputu.

Munor Kabondo in Objectif 302

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