Kambayi Bwatshia ‘’ Un peuple qui a la culture du livre, se laisse livrer dans la connaissance ‘’

Want create site? Find Free WordPress Themes and plugins.

 ‘’ Un peuple qui a la culture du livre, va se laisser livrer dans la connaissance ‘’, c’est en ces termes que le professeur Kambayi Bwatshia a entretenu l’assistance samedi 23 décembre à la salle des conférences de la Bibliothèque Rehoboth, sous le thème ‘’la culture de la lecture est un atout pour comprendre la vie ‘’.  

Kambayi Bwatshia a indiqué que la lecture ne signifie pas nécessairement ce que nous lisons. Pourquoi lire, comment peut-on lire, que peut-on lire, sont autant d’interrogations que l’orateur a explicité. Selon lui, on peut lire un livre, une livraison, un livret etc. Et, on lit quelque chose avec connaissance, contenu à un endroit qui peut apporter une connaissance. L’auteur a souligné qu’on ne lit pas nécessairement dans un livre. Il précise que tout est livre. En lisant beaucoup, l’homme peut se libérer.

À la question de savoir comment peut-on lire la vie, ce conférencier a expliqué qu’on peut lire la vie dans l’expérience acquise avec son épouse ou avec son époux, en regardant le colonisateur, en regardant le soleil, en regardant le phénomène. On peut en outre lire la vie dans une pièce de théâtre, à travers un match de catch et ainsi de suite.

La culture, une école

Kambayi n’a pas encouragé le fait de chercher toujours à rédiger une lettre en français. Lorsque l’homme cherche à parler de la femme, alors que dans sa pensée, la représentation est que qu’il veut parler de ‘’ mukaji’’, en ce moment il  traduit  ‘’mukaji, muasi ‘’, ‘’kento’’, ‘’bibi’’ par la femme. Chose qui vient biaiser le français. L’auteur pense que ‘’Mukaji’’ n’est pas femme, ‘’ muasi’’ est ‘’mukaji ‘’, ‘’kento ‘’, n’est pas la femme. Pourtant ‘’Ke-nto ‘’ en deux mots, signifie la propriétaire de ‘’ntoto’’. Ce qui veut dire propriétaire des enfants. Selon lui, votre femme est kento, cela veut dire elle est propriétaire de chez toi. C’est comme ça que notre population (tribu), nos habitudes, considérerait la femme comme le ‘’mukaji’’ cela veut dire celle qui est racine, qui a l’habitude de transformer le sol.

École, lieu où l’on va pour grandir

Ce ministre honoraire a souligné que pour grandir, l’homme peut utiliser plusieurs langues pourvu que ces langues puissent l’amener à grandir à l’instar du lingala, qui est l’une des 4 langues officielles en RDC. Il a expliqué que le mot école en français, school en anglais, signifie kokola, qui veut dire l’endroit où l’on va pour grandir. Ainsi, il s’est posé la question de savoir pourquoi l’on ne comprendrait pas école par ‘’kokola’’ ou ‘’kokolisa ‘’, qui veut dire que lorsque j’arrive à l’école, je ne viens pas seulement pour parler le français. Mais  je viens pour ‘’kokola‘’ ‘’grandir ‘’. Ce qui revient à dire que dans certaines langues, c’est enseigner à une femme comment sevrer l’enfant, ‘’kokolisa moto, signifie également  ‘’kobokola ‘’. ‘’Chez le blanc ou le grec, l’école, c’est l’endroit où l’on va grandir dans tous les domaines. Alors, vous avez l’éducation physique, l’éducation morale etc ’’, a expliqué le professeur.

Kambayi Bwatshia a insisté sur le fait que sans la lecture, la vie de l’enfant est complètement biaisée. Lorsqu’on entre en lecture, on doit entrer en profondeur. Or, quand on entre en profondeur, on parle d’endroit où il fait obscur. Car, on ne peut pas entrer dans la lumière si on n’est pas entré dans l’obscurité. Et il ne peut faire jour sans qu’il fasse préalablement nuit. Et, l’on ne peut pas commencer, sans que ça n’ait été fini.

La mort, un livre

Poursuivant son exposé, l’auteur a également martelé sur le phénomène ‘’la mort’’. Cette dernière doit aussi constituer pour l’homme un livre, étant donné qu’elle livre à l’homme des connaissances. Et c’est en se laissant plonger dans ces connaissances que l’homme apprend la vie. Ainsi, le livre est un instrument qui livre la connaissance à l’homme. Il souligne que dans ce contexte, livrer signifie une livraison. Pour lui, tout phénomène de la vie, est un livre, et la base de tout, c’est l’observation. Et celui qui n’observe pas, ne tire pas des leçons. On peut également faire la lecture de la vie à travers  la dot comme cela est de coutume notamment, la remise du sel, de l’huile, de la  chèvre, les habits, l’argent etc. Ces choses ont une signification.

Notion de la culture

Le professeur Kambayi a également fait allusion au concept ‘’kutula qui signifie déposer en ’’kikongo ‘’, pour désigner la culture en français. Une expression qui consiste à faire descendre. Le verbe faire descendre signifie ‘’tulula’’, allusion faite notamment lorsque les chrétiens lèvent leurs mains à l’église pour invoquer Dieu à descendre. Il s’agit ici de  ‘’tululer ‘’ la manne. En ce moment, on parle du mot  ‘’Culte ‘’ qui signifie l’Assemblée où se font des cérémonies tendant à dire à Dieu de  ‘’tululer‘’, c’est à dire faire descendre. Cet enseignant révèle que dans la culture, il y a la notion de dépôt. Ainsi, parler de la culture mongo, luba, Ngbandi etc, c’est lire ce qui est déposé dans ces peuples. Or, ce qu’on dépose chez un peuple ou chez l’homme, ne peut être que la lecture.

Bibliothèque Rehoboth, temple du savoir

Cette conférence a été organisée par la bibliothèque ‘’Rehoboth ‘’, dont le promoteur est un poète en l’occurrence Laurent Kalombo Tshindela. Rehoboth est aussi une ONG qui œuvre pour l’accès de tous à la connaissance de la culture. Située dans la commune de Bandalungwa ( en face de l’école Ango Ango), la bibliothèque Rehoboth s’est fixé une triple mission notamment favoriser des rencontres entre créateurs, à savoir les écrivains, les artistes, les penseurs, les philosophes et le public. Elle fait en outre la promotion du livre et la lecture, et met à la disposition du public une documentation destinée à la recherche, à la formation et à la culture.

Nico Kassanda

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*