Kinshasa rejette les accusations de Human Right Watch

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Dans un rapport de 78 pages intitulé “Mission spéciale” rendu public ce lundi 4 décembre 2017, l’organisation Human Rights Watch accuse des officiers supérieurs de l’armée congolaise d’avoir recruté clandestinement des anciens rebelles du M23 pour étouffer les manifestations anti-Kabila de décembre 2016, date marquant la fin du mandat de Joseph Kabila.

 

Face à ces accusations, Marie-Ange Mushobekwa, ministre Congolaise des Droits humains soutient qu’il est ridicule ne serait ce que d’imaginer que la RDC ait eu besoin de recruter des ex-rebelles du M23 en appui de sa police ou de son armée. Rassurant que les allégations de Human Rights Watch sont tout simplement fausses.

Marie-Ange Mushobekwa,se dit « surprise » par les conclusions de ce rapport. “Je suis étonnée d’apprendre toutes les allégations de Human Rights Watch. J’ai échangé avec tous mes collègues concernés. Nous, nous savons que tous les rebelles du M23 se trouvent dans des camps de réfugiés et la Monusco peut bien attester que ces rebelles ont été désarmés et que le gouvernement de la République démocratique du Congo n’avait pas besoin de recourir à eux pour maintenir l’ordre public” declare-t-elle. Alors que la ministre des Droits humains précise que les rebelles en question ont été « désarmés », Human Rights Watch avance qu’ils ont été « réarmés ». “Moi, je vous dis que ce n’est pas vrai ; qu’il n’y a pas suffisamment de preuves que ce que Human Rights Watch avance est vrai” a répondu la ministre congolaise.

 

De son côté, Le ministre de La Défense nationale, Crispin Atama Thabe qualifie les accusations de Human Rights Watch « d’allégations grossières de nature à discréditer gratuitement notre armée ». Dans une correspondance adressée à Ida Sawyer, chercheuse senior et directrice Afrique centrale à HRW, le Patron de la Défense nationale l’invite « à se référer à la Monusco avec laquelle nous avons effectué en vain plusieurs missions en Ouganda tout comme au Rwanda, pour tenter de convaincre ces rebelles à regagner le pays car ils sont amnistiés ».

 

Face à ces accusations du gouvernement congolais, HRW défend le bien-fondé de sa méthodologie. Elle a recueilli 120 témoignages dont ceux de treize combattants du M23 qui ont été recrutés et de neuf officiers et membres des services de sécurité congolais qui ont confirmé ce recrutement. Et pourtant, comme l’explique Ida Sawyer, ces chercheurs étaient bien loin, au départ, de prendre ces informations sur un recrutement pour argent comptant. “Les premières informations concrètes que nous avons eues, c’était en décembre, lorsque nous avons eu des informations selon lesquelles il y avait des réunions avec quelques leaders locaux au Nord-Kivu où ils parlaient d’une utilisation du M23 pour protéger Kabila. Néanmoins, c’était un peu vague et nous avons décidé qu’il fallait aller en Ouganda et au Rwanda, là où se trouvent les combattants du M23 pour voir si c’était vrai. Et là, petit à petit, nous avons eu accès à plusieurs combattants du M23, mais aussi des commandants et des leaders politiques du mouvement qui nous ont confirmé comment ce recrutement a eu lieu et confirmé aussi le déploiement au Congo et puis leur retour au Rwanda et en Ouganda. Par ailleurs, du côté du Congo, nous avons trouvé des officiers des forces de sécurité qui ont confirmé qu’il y a eu ce recrutement et que des combattants du M23 ont été intégrés dans leurs unités », a précisé, Ida Sawyer à RFI. Après la publication du rapport de Human Right Watch sur le recrutement des ex-combattants rebelles par le gouvernement pour les faire participer à la répression des manifestations, le Mouvement du 23 mars (M23) confirme le recrutement clandestin de ses anciens combattants par ce dernier. Par le biais d’un communiqué publié ce lundi 4 décembre 2017, le M23 affirme qu’en effet, depuis fin 2016, le gouvernement a procédé à des recrutements “unilatéraux” de ses combattants. “Le gouvernement congolais a, depuis la signature des déclarations de Nairobi, compromis leur mise en œuvre pour s’offrir la liberté d’organiser et de conduire une série de rapatriements unilatéraux et clandestins contraires à l’esprit et à la lettre des engagements du 12 décembre 2013, à Nairobi. L’opinion se rappellera du rapatriement forcé de décembre 2014 au camp de Bihanga, en Ouganda, au cours duquel 186 ex-combattants ont été acheminés de force à Kamina et à Kitona et dont la suite n’est connue que du gouvernement congolais seul. Ces recrutements unilatéraux ont commencé fin décembre 2016 après le début de la contestation populaire et le retour au pays du Général Sultani Makenga pour soutenir la cause du Peuple” , dit le M23 dans son communiqué.

Pour le M23, le gouvernement congolais avait seul la liberté d’user de ces combattants recrutés pour des fins inavouées, refusant ainsi d’être mêlé de près ou de loin aux actes qui leur sont imputés. “Il va s’en dire donc que ces ex-combattants, une fois sur le territoire congolais, sont livrés à la merci du gouvernement qui a le loisir de les utiliser dans n’importe quelle activité de son choix” , souligne l’ancien mouvement rebelle dans son communiqué. Le mouvement souligne cependant que ces opérations visent particulièrement ses éléments ayant déserté le mouvement. “Les personnes concernées par ces recrutements-rapatriements se comptent parmi les déserteurs et autres indisciplinés radiés au sein de notre Mouvement et qui ont trouvé abris dans les camps des réfugiés autres que les lieux de cantonnement officiel de Bihanga, en Ouganda, et de Kibungo, au Rwanda” Par ailleurs, le M23 dit désapprouver le fait que dans son rapport, HRW donne l’impression de rendre son mouvement responsable des actes précités et souligne que seul le gouvernement de la RDC est censé y répondre. L’identification à une ethnie spécifique pose aussi problème pour le M23 disant que tous les rapports de ces dernières années ne tournent exclusivement que sur les 3 mouvements rebelles dont le RCD, le CNDP et le M23. Joyce Wayua Munyao-Mbithi, la porte-parole du HCR en Ouganda, a affirmé à Rfi ne pas être au courant des recrutements dans les camps de réfugiés comme dénoncé par le rapport de HRW.

L’information est difficile à vérifier, a-t-elle commenté, étant donné la nature des camps de réfugiés en Ouganda et les frontières poreuses. De son côté, l’Ouganda dément être « un terrain de recrutement » pour des intérêts étrangers. Le porte-parole de l’armée ougandaise a confirmé à RFI qu’il y avait eu des rapatriements volontaires, mais que l’armée ougandaise n’a pas de contrôle sur leur activité dans leur pays.

 

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