La Fondation Patrick Tinda au service des ‘‘sans dossier’’

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On ne saura dire exactement aujourd’hui combien d’hommes et de femmes peuvent dire merci à Maître Patrick Tinda, jeune avocat de son état, numéro un de la Fondation du même nom (FONDPAT), pour les avoir sortis de l’enfer du Centre pénitencier et de Rééducation de Kinshasa (CPRK), nom pudique de la prison centrale de Makala. En moins d’une année d’exercice, son palmarès explose… 400 ou 500. Des cas désespérés dont personne n’a fait cas, souvent jetés en prison sans plaignants, sans dossier, sont sortis de ce trou lugubre. Me Patrick Tinda s’est trouvé une vocation, un apostolat : parler pour les sans-voix qui se sont retrouvés dans ce sinistre enceinte blanche, privés de leur liberté sans une véritable raison de droit. Créée pour cette cause noble, dans le cadre du volet assistance judiciaire gratuite, la FONPAT a fait ses preuves en si peu de temps et se fait parler d’elle, sans moyens conséquents, si ce n’est de quelques dons (cas de clients, émerveillés par la prestation de Me Tinda, lui offre un pécule), même si la Fondation est censée fonctionner avec des legs, des cotisations ordinaires et spéciales de ses membres ou des subventions.
Avocat des causes perdues
Patrick Tinda s’est saisi de chaque cas. Lorsque cet avocat des causes perdues franchit le double seuil de la forteresse blanchie, sa présence est accompagnée de cris d’espoir. Viol, vol simple ou qualifié, homicide involontaire, escroquerie, pillage, injure publique, extorsion, coups et blessures, abus de confiance, association de malfaiteurs, avortement, enlèvement d’enfants, lésions corporels involontaires, faux et usage de faux, incendie volontaire, toutes ces préventions sont traitées avec minutie pour libérer ces malheureux présumés auteurs de forfaits qui se sont retrouvés là sans dossier et qui y séjournent sans jugement.
Presque toutes les juridictions sont concernées, du Tribunal de grande instance de la Gombe au Tribunal pour enfants de Limete, en passant par le Tribunal de paix de Kalamu, le Tribunal de Grande instance de Kalamu, le Parquet de la Gombe, le Tribunal de paix du Pont Kasa-Vubu et le Tribunal de paix de Ngaliema.

Contre la justice sur la tête du client
La justice élève une nation, dit-on. En RDC, pays poste-conflit, où les conditions sociales sont très précaires pour la majorité des citoyens, la justice serait ce rempart pour les faibles. Seulement, une multitude d’éléments montre à suffisance sa partialité, du fait de la carence de magistrats ou du fait des maux qui rongent ce corps, notamment la corruption. Les pratiques des années Mobutu ont laissé des cicatrices quasi indélébiles. Dans l’appareil judiciaire, l’évolution est également timide, avec une justice encore à la tête du client, comme l’a reconnu Flory Kabange Numbi, Procureur général de la République, en octobre 2014 dans son mot de circonstance à l’occasion de la clôture des assises de la 9ème session de l’Assemblée Générale de l’Association des Procureurs d’Afrique (APA). ‘‘Tout le monde le sait et chacun en parle, la justice congolaise est confrontée à l’heure actuelle à de nombreuses critiques acerbes dont celles relatives à la corruption, à la concussion, à la lenteur, au clientélisme, au trafic d’influence pour ne citer que celles-là. Ce qui a un impact négatif dans la bonne administration de la justice’’, a-t-il reconnu. Que ne remarque-t-on pas aujourd’hui ? Des arrestations arbitraires pour violences sexuelles machinées, des tortures sur présumés auteurs des délits, etc. La comparution de la majorité des Congolais devant les instances judiciaires sans assistance de défenseurs de leur choix comme l’exige la Constitution (art.18) explique ce nombre élevé de condamnations injustes qualifiées de justice à double vitesse, sur la tête du client.
Observant cette triste réalité, et dans le cadre de la promotion et de la protection de la vie humaine, la FONPAT justifie son action en mettant en place une structure indépendante pour lutter contre les fausses accusations et dénonciations de Kuluna ou des violences sexuelles, pratiques faisant fortune chez certaines personnes mal intentionnées. Sur terrain, la Fondation s’emploie désormais à désengorger les prisons, et par ricochet, à assurer une réinsertion sociale des détenus libérés.

Emmanuel Makila

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