La malnutrition s’invite dans les prisons de Goma

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La carence en nourriture, la surpopulation et la rançon imposée aux visiteurs sont parmi les causes majeures de la malnutrition observée dans la prison centrale de Munzenze à Goma. Solidaires, des hommes de bonne volonté et des églises locales viennent en aide aux prisonniers tentant ainsi relever le défi.
Aussitôt à la grande porte de la prison centrale de Munzenze à Goma, les visiteurs sont accueillis par une odeur nauséabonde. L’intérieur laisse entrevoir la faim et la souffrance des prisonniers qui peuplent cette maison carcérale du quartier Virunga dans la commune de Karisimbi en plein centre ville de Goma.
Dans cette pléthore, des prisonniers au teint jaunâtre et ventres bedonnants quémandent à tous ceux qui franchissent la grille d’entrée: ‘‘Je viens de totaliser 3 jours sans manger, aide moi!’’, s’adresse aux visiteurs d’une voix affaiblie, un prisonnier maigrissant et d’un visage gonflant. ‘‘C’est un signe de la malnutrition aigüe’’, nous révèle Antoine Amisi, infirmier attaché à la prison. Dans son rapport du mois dernier, celle-ci a attesté que ‘‘66 prisonniers souffrent de la malnutrition sévère et 22 autres sont les malnutris légers dans cette prison’’.
Les responsables de la prison centrale de Goma reconnaissent les efforts du Gouvernement provincial dans le ravitaillement de la prison en vivres chaque trimestre. Mais la quantité mise à la disposition des détenus demeure minime à cause de la surpopulation. ‘‘C’est difficile de nourrir tout le monde. A l’intérieur nous avons environ 1200 détenus alors que la capacité d’accueil de cette maison carcérale est de 159 prisonniers’’, éclaire Patrick Mukendi, Directeur de la prison, précisant aussi que cet encombrement est l’une des raisons des maladies chez des détenus de Munzenze.
De nombreux prisonniers mangent ainsi difficilement. Pour soulager la faim des prisonniers, des églises et quelques membres des familles viennent en aide aux détenus. ‘‘Nous venons de donner quelques sacs d’ haricots, riz, choux, pommes de terres, farine de maïs et de manioc, des habits et une quantité d’aliments cuits pouvant apaiser tant soit peu à la famine de nos frères emprisonnés ici’’, déclare pasteur Jean Bwira, de l’église adventiste du 7e jour, accompagné de ses fidèles au mois de janvier.
La rançon dénoncée
Malgré la volonté d’apporter assistance en vivres aux personnes détenues dans cette maison carcérale, les tracasseries découragent de plus en plus les personnes de bonne volonté. Plusieurs d’entre elle ne viennent plus les assister depuis quelques temps à cause de la rançon imposée aux visiteurs à cette prison. ‘‘Je rends rarement visite à mon frère parce qu’il me faut de l’argent (500 à 1000Fc équivalent à 0,5 et 1$ USD) pour y accéder 500 à 1000Fc (0,5 à 1$ US)’’, a fait savoir Patient Lobya pendant qu’il revenait d’une visite à la prison.
Face à cette situation, les activistes des Droits de l’homme de la province ne cessent de dénoncer la famine, la surpopulation et la rançon dans la prison. ‘‘L’Etat congolais doit désengorger et nourrir ses incarcéré’’, a interpellé Bienvenu Mayemba, Coordonateur du Centre international en Droits humains et le développement (CFIDH/D), une ONG de droit de l’homme basée à Goma. Selon l’article 61 de la loi portant régime pénitentiaire en RDC, les détenus ont droit à une nourriture suffisante. Ils ‘‘reçoivent une nourriture correspondant le plus possible à leur nourriture habituelle. Cette nourriture doit avoir une valeur suffisante pour maintenir le détenu en parfaite condition physique’’, souligne cette disposition.
Hawa Ngubura

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