La marche pacifique de Lucha débouche sur des arrestations

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Au moins 10 militants du mouvement pro-démocratie « Lutte pour le changement » (Lucha) ont été arrêtés à Goma, mardi 15 mars, lors de la marche organisée par cette association de la Société civile réclamant la libération de Fred Bauma et Yves Makwambala, deux activistes, arrêtés il y a une année et incarcérés à Kinshasa. La marche devait partir du Rond-point Signers jusqu’à l’avenue Kanyamuyanga où une messe devait être dite à l’église Saint-Esprit. La ‘‘détention prolongée’’ des deux hommes ‘‘est un rappel inquiétant de la volonté des autorités congolaises de faire taire la contestation pacifique’’. ‘‘Les autorités devraient immédiatement abandonner les poursuites sans fondement et libérer Bauma et Makwambala’’, souligne Human Right Watch dans un communiqué.

A en croire les activistes de la Lucha, déjà dans la matinée, un fort déploiement de policiers lourdement armés a été observé le matin au rond-point Signers où la marche silencieuse devait commencer, tel qu’annoncé la veille. La marche devrait rassembler les membres de famille, amis, collègues de Fred Bauma et Yves Makwambala, ainsi que des militants de la Lucha et autres activistes des Droits de l’Homme, à l’occasion du premier anniversaire de leur arrestation arbitraire et leur détention prolongée à Kinshasa. Fred Bauma et Yves Makwambala, environ vingt ans, sont poursuivis par la justice congolaise pour complot contre le président Joseph Kabila après avoir participé à une conférence de presse avec les mouvements citoyens sénégalais et burkinabè ‘‘Y’en a marre’’ et ‘‘Balai citoyen’’. Ils avaient été arrêtés à Kinshasa le 15 mars 2015, lors d’une rencontre sur la bonne gouvernance en Afrique organisée par Filimbi, qui se présente comme un collectif de mouvements d’éducation à la citoyenneté, non partisan et non violent. Cette rencontre avait été présentée par les autorités comme une réunion ‘‘terroriste’’, un qualificatif réfuté depuis par une commission parlementaire. Fred Bauma est un des principaux animateurs de la Lutte pour le changement (Lucha), mouvement basé à Goma (Est de la RDC). Il est également adhérant à Filimbi. Yves Makwambala, lui est webmaster et graphiste à Filimbi.
Selon les mêmes sources, les policiers ont dit avoir reçu clairement l’ordre ‘‘de la hiérarchie’’ d’empêcher ‘‘par tous les moyens’’ cette manifestation. ‘‘Ce qui nous fait redouter une nouvelle répression d’une manifestation pourtant pacifique et la légalité, pour laquelle nous avons pris le soin d’informer a l’avance les autorités, par écrit, comme le veut la constitution de notre pays’’, a indiqué un communiqué de la Lucha. Et déjà, la Lucha a émis des réserves et dénoncé ‘‘énergiquement ce comportement aussi irresponsable que criminel des autorités, qui atteste une fois encore d’un acharnement injustifié contre notre mouvement citoyen et non-violent’’. Le mouvement a décidé de ne jamais renoncer. Et la manifestation s’est tenue comme prévue. Un militant de Lucha a confié à Radio Okapi que son mouvement avait pourtant reçu ‘‘des autorisations’’ pour organiser une série d’activités, dont une messe. Et la suite est connue. Des sources locales rapportent que des militants de Lucha qui ont tenté de se rendre à l’église Saint-Esprit en ont été empêchés par des policiers qui ont procédé à des interpellations. Ainsi, une dizaine de militants ont été interpellés. Il n’y a pas eu de scènes de violence. Les militants interpellés n’ont opposé aucune résistance.

Début de grève de la faim
Fred Bauma et Yves Makwambala ont débuté lundi 14 mars au soir une grève de la faim illimitée. C’est pour eux une façon de réclamer leur remise en liberté. Depuis leur arrestation, la communauté internationale, l’ONU en tête, ne cesse de demander leur libération.
L’organisation américaine de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) a appelé mardi les autorités de la RDC à libérer ‘‘sans condition’’ les deux militants arrêtés en mars 2015 à Kinshasa lors d’une rencontre internationale. ‘‘Les autorités congolaises devraient libérer immédiatement et sans condition deux activistes qui ont été arrêtés il y a un an, écrit HRW dans un communiqué. Fred Bauma et Yves Makwambala font l’objet de fausses accusations dans le cadre d’une apparente campagne politique visant à faire taire toute voix dissidente’’. D’après Amnesty International, les deux jeunes hommes, écroués à la prison de Makala à Kinshasa, encourent la peine de mort.
Selon Jean-Claude Katende de l’ASADHO, l’arrestation et la détention illégales de Fred Bauma et Yves Makwambala constituent une injustice qui ne peut passer sous silence à ce premier anniversaire de privation de leurs droits par les services de sécurité. Nous rappelons que c’est un devoir pour tous les congolais de continuer à se battre pour la démocratie, Fred Bauma et Yves Makwambala étant nos modèles.

Rebecca Kavugho très malade
La santé de Rebecca Kavugho, militante de Lucha arrêté à Goma lors d’une manifestation, se serait ‘‘brutalement détériorée en prison depuis ce lundi’’, à en croire un communiqué de la LUCHA qui dit avoir demandé son transfert vers un centre hospitalier. Selon ses pairs, Rebecca Kavugho fut arrêtée pour la première fois le 17 mars 2015 et torturée par l’ANR lors d’une manifestation pour la libération de Fred Bauma et les autres jeunes détenus lors de l’activité de Kinshasa. Elle est détenue à la prison de Munzenze à Goma depuis le 16 février lors de la marche des chrétiens à Goma et condamnée à 6 mois de prison ferme.
Batu’a Mikuse Makambo

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