La MP confortée, l’opposition fragilisée

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Tout a commencé avec la venue de Nikki Haley, Ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU arrivée, mercredi 25 octobre 2017 dans la soirée à Kinshasa.

L’arrivée de Nikki Haley en Afrique indiquait déjà, par le choix porté sur sa personne , l’expression et le souci du président américain d’être pleinement et correctement informé des réalités du terrain, avant de décider de la suite à donner à la politique africaine au niveau de la Maison blanche.

 

En ce qui concerne la RDC, le pays de l’oncle Sam est d’avis que le peuple congolais devrait vivre, pour la première fois de son histoire, une alternance démocratique au sommet de l’Etat à l’échéance du 31 décembre 2017, le premier rendez-vous ayant été manqué en décembre 2016. Certains leaders de l’opposition et l’opinion congolaise soutenaient que Nikki Haley, à l’image d’un certain Bill Richardson en fin de règne du Maréchal Mobutu, pourrait demander aux hommes au pouvoir à Kinshasa de s’impliquer résolument dans la tenue rapide des élections au risque de compromettre leur avenir politique et social. Nikki Haley était la première à exiger de nouvelles sanctions ciblées contre les autorités congolaises. Au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, elle était aussi là, pour fustiger la position adoptée par les autres États membres qui, à la différence des USA et de certains pays européens, ont voté pour l’entrée de la RDC dans ce carré des As. Elle a effectuée un long périple sur le continent africain, pour palper du doigt les réalités. En RD Congo, une visite de trois jours, au pas de charge, qui l’aura d’abord menée à Goma, chef lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC. Ensuite, à Kitchanga, à environ 80 km au nord-ouest de la capitale provinciale, dans le camp de Mungote, l’ambassadrice américaine avait versé les larmes Face au témoignage d’une femme victime de viol, un phénomène qui revêt une ampleur dramatique dans cette région, elle n’a pas pu contenir son émotion. “Personne ne devrait vivre comme ça. Nous ne pouvons pas fermer les yeux”, a-t-elle déclaré. Revenue à Kinshasa, où elle est arrivée jeudi 26 octobre, celle qui n’a jamais ménagé le pouvoir RD congolais, comme en témoigne sa vive réaction à l’occasion de l’élection de la RDC au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, a tout d’abord échangé avec Corneille Nangaa, le président de la Ceni, puis a rencontré les évêques de la Cenco, médiateurs dans l’accord de la Saint-Sylvestre qui ont lourdement insisté sur la nécessité de mettre en œuvre rapidement trois préalables sans lesquels il ne pourra y avoir d’élections crédibles : l’impossibilité pour Joseph Kabila de se représenter, l’exécution des mesures de décrispation politique ainsi que la révision de la composition de la Ceni.

 

Lors de ces différentes entrevues, L’émissaire de Trump avait demandé aux évêques de poursuivre leur mission entamée en 2016, et ce, jusqu’à son aboutissement : l’élection présidentielle”. Nikki Haley a vu aussi certains des principaux responsables de l’opposition (Félix Tshisekedi, Pierre Lumbi, Eve Bazaïba et Vital Karmerhe). Enfin, elle s’etait entretenue, le vendredi 27 octobre 2017 avec le président Joseph Kabila. À en croire des sources, Un entretien d’une durée de quatre-vingt-dix minutes, dont peu de choses ont filtré. Selon les memes sources, On sait toutefois que la situation politique, le processus électoral, la situation sécuritaire et le redimensionnement de la Monusco comme souhaitait à l’Assemblée générale de l’ONU,ont occupé l’essentiel des entretiens.

 

Quelques jours plus tard juste après son. Départ, non sans avoir exigé l’organisation des. Élections en RDC avant 2018, La Commission électorale nationale indépendante a procédé à la publication du calendrier électoral le 05 novembre 2017 prévoyant les élections en décembre 2018 et l’investiture en janvier 2019.comme pour. Répondre à cette menace, à peine voilée des USA. Si cette publication a fait grincer les dents ici à l’intérieur. Du pays , il n’en pas le cas à l’extérieur. Des réactions fusent de partout, Les États-Unis saluent l’annonce des élections prochaines par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en République démocratique du Congo (RDC. ” Avec l’annonce de la date du 23 décembre 2018 pour la tenue de la présidentielle, la RDC a fait un pas important vers la réalisation de son premier transfert pacifique et démocratique du pouvoir” indiquait le communiqué.

 

Les USA rappellent à toutes les parties prenantes de travailler pour le respect des échéances électorales contenues dans le calendrier publié. ” Il incombe maintenant à la CENI, au gouvernement, aux dirigeants des partis d’opposition, aux organisations de la société civile et au peuple congolais de travailler ensemble pour que les échéances électorales publiées par la CENI soient respectées et que toutes les actions et déclarations restent dans cadre de la constitution de la RDC et de l’accord de Saint-Sylvestre de décembre 2016″ poursuit le document. La première puissance mondiale demande au président Joseph Kabila de respecter la constitution qui lui interdit de briguer un troisième mandat. De son côté, l’Union africaine (UA) promet un soutien au processus et en appelle à la responsabilité des acteurs congolais de respecter scrupuleusement ce calendrier. ” Le président de la Commission de l’UA souligne le devoir et l’obligation qui incombent aux institutions et acteurs concernés, y compris les partis politiques, la société civile et les dirigeants religieux, d’œuvrer résolument ensemble pour que ce nouveau calendrier soit scrupuleusement respecté” lit-on dans un communiqué de l’UA.

 

Moussa Faki, Président de la commission de l’Union africaine, émet le vœu de voir les élections se tenir dans les conditions requises et conforment aux instruments de l’UA, comme les américain. ,il précise et émet souhait ; ” Il souligne également la nécessité de tout faire pour que les scrutins prévus soient organisés dans les conditions requises de transparence, de crédibilité et de régularité, conformément aux instruments pertinents de l’Union africaine, y compris la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance” indique ce même communiqué. La communauté internationale, dans son ensemble appelle à la restauration des mesures de confiance entre les acteurs et à la décrispation de l’atmosphère politique conformément à l’Accord politique de la Saint Sylvestre. De l’autre coté, en lisant les réactions des principaux leaders de l’opposition à l’issue de la visite de Nikki Haley, c’est la déception qui semblait dominer. Aucune critique directe, certes, mais un appel au peuple à se prendre en main. ” Si d’ici le 31 décembre 2017, nous n’avons pas de signaux clairs comme quoi nous allons aux élections, eh bien, nous irons aux élections sans le président Kabila” avait averti sur Radio Okapi Pierre Lumbi, le président du Conseil des sages du Rassemblement. Sur son compte Twitter, Sindika Dokolo, l’initiateur du mouvement citoyen Les Congolais Debout a tenu à galvaniser la jeunesse congolaise, au lendemain de la visite de Nikki Haley et de la publication du calendrier électoral par la Ceni.

 

“Les Congolais Debout [nom donné à son mouvement] ne reconnaissent plus Kabila et confirment l’art 64.1. Nous nous battrons et résisterons jusqu’à la libération de la RDC” En clair, aidons-nous nous-mêmes. Un message sur lequel Olivier Kamitatu Président de l’ARC et porte-parole de Moïse Katumbi l’opposant numéro un à Joseph Kabila dont la réaction est très attendue, lui qui cultive des relations étroites avec Washington a rebondi en ces termes : ” Il faudrait que nous soyons tous sots pour croire qu’après avoir tant usé de ruse et de violence Kabila décide de partir de son plein gré ! » Sur Twitter, toujours, Claudel André Lubaya, député national et président de l’Udao, s’est voulu plus explicite encore : “Seule une transition citoyenne sans Joseph Kabila serait acceptable. Le peuple n’est pas prêt pour un schéma qui le maintienne même pour un jour après le 31 décembre 2017” Si la critique reste voilée et le ton feutré du côté des responsables de l’opposition, le propos est plus direct du côté de leurs partisans : « C’est à ce peuple congolais, qui souffre déjà beaucoup, que l’Amérique de Trump voudrait ajouter une année de transition illégale, illégitime et criminelle ? » s’indigne sur les réseaux sociaux un militant se réclamant de l’Udps. Même son de cloche du côté des mouvements citoyens. La Lucha, qui avait publié le jour de l’arrivée de Nikki Haley à Kinshasa une lettre ouverte, intitulée “Kabila, le chaos en RDC, et le rôle des États-Unis” a vivement réagi sur Twitter après le départ du Congo de l’ambassadrice américaine : “Élections en 2016, 2017, et maintenant 2018 ? Quoi que les autres pensent, aussi puissants soient-ils, c’est au peuple que revient le dernier mot ! Notre peuple doit s’assumer, sous peine que les étrangers continuent à gérer sa destinée à leur manière et suivant leurs intérêts à eux”. Si les réactions sont mitigées du côté de l’opposition, c’est parce que, d’une part, la date butoir du 31 décembre 2017 pour l’organisation des élections n’a pas été évoquée et que, d’autre part, l’hypothèse d’une transition sans Joseph Kabila n’a pas été mentionnée par les États-Unis. Partant de la dernière sortie médiatique du “Monsieur” Afrique de Donald Trump qui le qualifiait d’inconstitutionnelle.

Face à cette situation, le rapport de force semble être donc encore favorable au président Joseph Kabila. À défaut d’être populaire et de pouvoir compter sur une armée 100% fiable, il peut s’appuyer sur les autres organes sécuritaires de l’État comme la garde présidentielle et les renseignements ainsi que son entourage proche. L’Opposition politique congolaise parviendra-t-elle à s’unir, en mettant leurs égos de côté pour mobiliser la population congolaise afin de changer le rapport de force sur terrain pour déloger Joseph Kabila du Palais de la nation et parvenir à une transition sans lui ? Le Premier test est déjà pour demain mercredi 15 novembre 2017.

Wait and see.

Muamba Clément

 

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