La police technique et scientifique pour éclairer la justice en RDC

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Depuis 2009, la police de la RDC dispose d’un service spécial appelé Police Technique Scientifique. Ce service mène des enquêtes approfondies afin de dénicher des preuves, parfois invisibles à l’œil nu, sur le lieu du crime. Son apport est majeur dans la contribution à la découverte de la vérité dans des procès.
Kinshasa, février 2014, le Tribunal Militaire de Garnison de Gombe condamne un sujet norvégien à la prison à vie pour meurtre de son compatriote avec qui il était détenu. La victime avait été retrouvée morte par pendaison dans la cellule partagée avec l’accusé, tous deux anciens militaires norvégiens, à la prison de Ndolo. Pour réunir toutes les preuves dans cette affaire, le Tribunal Militaire, a eu recours à l’expertise de la Police Technique Scientifique, afin de déterminer s’il s’agit d’un meurtre ou d’un simple suicide. « Nous avons réuni des éléments probants prouvant qu’il s’agissait d’une pendaison criminelle et non d’un suicide. Les résultats de nos enquêtes ont prouvé que ce citoyen norvégien a bel et bien assassiné son codétenu. Le tribunal l’a ensuite condamné pour ça », a affirmé le capitaine Kelly Tshimbalanga, Secrétaire général de la Police technique et scientifique. Les deux sujets norvégiens étaient pourtant condamnés ensemble à mort, en 2013, pour le meurtre de leur chauffeur, congolais, par la Cour militaire de la Province Orientale.
« Il y a beaucoup de cas dans lesquels nous sommes intervenus pour notre expertise », ajoute le capitaine Tshimbalanga. Selon lui, l’apport de la Police Technique et Scientifique (PTS) dans la manifestation de la vérité est indéniable. « Sa mission est de rechercher la vérité pour éclairer la justice, se saisir des vestiges souvent invisibles laissés par le criminel pour les analyser au laboratoire », ajoute-t-il.
La Police Technique Scientifique est l’une des branches de la Police nationale congolaise qui opère, depuis 2009, sur l’ensemble du territoire de la République Démocratique du Congo. Au niveau de chaque province, ce service est présent dans les villes et territoires pour enquêter sur des crimes et en identifier les auteurs.
Tout pour la manifestation de la vérité
Selon l’article 22 du décret N°13/017 du 06 juin 2013 déterminant l’organisation et le fonctionnement du Commissariat Général de la Police Nationale Congolaise (PNC), « La Direction de police technique et scientifique a pour mission d’exécuter les expertises en police technique et scientifique sur les sites des scènes de crimes et, le cas échéant, de catastrophes nécessitant une expertise spécialisée ».
Pour le capitaine Tshimbalanga, la capacité d’intervention de la police scientifique est réelle. « La Police Technique Scientifique intervient dans au moins 90 % des cas où son expertise est requise. Nous intervenons là où notre expertise est sollicitée », a-t-il fait savoir.
Ainsi, des indices sur le lieu du crime sont généralement repérés par son expertise. « C’est-à-dire que sur base du travail sur les lieux du crime, on identifie les traces, indices, empreintes. On recourt avant tout aux traces visibles à l’œil nu ou aux traces colorées pour terminer par celles latentes ou invisibles », explique le capitaine Freddy Futila Muaku, secrétaire général du département des saintes doctrines de la Police technique et scientifique.
Dans des dossiers où l’arme à feu est utilisée pour la commission du crime, la police scientifique congolaise enquête aussi pour identifier les preuves. C’est le bureau Balistique qui s’en charge. « Nous disposons d’outils qui nous permettent d’identifier et comparer la trajectoire d’une balle. Nous pouvons ainsi identifier à quelle distance était le tireur lors du crime », indique le commissaire Prosper Zola, agent à la Direction Générale de la Police Technique Scientifique.
« L’équipe recourt aussi aux différents matériels appropriés pour repérer tout ce qui est faux : vérifier l’authenticité des documents fiduciaires et administratifs tels que les passeports, permis de conduire, carte d’identité et autres. Nous essayons également de récupérer les écrits effacés sur des documents », précise pour sa part François Nkuna, commissaire principal à la section faux documents à la direction générale de la police scientifique et technique à Kinshasa.
Un département important mais moins outillé
Pour Me Natacha Munlemvo, avocate au barreau de Kinshasa /Matete, le travail de la police technique et scientifique est d’une importance capitale. « Elle aide à découvrir la vérité, surtout pour nous qui sommes de la justice », remarque-t-elle.
L’apport de la police scientifique est important dans la manifestation de la vérité, reconnaissent les agents et auxiliaires de la justice en RDC. Mais malheureusement, il reste confronté aux nombreux défis pour sa meilleure implantation sur le terrain. « Entre autre les réactifs des laboratoires qu’on ne trouve pas en RDC, et qui sont fabriqués en France. Et aussi le problème des véhicules », a déclaré le capitaine Tshimbalanga. La méconnaissance par la population du rôle et des activités de la police scientifique fait aussi partie des défis. « Je recommanderais qu’il y ait des séances de formation et de sensibilisation pour une implication globale de tous dans son accompagnement », souligne Me Natacha Munlemvo.
Mais malgré tout cela, l’expertise de la police scientifique demeure incontournable pour la manifestation de la vérité dans de nombreux dossiers criminels en République Démocratique du Congo. Opérationnelle depuis 2009 en RDC, la Police Technique et Scientifique a déjà formé 55 éléments dans le domaine de l’identification des criminels. En outre, depuis sa création, 2250 cas ont été traités à Kinshasa et dans les provinces.
Lucie Ngusi

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