La précarité de vie des enseignants du secteur privé observé à Kinshasa

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La situation dans laquelle travaillent les enseignants des écoles privées à Kinshasa laisse à désirer. Jeunes pour la plupart, ces hommes de la craie sont butés à des difficultés dans l’exercice de leur profession parmi lesquelles, la mauvaise rémunération et l’irrégularité dans la paie. Ce phénomène caractérise la majorité des écoles privées de Kinshasa. Avec un salaire mensuel qui varie entre 30 000 et 40 000 francs congolais, les enseignants de ces écoles sont obligés d’enseigner dans plusieurs promotions à la fois. Une mesure prise par le promoteur en vue de minimiser les coûts de dépense pour l’école.

Un dégout du métier
Ces multiples difficultés dans ce secteur poussent beaucoup d’enseignants à avoir un mépris pour leur métier. Les plus fragiles n’hésitent pas à démissionner pour embrasser d’autres filières de la vie. C’est le cas d’Abraham Mbikayi qui a travaillé pendant trois années pour le Complexe Scolaire Maman Nzeba de Mbanza-Lemba. Il déclare que sa démission avait pour cause principale, les mauvaises conditions de travail. ‘‘Je n’obtenais mon salaire qu’après un échange de paroles avec les responsables’’, a-t-il conclu.
Tis Tshisese, enseignant de la même école a aussi, pour la même raison, claqué la porte. Etudiant de l’université, il a avoué s’être lancé dans l’enseignement pour subvenir à ses besoins. Malheureusement, il a été contraint de combiner l’enseignement et autres activités pour y arriver. ‘‘On ne gagne rien dans l’enseignement en RDC et pourtant c’est un métier qui a pour mission de former des cadres’’, s’est-il plaint.

Conflits et poursuites judiciaires
Certaines démissions s’accompagnent des poursuites judiciaires pour obliger les promoteurs des écoles concernées à payer les arriérés de leurs employés démissionnaires. Alain Kilolo, enseignant au Complexe Scolaire Plamedil de Livulu a fini par traduire son patron en justice. Ce dernier lui avait juré qu’il ne payera jamais ses arriérés qui se lèvent à environs 600 000 Francs Congolais. C’est grâce à l’intervention de l’inspection générale du travail et à la plainte qu’il a déposée au parquet de grande instance de Matete que son patron a été contraint de lui payer ses arriérés.
Rousseau Zimambu, Directeur d’une école primaire pense que les écoles privées ont toujours eu la volonté de mettre leurs enseignants dans des bonnes conditions de travail, mais ce sont les moyens qui leur font défaut. L’insolvabilité des parents constitue un handicap majeur pour les écoles. Les responsables des écoles estiment que la décision du gouvernement interdisant les recouvrements dans les écoles a rendu les parents plus insolvables et a plongé davantage les écoles privées dans la médiocrité.
Face à cette situation, les élèvent demeurent les grands perdants. Ils en paient le plus grand prix. Le taux d’absentéisme des enseignants devient très élevé, compromettant ainsi le bon fonctionnement des écoles, donc la formation des élèves. Ces derniers reconnaissent que quand plusieurs de leurs enseignants s’absentent et que certains démissionnent, l’école perd son sens. Ils peuvent passer toute une journée à l’école sans pourtant étudier.

Une négligence de la part des pouvoirs publics
L’enseignement est un des facteurs clés du développement d’une nation. Ainsi les pouvoirs publics doivent veiller au bon fonctionnement des écoles tant publiques que privées afin de permettre aux élèves de bénéficier d’une bonne formation. Il faut que l’amélioration des conditions des enseignants aussi bien du secteur public que du secteur privé fasse partie des préoccupations des autorités du pays, car la formation des élèves y est conditionnée.
Maitre Arsène Otshunga laisse entendre que les droits des enseignants sont bafoués. Les pouvoirs publics ont failli dans leur mission et ils ont ignoré l’alinéa II de l’article 36 de la constitution du pays obligeant l’Etat à garantir le droit au travail, la protection contre le chômage et une rémunération équitable et satisfaisante. De même que l’article 23 de la déclaration universelle des droits de l’homme selon lequel toute personne a droit à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
Deo Gracias Bokumugala

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