Le comité central en marche

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Qui veut aller loin ménage sa monture ! Joseph KABILA le sait. Son entourage le sait. Seuls ses adversaires politiques ne s’imaginent pas encore qu’il en arriverait là, convaincus que les règles du jeu seront respectées. Les mêmes règles du jeu fomentées par lui-même et qui sont sensées soit mettre fin à son mandat soit le maintenir au pouvoir. Les stratégies politiques bousculent les choses et pour mieux communiquer, son laboratoire politique cogite sur mille et une façons de garder le cap et de ratisser large. Qui est celui qui peut de manière expresse scier la branche sur laquelle il est assis ? La face cachée de l’iceberg commence à livrer ses secrets. Les fous du roi se manifestent et chacun avec sa carte à jouer, pourvu que le chef soit content de ce que l’on fait ci et là pour l’aider à garder la tête hors de l’eau.

Ce qui hier n’était que soupçon et faisant foi au bénéfice du doute ne l’est plus aujourd’hui. Kabila voudrait briguer un troisième mandat. Tryphon Kin-Kiey-Mulumba s’est jeté à l’eau pour le signifier à sa manière. Et, il l’a dit ouvertement depuis Masimanimba, son fief électoral de Kwilu dans la province de Bandundu. Premier terrain de son périple de campagne à la faveur du Chef. Il estime donc qu’il faut donner à KABILA la chance d’être réélu au suffrage indirect, c’est-à-dire depuis le parlement, considérant que le pays n’a pas d’argent pour organiser tous les scrutins ! Et voilà… C’est lancé ! Tout est dit ! Il s’agit d’un véritable défi que Joseph Kabila lance à ses adversaires politiques par le biais de ses stratèges, tous faisant partie de ce que l’on peut appeler aujourd’hui comme son « Comité central ». On le fait déjà passer pour un guide éclairé qui n’a point encore de successeur et donc sans lequel le pays ira tout droit vers sa ruine : « La RDC n’a pas de stock d’intelligence de la trempe de Kabila… » ? Tryphon Kin-Kiey n’y est pas allé comme un débutant. Comme autrefois, et c’est là qu’ils voudraient à tout prix répéter l’histoire, les Kabilistes commencent à agir comme Mobutu avec son légendaire comité central. Une boîte obscure qui réfléchissait et entérinait tout ce qui devrait le rendre comme un inégalable chapiteau devant rester au dessus de la mêlée.

L’on n’a pas eu tort. En tout cas, nous n’avons pas eu tort lorsque dans la livraison de l’édition passée nous titrions à l’avantage de la majorité présidentielle ceci : « Kengo et Minaku pour sauver KABILA ».Beaucoup ont rigolé oubliant que cette boîte à pandore était déjà ouverte. La Majorité présidentielle ne peut plus reculer ou mieux ne veut plus reculer. Il n’y a plus de honte. La Constitution, on le sait, ne l’autorise pas. Mais qu’importe ! On trouve là un prétexte bien ficelé et plausible : les finances manquent à l’organisation de tous les scrutins. Celui qui veut plus pour le pays devrait donc proposer de l’argent au pays. Sinon, tout ce qu’il dirait ne serait que tourment…

Comité central ?
Mais oui ! Oh oui ! Qui ne sait pas que les têtes pensantes de l’ancien comité central de Mobutu sont presque tous aujourd’hui au sénat, la chambre haute du parlement congolais, la même citée comme un dossier d’arriéré électoral parce qu’en place depuis 2006. Tout se passe comme si les membres de cette chambre ont été exemptés de toute pression. Ils sont là tranquilles. Et, si cette astuce maison de manque de finances pour organiser tous les scrutins tient la route, les sénateurs congolais vont devoir rester encore là sans inquiétude aucune, sinon celle de participer à cette réélection au suffrage indirect de KABILA. Ils ont tout à gagner dans tous les cas. Pas de perte d’argent dans une quelconque campagne, pas de stress dû à une course quelconque où la crainte d’être évincé demeure… Il y a comme une sorte de pacte où tout le monde serait gagnant, pourvu que l’on continue à avoir une imagination féconde à même de produire chaque fois des scenarii qui mettraient tout le monde à l’abri d’une quelconque menace.

Pourquoi faut-il descendre si bas ? C’est de bonne guerre… Et puisque cela est ainsi, l’on s’empresse à éliminer ou à noyer tout celui qui voudrait barrer la route au joker de la majorité présidentielle. C’est effectivement dans le cadre de ces différentes stratégies du comité central de KABILA qu’il faut mettre l’épineuse affaire de plainte contre les quatre gouverneurs de province cités et beaucoup d’autres personnes encore parmi lesquelles des anciens hauts fonctionnaires. Cette plainte pour corruption, détournement ou fraude, a été déposée par le chef de l’État Joseph Kabila et aussitôt consultée par l’AFP (Agence France Presse) mercredi 24 juin dernier. Ce document d’une vingtaine de pages adressé la veille, c’est-à-dire mardi 23 juin, au procureur général de la république visait donc nommément : Moïse Katumbi (Katanga), Alphonse Ngoy Kasanji (Kasaï-Oriental), Alex Kande (Kasaï-Occidental) et Marcellin Cisambo (Sud-Kivu).

Dans le détail, l’AFP avait précisé que cette plainte a été adressée au nom de M. Kabila par son conseiller spécial en charge de la lutte contre la corruption, le blanchiment et le terrorisme, et qu’elle dénonce des faits de « corruption », « fraudes » et « détournements », tout en sollicitant du procureur général de la République d’enquêter particulièrement sur des allégations de fraude douanière à l’encontre de Moïse KATUMBI, ainsi que de corruption pour les trois autres gouverneurs. Le même document incrimine Beya Siku, précédent directeur de cabinet de Kabila, pour avoir empoché des pots-de-vin. Et puisque il fallait donner au procureur de la république non seulement de la matière mais aussi des prétextes plausibles, l’on a été jusqu’à remonter le temps pour spécifier la révocation ayant frappé le chef de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) du Katanga en janvier dernier. Celui-ci était accusé par le gouvernement d’organiser la fraude à la frontière sur la presque totalité de la production minière du pays, et donc indirectement cela voudrait dire que cette accusation touchait le numéro Un de la province qui ni plus ni moins fermait les yeux à cette sorte de festival où tout le monde participait à commencer par lui-même. Une autre matière à la portée du procureur de la république remonte du mois de mai dernier, œuvre d’une commission d’enquête de la chambre basse du parlement, et celle-là décrie le coût exorbitant du raccordement par la fibre optique de Moanda à Kinshasa ainsi que les conditions d’attribution de ce marché par le cabinet du chef de l’Etat.

Ce qui étonne dans cette affaire nébuleuse, c’est cette campagne de communication orchestrée autour, dans l’objectif beaucoup plus de jeter un pavé dans la marre que d’informer. On a l’impression, à suivre des démentis et des rectifications qui ont suivi dans ce dossier que les véritables intentions sont de verser l’océan dans un seau d’eau ou encore de chercher à contenir de la fumée dans une bouteille. Certains observateurs qui soupçonnent de l’entorse dans cette façon de communiquer sont loin de se douter que cette façon de faire relève tout simplement d’une véritable stratégie de communication politique. Stratégie appréhendée par des fins stratèges et qui consiste à entourer ces informations des contours confus et sans ambages, à même de tuer l’information et sa substance. Dans l’entre-temps, dans cette confusion qui ressemble à la samba, le principal bénéficiaire se la coulerait douce, les yeux sans nul doute plongés et rivés dans les trémoussements de hanches de cette horrible samba politique que tout le monde danserait dans SON comité central.

On n’en dirait pas mieux. L’on a l’impression de rêver et ce rêve est tellement accrochant que l’on pourrait avoir tendance à ne point ouvrir l’œil, de peur de se rendre compte de la pire évidence. L’évidence c’est qu’il ne s’agit que de ces irrésistibles rêves dans lesquels l’on se sent marcher sur l’eau en traversant la mer rouge ou de voler au dessus de la grande forêt d’Amazonie avec des ailes de rapace. La suite ne sera point un conte de fée. On est au Congo. Nous parlons de la RD Congo. Tant que l’on vît, des miracles sont permis. Et des miracles ou mieux de l’imagination féconde, on en trouve dans ces laboratoires politiques qui ne tarissent point en stratégie. La machine est en marche.

Mukar et Eben Ezer

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