Le ‘‘Supu na tolo’’ de Goma fait rage dans le Nord-Kivu

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Malgré l’interdiction de vendre et de consommer des boissons fortement alcoolisées appelées couramment ‘‘Sapilo’’, ces dernières continuent à bien se vendre en plein air à Goma. Dans des boutiques et débits de boissons, elles se vendent sous l’œil impuissant de l’autorité. Ce qui inquiète les habitants du milieu.

Un jeune du quartier Karoyi dans la commune de Karisimbi est décédé d’une overdose il y a quelques semaines. ‘‘Le médecin nous a dit qu’il a consommé avec excès une boisson fortement alcoolisée et son organisme a cédé’’, a raconté son père, Moïse Lwaruka. Les décès dus à la consommation abusive des boissons au fort taux d’alcool sont de plus en plus nombreux ces derniers mois dans les quartiers populaires de Goma. ‘‘Nous enregistrons au moins un cas de décès ou d’overdose chaque semaine suite à la consommation abusive de ces boissons’’, a expliqué Alexis Mukambi, infirmier à l’hôpital général provincial du Nord Kivu.

Dans la ville de Goma, plusieurs boutiques et kiosques inondent des ‘‘Sapilo’’, ces boissons fortement alcoolisées qui se vendent à vil prix. Avec des surnoms différents, Simba Waragi, Furaha, Kanyanga, Zap vadca, etc, ces produits dangereux pour la consommation s’achètent comme des arachides.

Pourtant, il y a quelques années, suite au danger qu’elles représentent, la mairie de Goma avait interdit leur vente et consommation dans la ville. Le gouvernement national a même interdit la fabrication et la commercialisation de ces boissons. Mais, sur le terrain, leur vente et consommation demeurent permanentes.

Dangereuse, pourtant populaire

Quoique dangereuses, les boissons fortement alcoolisées restent populaires dans la ville. D’après les consommateurs contactés à ce sujet, cette boisson est non seulement moins couteuse sur le marché, mais aussi enivre vite. ‘‘Le prix d’une bouteille de Sapilo varie entre 300 fc (0,33$ US). Alors qu’une bouteille de bière s’achète à partir de 1000 Fc (1,1$ US)’’, a raconté Alfred Bema, habitant de Birere. ‘‘Une bouteille de Sapilo de 30 centilitres avec 42% d’alcool vaut autant des bouteilles de Primus (une des bières locales) de 72 centilitres qui n’a que 5% d’alcool’’, a expliqué Ombeni Christian, habitant le quartier Mabanga Sud dans la commune de Karisimbi.

Pour les vendeurs, les boissons fortement alcoolisées constituent pour eux un moyen de survie pour leurs familles. ‘‘Mon mari est sans emploi et c’est grâce à mon travail que je nourris ma famille et scolarise mes cinq enfants’’, a répondu à un client, Charlie, vendeuse de ‘‘Sapilo’’ à l’espace TMK, dans le quartier Mabanga Sud, commune de Karisimbi.

.Les efforts de la traque restent vains

La boisson ‘‘Sapilo’’ est frappée d’interdiction de vente à l’instar d’autres drogues.
Selon Gilly Bakpabua, sous-lieutenant et commandant adjoint du sous commissariat urbain de Goma, des actions sont en cours en vue d’éradiquer la vente de ces produits dangereux. ‘‘Nous organisons parfois des décentes pour fermer les endroits où se vendent ces boissons fortes. Mais le fait est que la consommation d’alcool à Goma monte toujours en puissance’’, a fait savoir cet officier.
‘‘Le 12 mars dernier, nous avons arrêté un jeune, la trentaine qui venait de violer une mineure après qu’ils aient pris ensemble Furaha (Sapilo très puissant). Et récemment dans le quartier Mapendo, Kambale, un militaire des FARDC a été acheminé à la prison centrale de Munzenze pour avoir fusillé un jeune de 25ans qui en est mort immédiatement’’, a-t-il affirmé.

Les efforts déployés par la police pour mettre fin à cette pratique restent cependant minimes. ‘‘Le vrai problème ne devrait pas être de saisir les boissons dans les boutiques, mais plutôt d’arrêter carrément l’importation et la fabrication locale de cette boisson’’, a proposé Patrick Mbala.
A la police, on en est conscient. Les démarches ont été entamées dans ce sens. ‘‘Nous informons souvent la hiérarchie pour que nous puissions ensemble proposer une solution durable pour que soit stoppé la production et la vente de cette boisson dangereuse. Dès que nous avons la réponse, les usines locales qui les fabriquent vont être fermées’’, a rassuré un policier qui s’est exprimé sous l’anonymat.
Muyar/Jean-Claude Bubaya

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