Les chômages des jeunes diplômés, un défit majeur pour l’Etat congolais

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A Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo (RDC), l’emploi des jeunes est un défi majeur. Ils sont des milliers des jeunes diplômés qui sortent des universités congolaises et se déversent sans succès sur le marché de l’emploi. A cause d’un nombre réduit des sociétés et entreprises, trouver un emploi après avoir obtenu son diplôme est devenu un calvaire. Selon les sources de la primature, la RDC est passée en l’espace de moins de 5 ans de 60 à 40% des chômeurs en 2013.
Face à cette situation, un des jeunes diplômés Kinois sans emploi a décidé de se lancer dans la débrouillardise. Jeremy Mukeba, diplômé en Sciences politiques et administratives depuis 2005 est devenu tenancier d’une cabine téléphonique en plein centre ville de Kinshasa. ‘‘Une année après avoir obtenu mon diplôme, j’ai fait le tour des entreprises de la ville de Kinshasa où j’ai déposé mon dossier. Malheureusement, on ne m’a jamais rappelé’’, a-t-il indiqué avant de préciser que grâce à la cabine, il peut nouer les deux bouts de mois. A quelques mètres de là, une diplômée en Sciences de l’Information et de la Communication est devenue vendeuse dans un magasin appartenant à un sujet chinois dans la commune de Kalamu. Agée d’une trentaine d’années, Nadège Ilelo a cherché du travail pendant plus de 7 ans sans succès. ‘‘Je n’en peux plus et je ne veux plus me mettre à la recherche de l’emploi, car j’ai beaucoup souffert’’, raconte-t-elle sans espoirs. Des jeunes sans emplois, on en trouve dans presque chaque parcelle de Kinshasa. Une situation qui a poussé beaucoup d’autres à ne pas poursuivre les études jusqu’à l’université. Découragés à cause du chômage qui frappe l’ensemble du pays depuis des décennies, beaucoup ne trouve plus l’importance des études en RDC. ‘‘Chaque fois que je vois mes frères souffrir dans des auditoires, je ressens de la peine pour eux. Car, après autant d’années passées sur le banc de l’école, ils finiront comme nous le long des routes entrain de faire la monnaie sous un soleil accablant’’, a expliqué Emmanuel Saïdi, gradué devenu cambiste.

 

Le désespoir des jeunes

La plupart des jeunes diplômés rencontrant ces difficultés pour se faire embaucher désespèrent et abandonnent la course de la recherche de l’emploi. Une étude menée par l’O.I.T sur l’emploi des jeunes révèlent qu’en 2012, près de 75 millions de jeunes diplômés dans le monde sont sans emploi, 4 millions de plus qu’en 2007 et, plus de 6 millions d’entre eux ont renoncé à rechercher un emploi. Plus de 200 millions de jeunes gens travaillent, mais gagnent moins de 2 dollars américains par jour.

 

L’expérience professionnelle avant tout

Depuis une dizaine d’années, les entreprises ont pris l’option de recruter uniquement les agents qui ont une expérience de travail allant au-delà de 5 ans. Une réalité qui constitue un obstacle majeur pour les nouveaux diplômés. Pour les employeurs congolais, cette politique vise à embaucher les meilleurs agents prêts à rendre service à l’entreprise. Ainsi, cela permet aussi de minimiser le cout des dépenses dans l’entreprise. ‘‘Comment voulez-vous que j’aie de l’expérience dans la profession aussi longtemps que je viens d’obtenir mon diplôme’’, s’est interrogé John Ileko, diplômé des Sciences sociales.
Pour Simon Ntambwe, responsable d’une agence de frets et courriers à Kinshasa qui emploie plus des jeunes, la RDC devrait revoir sa politique dans ce domaine pour permettre à ceux-ci de se retrouver. L’Etat doit réactualiser le programme de formation et d’acquisition des compétences de manière à ce qu’il soit compatible avec les exigences des stratégies de développement national et du marché du travail. Dans ce contexte, le pays va promouvoir les méthodes d’apprentissage ou modalités d’acquisition d’expérience professionnelle.
Selon la Banque mondiale, la R.D.C devrait créer 2 à 4 millions d’emplois chaque année pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail et réduire la pauvreté et le taux de chômage de jeunes. ‘‘Malheureusement, ces chiffres sont loin d’être accomplis’’, a soutenu un cadre du ministère de l’Emploi.

Les acteurs s’engagent positivement.

A l’Office National de l’Emploi (ONEM), on indique que sur près de 250.000 jeunes demandeurs d’emploi pour la ville de Kinshasa enregistrés par cette structure nationale, seuls 23. 380 jeunes ont été engagés dans différentes entreprises.
La jeunesse est vouée naturellement au remplacement des anciens. D’où, il est obligatoire d’encadrer la jeunesse sur tous les plans en vue d’espérer à une vie meilleure à l’avenir. En dépit des difficultés financières que connaisse cette structure de l’Etat, ses responsables affirment que l’ONEM a plusieurs programmes visant à soutenir la jeunesse en ce qui concerne l’emploi.
‘‘Toute personne a droit à une protection contre le chômage’’, peut-on lire à l’article 23 de la déclaration universelle des droits de l’homme. Une disposition renforcée par la Constitution de la RDC en son article 36 qui stipule que le travail est un droit et un devoir sacré pour chaque Congolais. ‘‘Le chômage et le sous-emploi persistant des jeunes menacent le tissu social d’un peuple’’, estime le juriste George Matata, avant d’ajouter qu’il convient de diversifier les secteurs qui créent de l’emploi pour ainsi redonner de l’espoir à des milliers des jeunes.
Gina Mujinga

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