Les détenus du CPRK déplorent leurs conditions de vie

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Les prisonniers détenus au Centre Pénitentiaire de Rééducation de Kinshasa (CPRK), ex prison de Makala vivent dans une précarité criante. Ils ont déploré leurs conditions de vie jeudi 14 mai lors d’une visite de l’équipe rédactionnelle du journal L’Objectif.
Dans ce cadre de rééducation, on est frappé par le nombre des détenus qui visiblement déborde la capacité d’accueil. Construit pour recevoir 1500 prisonniers, le CPRK compte actuellement plus de 5000 détenus parmi lesquels plus d’une centaine des femmes et d’enfants. Répartis dans des pavillons différents, ces incarcérés se nourrissent dans des conditions déplorables. Quelques uns d’entre-eux ont affirmé avoir été soumis à un régime alimentaire inapproprié. A Makala, les prisonniers se contentent du riz blanc pour atténuer la faim. A la cuisine où est préparé le repas pour prisonniers, il existe quelques fûts coupés en deux qui servent des marmites. Placés sur du feu des bois, ces fûts contiennent de l’eau, du sel mélangés au riz blanc. Devant ces marmites, des hommes désignés parmi les prisonniers assurent la cuisson. Sans tenir compte des conditions hygiéniques, ces hommes habillés en blousons des prisonniers usés et colorés par la fumée, essuient la sueur à main libre avec le risque de laisser quelques goûtes dans la marmite. ‘‘Nous mangeons seulement pour remplir l’estomac’’, a expliqué d’un air triste un détenu.

Selon un détenu membre du comité directeur des prisonnier en prison, ce riz sans ingrédients vient remplacer le ‘‘Vungule’’. Utilisé autre fois, le ‘‘Vungule’’ était la nourriture principale des prisonniers. Depuis l’avènement de l’actuel directeur de la prison Kabita, le riz blanc a remplacé ‘‘Vungule’’.

Selon un autre membre du comité directeur, il existe une tarification pour occuper une cellule. Le prix des cellules varie selon les moyens de chacun. On retrouve des chambres à 100 USD, 80 USD, 70 USD, 50 USD, 30 USD, 20 USD et 1000 Franc Congolais. Les chambres taxées entre 100 et 50 USD sont occupées par des prisonniers politiques et autres cadres de la société.

Le reste des chambres sont à usage collectif où sont placées plus de 30 personnes.
‘‘Il est difficile de savoir combien de détenus sommes-nous. Le surpeuplement est réel ici. Pendant qu’il y a environ cinq prisonniers libérés par semaine, on enregistre en même temps une centaine qui font leur entrée’’, a affirmé Junior Bope, pensionnaire de Makala depuis l’an 2010.

De soins médicaux au CPRK

Au CPRK, il est difficile de prendre en charge les malades. Le centre de santé installé dans l’enceinte de la prison n’est pas équipé pour répondre favorablement aux besoins des malades. ‘‘On ne reçoit pas des soins appropriés et plusieurs prisonniers ont perdu leur vie dans ces conditions’’, a témoigné une prisonnière.

De la sécurité au CPRK

Dans ce centre pénitentiaire, les prisonniers s’organisent entre eux. Les entrées et sorties des visiteurs sont assurées par les prisonniers eux-mêmes.
Comme dans une armée, il y a des prisonniers désignés généraux, capitaines, colonels. La vie dans les cellules se passe selon les humeurs de cette catégorie des prisonniers. Désignés par les anciens locataires du CPRK, ils donnent des ordres auxquels sont soumis tous les autres prisonniers. ‘‘Mêmes les hommes en uniformes ne peuvent les contredire’’, a lâché un des prisonniers de Makala. Organisés, ils ont institué des instances comparables aux sous commissariats, à des parquets qui jugent et sanctionnent les détenus indisciplinés. Chaque pavillon à Makala est dirigé par un prisonnier dénommé ‘‘gouverneur’’.
Parmi les punitions infligées aux prisonniers par les prisonniers, on signale l’isolement dans une cellule.
Les prisonniers les plus disciplinés sont désignés pour assurer le service protocolaire et la sonorisation lors des procès.
Victime d’injustice

Dans cette grande prison de la RDC, on retrouve des détenus qui n’ont jamais été jugés. ‘‘Je suis ici depuis le 26 mai 2010 pour viol sur une jeune fille de 23 ans. Depuis lors jusqu’à ce jour, je n’ai jamais été jugé, mais mon affaire est toujours en délibérée. Dieu merci, je sors le 26 mai prochain après avoir purgé cinq années de peine’’, a expliqué Junior Bope Kwete. Outre ce cas, on signale aussi la présence des mineurs au CPRK alors qu’il existe des maisons de rééducation qui s’occupent des enfants en conflits avec la loi.

Le CPRK a un terrain de foot ainsi que de basketball pour divertir les prisonniers. Sur ces terrains, les prisonniers organisent des rencontres entre eux ou avec des équipes extérieures à ce cadre de détention. Dans ce cadre, les prisonniers ont joué samedi 23 mai contre les anciens léopards de 1998. Alors que plusieurs quartiers de Kinshasa sont dépourvus d’eau et de l’électricité, les détenus se réjouissent d’avoir au quotidien de l’eau au robinet et de l’énergie électrique dans leurs installations. Pour suivre la télévision, ils sont obligés de verser 500 Francs Congolais.

Depuis sa création il y a plus d’un demi-siècle, la prison de Makala compte 11 pavillons. Le CPRK a été construit pour rééduquer les hors la loi.

Patmic Monkango B., stagiaire de l’Ifasic

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