Les drépanocytaires souffrent de la prise en charge de qualité à Kinshasa

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En République démocratique du Congo, la drépanocytose touche un grand nombre de familles. Cette maladie génétique et héréditaire qui affecte le sang est estimée à environ 3% des congolais, selon le Programme national de lutte contre la drépanocytose (PNLCD).
Malgré la volonté du gouvernement congolais de prendre en charge médicalement les enfants souffrant de la drépanocytose ou anémie SS, l’unique centre de prise en charge fonctionne difficilement. Il n’y a pas un nombre suffisant des locaux pour la prise en charge des malades.

Le centre Mabanga, l’unique qui encadre les drépanocytaires, existe depuis plus de trente ans. Construit dans la commune de Kalamu, ce centre est devenu, selon son médecin directeur Maurice Kalonji, un hôpital à part entière avec notamment, des services de pédiatrie, chirurgie, génécologie et médecine interne.

Le sort des victimes

Cependant, le sort des drépanocytaires est loin de s’améliorer dans différentes familles kinoises. Car, la majorité d’enfants nés avec l’anémie SS, décède avant d’avoir atteint l’âge de 5 ans. Ceux des drépanocytaires qui ont la chance de passer cet âge, sont confrontés à des sérieux problèmes de croissance et d’autres complications, faute d’une prise en charge de qualité. Selon le docteur Ditele Nzau, spécialiste de cette maladie, l’anémie SS ruine beaucoup de familles, car elle nécessite régulièrement des soins appropriés.
Une quinquagénaire en provenance du centre Mabanga où elle est allée accompagner sa fille anémique pour des soins médicaux, n’a pas caché son indignation face au sous équipement du centre et de la précarité des soins qu’offre ce cadre. ‘‘C’est difficile lorsqu’on n’a pas de moyens pour aller faire soigner son enfant dans un hôpital privé. Ici, le centre n’a pas de matériels appropriés pour certains cas et les soins de ce centre ne sont pas de qualité’’, a-t-il dit d’un air triste.
Accusant l’Etat congolais d’avoir abandonné ce secteur, elle a indiqué que l’intervention chirurgicale pour un drépanocytaire vaut plus de deux mille dollars (2000$) dans un hôpital qui dispose des équipements requis. ‘‘Un tel coût est d’office prohibitif pour la plupart des patients quand on sait que le salaire d’un fonctionnaire congolais ne dépasse pas 100USD’’, a déploré Pato Mumba Masoso, habitant de la commune de Ngaliema. A noter que le vaccin contre la drépanocytose coûte cher à Kinshasa, 30 à 50 USD.

L’État face à ses responsabilités

Face au taux élevé de la mortalité observé parmi les drépanocytaires en RDC, il y a donc lieu de se poser des questions sur la volonté réelle de l’Etat congolais à améliorer la prise en charge de ces malades anémiques. La RDC a encore des efforts à faire pour améliorer le sort et limiter le taux de mortalité liée à la drépanocytose et soulager les familles de ces derniers. Selon le Programme national de Lute contre la Drépanocytose (PNLCD) environ 75% d’enfants qui naissent avec l’anémie SS décèdent avant d’avoir 5 ans. Pour réduire sensiblement ce taux de mortalité infantile, le PNLCD plaide pour la vulgarisation des informations liées au mode de prévention en allant se faire examiner pour connaitre l’état ou groupe sanguin et éviter la maladie au préalable.
La loi …
Dans la Déclaration universelle des droits des enfants dans la première partie, article 24. 2a, les Etats parties s’efforcent d’assurer la réalisation intégrale du droit susmentionné et en particulier, prennent des mesures appropriées pour réduire la mortalité parmi les nourrissons et enfants et assurent à tous les enfants l’assistance médicale et les soins de santé nécessaires, l’accent étant mis sur le développement des soins de santé primaires.
Marc Kikela Mumba

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