Les droits de l’enfant bafoués dans la grille de programme des télévisions kinoises

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A Kinshasa, le contenu du programme médiatique kinois est loin d’être sain. Dans la grille de programme des médias audiovisuels, les émissions consacrées à l’enfant sont presque inexistantes ou insignifiante. Les chaines de télévisions livrent tout aux enfants, sauf ce qui est essentiel. On y voit au quotidien de la musique, de la danse et du cinéma et autres. Rarement des programmes éducatifs, des émissions adaptées aux enfants.
Des émissions ayant trait au civisme, à l’histoire du pays et à une distraction capable de contribuer à leur épanouissement sont quasi inexistantes, d’une manière générale. Cependant, si l’on veut avoir une chaîne qui diffuse des émissions adaptées aux enfants, il faut avoir un accès aux chaînes câblées (Canal plus, Startime…) qui ne sont pas à la portée de toutes les familles.
Mécontents de la qualité de nombreux programmes TV, certains parents empêchent leurs enfants de regarder la télévision kinoise. Une manière pour eux de protéger leurs enfants contre les insanités proposées par les télévisions de la capitale.
José Kembo, âgé de dix ans, a indiqué que son père a interdit à sa famille de regarder
certaines chaînes de télévision kinoise. ‘‘Nous ne suivons pas les chaînes de notre pays qui ne sont pas sur Canal plus. Papa ne veut pas, il dit que ces chaînes n’éduquent pas et les qualités de leur
programme ne nous sont pas favorable’’. A côté de cet enfant se trouve Evelyne Kanku, âgée de 4 ans. Elle a expliqué que son père avait vendu leur poste-téléviseur parce qu’il les a trouvés plusieurs fois entrain de regarder les séries d’histoire d’amour.
A part ces deux enfants, Clément Lundola, âgé de quinze ans, regrette de la qualité des programmes TV qu’ils sont obligés de consommer chaque jour. ‘‘Je ne sais pas si même les enfants des propriétaires de ces chaînes regardent ces genres d’émission “, s’interroge-il. En plus de ces trois enfants, il y a d’autres qui subissent les mêmes effets. Ils demandent l’implication des autorités pour que l’éducation et les programmes spécialisés aux enfants trouvent leurs parts dans les programmes des télévisions de Kinshasa.
Nelly Kakese, mère de famille regrette de la qualité des musiques, séries et films que la plus part de chaînes diffusent dans la ville. Pour elle, un parent qui a besoin de l’éducation de ses enfants ne peut pas accepter qu’ils regardent ces genres des choses. ‘‘La majorité de nos télévisions n’éduquent pas la masse. Elles ne font que diffuser des choses qui ne contribuent pas au développement surtout des enfants. Raison pour laquelle j’ai acheté un décodeur à mes enfants”, a-t-elle expliqué.
Alexandre Nvita, père de famille, a pris la décision de vendre son poste-téléviseur pour que ses enfants soient débarrassés de ce qu’il appelle ” les enseignements inciviques ” diffusés par les chaînes de télévision.
Corneille Malalaku, directeur de programme de CMB-DIGI, une chaîne de télévision œuvrant à Kinshasa, se dit indifférent aux qualités de programmes que diffusent certaines télévisions. Selon lui, ces télévisons qu’il n’a pas voulu nommer offrent aux enfants des émissions à caractère érotique.
‘‘A la télévision CMB-DIGI, nous avons des émissions spécialisées pour l’enfant, comme rue Bambele, qui est une émission qui fait la promotion et la sensibilisation des droits des enfants’’. De sa part, Patrice Mangenda, directeur de programme de NUMERICA T.V, tout directeur de programme doit savoir que les enfants qui représentent l’espoir de demain doivent avoir, dans la grille de programme une part importante. ‘‘Si la télévision a une grande influence sur les grandes personnalités, à combien plus forte raison sur les enfants qui n’ont pas encore une attitude critique soutenue’’, dit-il en ajoutant que ‘‘Numérica télévision réserve des programmes pour les enfants. Entre autre, ‘‘Jardin d’enfants’’ et ‘‘Tribune d’enfants’’ qui sont conçues pour divertir les enfants et leur donner la parole enfin de vulgariser leurs droits et devoirs’’.
Selon un spécialiste en psychologie de l’enfant qui a requis l’anonymat, les enfants s’adaptent facilement à l’environnement où ils se trouvent. Plus de 90% d’enfants adoptent les comportements qui sont en face d’eux. Car, ils n’ont pas encore un esprit critique leur permettant de distinguer le bien et le mal.
Jean-Marcel Bosamba, secrétaire principal d’inspection et conseiller juridique au Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), a indiqué qu’au niveau du CSAC, il y a un Centre du monitoring qui contrôle les programmes de toutes les chaînes. Ce contrôle est journalier et semestriel. Parmi ceux qui ont été interpellés, beaucoup viennent parce qu’ils ont intérêt à présenter leurs moyens de défenses. Quand à ceux qui ne se présentent pas, ils sont directement sanctionner’’. Pour ce cadre du CSAC, au mois 10 responsables des programmes sont sanctionnés par mois.
Selon un avocat du Tribunal pour enfant de Limete, plusieurs lois sont violées à ce sujet. Il s’agit premièrement de l’article 28 de la loi N° 9/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant en République démocratique du Congo. Cet article stipule que ‘‘l’Etat veille à l’application effective des textes légaux garantissant la diffusion de l’information et des programmes qui ne portent pas atteinte à l’intégrité morale, ni au développement intégral de l’enfant’’. Dans le même ordre d’idée, la Chartes africaine des émissions pour enfants dit que ” les enfants devraient avoir les programmes de première qualité spécialement conçu pour eux “. C’est pourquoi il est demandé aux Etats membres de veiller sur la qualité des programmes de télévisions réservées aux enfants.

Jean-Hilaire Shotsha

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