Les étrangers à l’assaut du football congolais

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L’opinion s’étonne et déplore que la politique et l’économie, deux secteurs vitaux d’un pays soient le plus souvent extraverties en RD Congo. Le sport et plus spécialement le football, qui jusqu’il y a quelques années, était épargné commence à être envahi par les étrangers. Allusion faite essentiellement ici aux joueurs. Le premier à donner le ton est le TP Mazembe. Les deux derniers sacres des Corbeaux en ligue des champions africaine (2009 et 2010) en disent quelque chose. Ces deux titres successifs ont été acquis grâce également au concours des joueurs étrangers, notamment le zambien Given Singuluma et ses deux compatriotes Sunzu Stopila, Nathan Sikala et les autres. A cette époque, Mazembe est parvenu à concocter une véritable symbiose entre les nationaux et les étrangers. D’ailleurs, l’ossature de l’époque était locale. C’est cela le mérite de la formation de Lubumbashi.
Actuellement, ce n’est plus le cas. Avec l’avènement de Patrice Carteron à la tête du staff technique de Mazembe, on assiste totalement à l’assaut des étrangers dans le team noir et blanc. Tenez, sur les onze de départ de la dernière rencontre des Bandiangwena( mangeurs de crocodile) le samedi 8 août en ligue des champions face à Smouha SC d’Egypte , seuls deux nationaux ont figuré dans la composition de l’équipe, à savoir le portier Robert Kidiaba Muteba et le défenseur central Joel Kimwaki. Les neuf joueurs restants étaient des étrangers. Dans la foulée, l’on pouvait relever en passant les ghanéens Salomon Asante , Daniel Adjei, le tanzanien B. Ali Samata, le malien Adama Traoré, l’ivoirien Roger Assale et buteur de la partie, le zambien Chongo,… Fort heureusement que la législation congolaise en la matière est encore clémente. Sous d’autres cieux, on fixe un quota de joueurs étrangers à aligner au cours d’une rencontre.
Réagissant aux critiques lancées à Mazembe à ce sujet, Frederick Kitenge , manager des Corbeaux a argué que l’essentiel pour son club est de glaner des titres avec des nationaux ou des étrangers. Cependant, une question reste posée. Combien de titres les Lushois ont-ils déjà gagné avec l’apport des étrangers ? Sur le plan national, les Corbeaux règnent sans partage sur le football national même s’ils n’ont pas remporté l’édition passée du championnat national. Quant au plan africain, on attend voir les trophées de l’actuelle équipe d’autant plus que cinq ans sont écoulés sans sacres.
Le deuxième à entrer dans la danse est l’AS V. club. La saison passée, quelques joueurs étrangers ont apporté du tonus dans l’équipe. Il s’agit du portier camerounais Nelson Lukong, du burkinabé Dayo Youssouf, de l’ougandais Santamu Yunus,… Bon dosage qui a produit des résultats escomptés avec à la clé une finale de ligue des champions perdue contre Entente Sétif d’Algérie. Pour préparer la saison prochaine, les Dauphins noirs ont encore fait appel à des étrangers : MATSHAPA, défenseur zimbabwéen, Pepele et Zabalo du Mali, Kule et Lasana Samata du Ghana.
Le DCMP n’est pas en reste. Quatorze joueurs sont attendus cette saison. C’est sera pratiquement une mosaïque de nationalités : maliens, sénégalais, ivoiriens, sud-africains, namibiens, …
Tout compte fait, l’expertise étrangère est la bienvenue pourvu qu’elle apporte des résultats. Le fait de recourir aux étrangers en masse est-il la conséquence d’une crise de joueurs sur le plan interne ? Si tel était le cas, la sélection nationale serait constituée majoritairement des joueurs évoluant à l’extérieur du pays. Mazembe au mieux de sa forme, était la formation qui fournissait le plus grand nombre de joueurs à la sélection nationale.
Moralité, faisons plus la promotion de joueurs nationaux.
Jean-Marie Mawete

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