Les Kinois vivent avec le tabac au quotidien

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A Kinshasa la population est contrainte à passer au quotidien des heures de vie dans un environnement pollué de la fumée du tabac. Dans les arrêts de bus, les marchés, les stades et plusieurs places publiques sont les endroits les plus concernés par la fumée des cigarettes.
A l’arrêt de bus Maternité, quartier Delvaux dans la commune de Ngaliema, un homme âgé d’une trentaine d’années tient aisément sa cigarette allumée à la main gauche. Au milieu de plusieurs autres passagers, il tire des bouffées et rejette de la fumée sans gêne.
Sans parler à l’intéressé, Cécille Kabamba, d’un visage défait refoule continuellement de la fumée dégagée par le jeune fumeur. ‘‘La plupart des gens considèrent que les lieux publics sont des endroits où l’on peut tout faire’’, lâche-telle d’un air nerveux.
Par crainte de susciter des disputes avec les fumeurs dans les milieux publics, beaucoup de Kinois préfèrent se retirer en silence du lieu pollué. ‘‘A chaque fois que j’ai essayé d’interpeller le consommateur de tabac, il y a toujours eu des réactions d’hostilités de la part des fumeurs. Comme pour dire qu’ils avaient tous les droits de le faire en public’’, s’est plaint un autre passager dans le bus Transco. La réalité est encore pire lorsqu’il s’agit de transport en commun des bus privés. Les responsables se comportent souvent en maîtres et bafouent sans gêne les droits des clients. Dans les fameux bus dits ‘‘207’’ appelés ‘‘Esprit de mort’’ à Kinshasa, certains membres de l’équipage fument imùpunément pendant que le bus est en plein trafic. Il s’agit du conducteur ou encore de son équipier appelé ‘‘receveur’’. Accrochés à la fenêtre, certains ‘‘receveurs’’ et chauffeurs profitent de l’indulgence des passagers pour fumer en laissant dégager la fumer hors du bus. Cependant, il y a toujours une quantité de la fumée qui envahit l’intérieur du bus jusqu’à indisposer les clients.
Peu d’entre les consommateurs de la cigarette comprennent les dégâts qu’engendre la fumée sur la santé de ceux qui se trouvent dans l’environnement proche. ‘‘Ils indisposent tout le monde sans qu’ils ne soient inquiétés’’, a expliqué un habitué de transport en commun. C’est ce qu’on appelle le tabagisme des autres. Il est plus nocif parce que la fumée est inhalée sans filtre, contrairement à ce que consomment les fumeurs.
Cette réalité est aussi signalée dans les stades où même le chanvre est consommé au vu et au su de tout le monde, agents de l’ordre compris. Jeunes et vieux habitués des rencontres sportives dans la capitale sont confrontés continuellement à ce problème nuisible à la santé. Le même phénomène est fréquent dans certains quartiers de Kinshasa. Au quartier Congo dans la commune de Ngaliema par exemple, on ne peut parcourir une avenue sans apercevoir des vendeurs du chanvre envahis par des acheteurs. Sur Lisala, une avenue réputée concentré le plus des vendeurs du chanvre de Ngaliema, le spectacle est désolant. Du matin au soir, de la fumée du chanvre se propage et pollue l’air du quartier.
Dans le milieu des professionnels de la santé, on confirme que l’entourage est plus en danger que les consommateurs directs du tabac ou du chanvre, eux-mêmes. Car, explique un médecin de la Clinique Ngaliema, les personnes se trouvant dans l’entourage sont dans la phase passive parce qu’elles consomment passivement de la nicotine non filtrée.
Selon lui, le tabac contient de la nicotine, élément toxique à l’origine de la toxine dans la voie respiratoire. ‘‘Ces infections causeront à la longue des troubles visuels, cardiovasculaires, des reins et autres. Contrairement aux fumeurs, leurs victimes subissent rapidement des conséquences’’, a expliqué docteur Abdon Mingu de l’Hôpital de Kitambo qui indique qu’ils sont susceptibles de développer le cancer, la tuberculose, les infections pulmonaires qui peuvent attaquer les nerfs.
Pour lutter contre ce fléau, le gouvernement congolais à travers le ministère de la Santé a lancé depuis quelques années le Programme National de Lutte contre la Toxicomanie (PNLCT). Malheureusement, cette initiation qui concerne le territoire national est en difficulté financière pour mener à bon port ses actions. Pour sa visibilité, le PNLCT se contente d’organiser le 2 juin de chaque année, une marche pour dire non au tabac. Selon un responsable de ce programme, la loi internationale de la santé du 27 Février 2004 interdisant l’action de fumer n’est pas encore d’application en RDC, car aucune action n’est palpable sur terrain. Dans le même ordre d’idée, la juriste Emmanuelie Kahaya a indiqué que la législation congolaise réprime le crime du tabagisme de la même manière que celui de l’alcoolisme. Cependant, le pays souffre de la mise en pratique de cette politique.
Sifa Kaleta

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