Les marchés de Kinshasa, un danger pour la population

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Les marchés de la ville province de Kinshasa se trouvent, pour la plupart, dans un environnement malsain. Cette situation de malpropreté qui caractérise les différents centres d’activités commerciales de la capitale, expose les Kinois à plusieurs cas des maladies. Au marché central et dans les marchés communaux, les produits alimentaires mis en vente, sont étalés à même le sol sous l’œil impuissant des acheteurs et des responsables des services d’hygiène.
Au marché de la commune de Ngaba, non loin du Rond point Ngaba, les notions d’hygiènes sont loin d’être respectées par les vendeurs. Ici, les légumes et autres denrées alimentaires sont, à longueur des journées, exposés sous le soleil. Les produits vivriers sont à la merci des mouches et autres insectes nuisibles à la santé. Les viandes de porc, de vache et les poissons chinchards sont étalés à l’air libre dans un environnement non propre. Lorsqu’on s’y rend, on est frappé par les tas d’immondices qui trainent à l’intérieur du marché et dans les alentours.
Difficilement évacuées, ses immondices sont quotidiennement abandonnées jusqu’à ce qu’elles forment des montagnes et polluent l’air avec des odeurs nauséabondes. En plus des ordures, ce marché est dépourvu d’une canalisation d’eau. ‘‘Certes, l‘environnement est malsain, mais les microbes sont anéantis lors de la cuisson’’, a expliqué une cliente s’approvisionnant de la viande de porc au marché Matete.

Les vendeurs pollueurs

Dans ce marché, on déplore le comportement de certains vendeurs qui n’hésitent pas de se soulager dans des endroits inappropriés. Cette attitude renforce de plus en plus l’état d’insalubrité dans lequel est plongé ce marché. ‘‘Malheureusement, ce sont les vendeurs qui polluent le marché tout en oubliant qu’ils sont les premières victimes des maladies causées par cette insalubrité’’, a expliqué un agent du service d’hygiène au marché Ngaba.
Les vendeurs et vendeuses se comportent ainsi alors que le marché a un bloc d’installations sanitaires où ils peuvent accéder moyennant 100 francs congolais. Pour certains vendeurs, c’est pour éviter de verser cette somme insignifiante que quelques uns d’entre eux préfèrent se soulager autour des immondices. ‘‘Je n’ai pas vendu depuis le matin. Comment payerai-je l’accès aux installations hygiéniques ?’’, s’est interrogé un vendeur.
Face à cette situation d’insalubrité signalée dans les marchés de Kinshasa, les responsables de ces centres d’activités commerciaux sont les premiers à être pointés du doigt. Selon les vendeurs, les responsables du marché perçoivent des taxes qui leur permettent d’entretenir les lieux. ‘‘La salubrité du marché ne me concerne plus partir du moment où j’ai payé mon argent pour cette cause’’, s’est justifié un vendeur de Somba Zigida. Sans préciser les montants que le marché enregistre pour son entretien, Innocent Lutumba a reconnu que chaque jour, cet espace de négoce enregistre des nouveaux vendeurs.
Au marché de la Liberté à Masina, les vendeurs se voient obligés de nettoyer les espaces qu’ils occupent chaque jour. Appelé ‘‘Salongo’’ en lingala, cette activité est réalisée chaque matin avant l’exposition des marchandises. ‘‘Tout celui qui n’obtempère pas, est sanctionné par le paiement d’une amande de 300 Francs congolais’’, a affirmé Daniel Mulumba, l’un des responsables du marché de la Liberté.
Frappé par cette triste réalité, le docteur Blanchard Nakweti de la Clinique de l’Université du Cepromad a énuméré quelques conséquences qu’entraîne cette situation sur la santé humaine. ‘‘Un environnement malsain peut causer de la méningite, la typhoïde, l’hypotension artériel, parasitose, la malaria, etc.
En ce qui concerne les aliments exposés à même le sol, le médecin explique qu’il faut les laver au moins 5 à 6 fois avant de les cuire pour détruire les microbes. Selon Me Tim Iyambu Ra Nomapungu mwa Ntipome, avocat au Barreau près la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete et spécialiste en droit de l’environnement, il existe plusieurs textes des lois qui régissent le domaine de l’hygiène et la salubrité publique.
Pour lui, les auteurs de l’insalubrité pèchent contre la loi portant application des mesures d’assainissement du milieu et de protection de la salubrité publique dans la ville de Kinshasa du 18 avril 1998. Cette disposition légale interdit dans son article 3 la vente publique des produits alimentaires par terre. Il oblige les vendeurs de couvrir les produits alimentaires exposés sur les étalages de manière à éviter la contamination et la propagation des microbes.
Nana sharumba

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