L’Hôpital du Cinquantenaire : l’anarchie toujours à l’ordre du jour

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En véritable prophète, la rédaction du journal l’Objectif avait vu loin lorsqu’elle dénonçait, il y a une année, le comportement du personnel médical indien affecté à l’Hôpital du Cinquantenaire. KabangeNumbi, ministre en charge de la Santé publique qui s’est rendu dernièrement dans cette institution hospitalière après le décès d’une étudiante de l’Université protestante au Congo, s’est rendu à l’évidence. Le pays a fait du gâchis. Grands bénéficiaires de cette infrastructure haut de gamme, les compatriotes de Ghandi peuvent tout se permettre…, Est-on là face à un hôpital indien implanté à Kinshasa ou à un hôpital construit pour les Kinois afin de bénéficier des soins de qualité ? Fatigués d’attendre et face à une confusion entretenue et sans nom, les agents congolais recrutés pour le compte de l’hôpital du Cinquantenaire en appellent finalement à l’intervention du Premier Ministre ou à la rigueur du Président de la République, lui-même, ou tout simplement le Parlement pour clarifier les choses, faire démarrer le complexe hospitalier et remettre les agents recrutés à cette fin dans leurs droits. ‘‘L’une des deux Chambres du Parlement devraient vite se saisir de la chose en interpellant le ministre de la Santé pour que la vérité puisse éclater. Car, il faut l’avouer sans risque d’être contredit, il y a des comportements qui frisent l’escroquerie’’, a dénoncé un de ces nombreux candidats ayant réussi au test d’embauche et qui ne comprend plus rien à ce qui se passe. Ces candidats, venus de Kinshasa, de l’intérieur ou de l’extérieur du pays, ont pour la plupart, abandonné leurs familles et leurs jobs pour répondre à l’appel d’offre public lancé par le gouvernement de la République par le biais du ministère de la Santé.

Ayant satisfaits au test de sélection et convoqués pour se présenter afin de débuter le travail, ils ont déjà passé de longs et durs moments à Kinshasa et continuent impatiemment à attendre le début effectif des activités qui parait de plus en plus utopique. Venus à Kinshasa dans des conditions que l’on peut aisément imaginer, ils se disent aujourd’hui bernés. Pendant ce temps, observe-t-on, leurs collègues indiens ont déjà commencé le travail. Félix KabangeNumbi, ministre de la Santé continue de les appeler à prendre leur mal en patience, indiquant que les différents services de cet hôpital vont progressivement fonctionner. Curieux quand même !

La publicité faite autour de cet hôpital ne cadre finalement pas avec la réalité sur terrain, le manque de sérieux avec lequel les choses sont faites. Gouverner c’est prévoir, dit le sage… mais pour un hôpital aussi moderne, avec du matériel aussi sophistiqué, démarrer dans ces conditions poussives et artisanales(ses portes sont ouvertes pour seulement deux services sur les nombreux attendus), il y a de quoi se poser quelques questions sur la capacité des responsables désignés quant à ce. Ceci ne présage-t-il pas le chaos si l’on ne si prend pas à temps ?

‘‘Face au laxisme observé dès l’amorce des activités de cette nouvelle formation médicale, le peuple est désormais intéressé et cherche à comprendre tous les contours de cette affaire qui pue à des kilomètres à la ronde la concussion et le tribalisme’’, a insinué un candidat habitant de la commune de Kasavubu. ‘‘Selon les propres mots de nos gouvernants, la RDC a déboursé USD 100 millions du contribuable, et non de la poche d’un individu, contre 60 millions de la firme indienne. Cette version des faits est-elle vraiment réelle ?’’, a tempêté, furieux le candidat qui accuse l’indien placé à la tête de cet hôpital de se passer pour un petit ‘‘roi’’ qui en fait tout qu’à sa tête. ‘‘Il a le monopole de la parole et veut dicter sa loi à tout le monde’’. Faux, rétorque Félix Kabange par télévisions interposées.

Et déjà mardi 8 avril 2014, des médecins invités pour assurer les soins dans les services ouverts ont séché le travail pour contester cette situation confuse. Cela conforte d’ailleurs les allégations parues dans L’Objectif n°343 selon lesquelles la structure médicale ne disposait pas de budget conséquent susceptible de prendre en charge, ne serait-ce que la première paie de ses agents. Nous en voulons pour preuve la réduction de moitié de la solde accordée aux Congolais qui assurent depuis le début l’entretien et la maintenance de ce complexe hospitalier.

‘‘Des choses faites avec kinoiserie’’, a fustigé Kimbeni Hussein, habitant de Masina qui ajoute que ‘‘la population avait demandé au gouvernement de réhabiliter les différents hôpitaux existant dans le pays au lieu de moderniser l’Hôpital du Cinquantenaire qui viendrait allonger la longue liste des éléphants blancs que compte notre pays. Aujourd’hui, qui a raison ?’’.

Le ministre doit dire la vérité

Félix KabangeNumbi a, lors de la cérémonie d’inauguration de l’hôpital, invité la population à se présenter devant les différents services organisés par ce complexe hospitalier. Mais quelques jours seulement, lors des journées portes ouvertes où il s’est lui-même même transformé en guide, KabangeNumbi a curieusement changé de discours : les différents services ouvriront progressivement. Une contradiction ! Le ministre est invité à dire toute la vérité sur la précipitation avec laquelle l’hôpital a été inauguré, publier les clauses des contrats qui lie le gouvernement avec la firme indienne et enfin pourquoi tous les services n’ont pas ouvert au même moment.

CP Makita Prosper, correspondance particulière

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