L’indispensable question ’’Kabila”

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Après le discours du chef de l’État à l’occasion des 55 ans d’indépendance de la RDC, une question mérite désormais d’être posée et cela sans complaisance ni tabou : la question ”Kabila”. Celle de l’avenir du président de la République. Dans son adresse à la nation, Joseph Kabila qui termine son dernier mandat théoriquement dans un an et demi, a bien évoqué les prochaines élections ainsi que les contraintes y relatives, sans véritablement étancher la soif de ceux qui s’interrogent encore sur ses réelles intentions. Partira, partira pas ? Faut-il d’ailleurs qu’il parte! Et si on jouait carrément les prolongations ? Alors qu’un gros doute persiste sur la prochaine présidentielle, voilà autant d’interrogations que la classe politique congolaise doit avoir le courage de soulever sans état d’âme. Et les raisons ne manquent pas pour chaque scénario.

Un silence qui fait trop de bruit

Pourtant c’est le sujet essentiel au cœur même du débat actuel dans le pays. Essentiel, mais absent de tous les rendez-vous officiels de ces derniers mois, entre Kingakati et le Palais de la Nation en passant par le congrès du PPRD. ” Nul part dans la constitution, il est demandé à un chef d’État de dire officiellement qu’il ne sera pas candidat ”, assénait déjà le bouillant Lambert Mende fin 2014. Le ministre de la communication répondait alors à une demande formulée la veille sur RFI par Mgr Fridolin Ambongo, président de la commission Justice et Paix de la CENCO. Circulez donc, il n’y a rien à voir. Certes, la constitution sera respectée et la loi électorale ne sera plus modifiée. L’avenir de Joseph Kabila lui, demeure un enjeu, sinon, une énigme à résoudre. C’est bien à cause de cela que l’UNC refuse de participer au dialogue qu’envisage le chef de l’État, censé, selon le parti de Vital Kamerhe et ses alliés, permettre au président de la république de s’accrocher au pouvoir. Les invités du Palais de la Nations, oppositions et majorités confondus, consultés ces dernières semaines, se sont-ils eux aussi contentés simplement des éléments de langage allant souvent dans le sens de laisser le président ” achever l’œuvre qu’il a commencé ”, sans assumer ouvertement la volonté de voir le champion de la révolution de la modernité poursuivre ses chantiers. Normal. L’hôte du lieu ne leur a rien soufflé. Ce, alors qu’il est de notoriété publique qu’entre ceux qui souhaitent garder le chauffeur au volant du véhicule comme Ne Mwanda Nsemi, et ceux, et ils sont nombreux dans les rangs de la majorité, qui font entendre la musique du manque des moyens pour financer les élections, tous veulent une seule chose, que l’histoire avec Joseph Kabila ne s’arrête pas en si bon chemin. Mais peut-on oublier la frange de la population, qui a, elle, soif de l’alternance ?

Tout se jouera au dialogue

Dans son allocution, Joseph Kabila a rappelé qu’une écrasante majorité des congolais était opposée à une ingérence extérieure dans le règlement des différends entre congolais, sans, là encore, préciser si le dialogue voulu par lui et qui semble désormais bénéficier de l’appui de l’UDPS, concernera aussi son avenir après 2016. Le chef de l’État a pourtant intérêt que ce débat soit posé maintenant et pour les raisons suivantes :

Alors que la contestation ( comme celle de Janvier) s’est affaiblie, la série des consultations encours dans le pays, a montré qu’on pouvait nommer les choses telle qu’elles sont, y compris le sort de Joseph Kabila. C’est le moment d’en parler. Attendre le dialogue, c’est donner l’impression que c’est à cela qu’il ( le dialogue) était destiné. Raison numéro deux, Joseph Kabila reste incontournable. Dans la majorité comme dans l’opposition, aucun candidat ne peut lui contester son aura. Il a le bilan pour lui. Face à ses chantiers, routes, hôpitaux et aujourd’hui l’aéroport de Ndjili sans oublier la fin de la guerre et la démocratisation du pays, qui pourra prétendre mieux ? Bref, les arguments ne manquent pas pour défendre un éventuel prolongement du Raïs à la tête du pays. Autrement, celui qui a rétabli la démocratie, risque d’en devenir le fossoyeur.

Plus près de chez nous, au Rwanda voisin, même si, cela a un côté spectaculaire, Paul Kagamé a bien posé le débat de son avenir, tout en se réservant le temps d’accepter ou non la modification de la constitution en sa faveur. Déchu par les alliés en 1815, le sort de Napoléon a fait l’objet d’un débat à Vienne. La mauvaise gestion de son cas, se traduisit par la vengeance du tout puissant Empereur Français qui marcha de nouveau sur Paris. Joseph Kabila n’est pas Napoléon, il est démocrate et a mis le pays sur les rails. Il peut donc lui aussi très vite revenir, face aux lendemains qui chantent des congolais. À moins qu’il décide ici et maintenant de continuer sa belle histoire… pour le consensus ou pour le chaos.

Yvon Muya.

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