L’Oracle de Boshab

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Les dés sont jetés et le pari sur le point d’être gagné pour Evariste Boshab. Il a feuilleté la constitution de Luluabourg. Il a relu les grandes lignes de cette loi fondatrice de la République : le Congo de nos aïeux. Cette loi qui relie et transmet les pensées des aïeux à leurs enfants vient de livrer un de ses secrets : la décentralisation à travers le découpage territorial. Cela doit être appréhendé comme une lointaine volonté des fils et filles de ce pays, mais volonté profonde exprimée pour la seconde fois à Sun City par la classe politique réunie en République sud africaine au moment fort de la quête d’une énième réconciliation, il y a douze ans passés. Ainsi sonne le glas pour les oiseaux de mauvais augure. L’oracle d’Evariste Boshab est arrivé sans tonnerres, ni éclats dans le ciel, telle une prophétie qui annonce les bienfaits des dieux. La postérité s’en souviendrait et le lirait dans les annales… et les ancêtres d’hier applaudiraient de deux mains.

Encore un mois. Rien que trente jours pour que l’installation des nouvelles provinces donne lieu de manière effective à une nouvelle carte de la RD du Congo. Le vice-premier ministre et ministre de l’intérieur et sécurité a rassuré cela : « l’harmonie avec la loi a été retrouvée avec l’installation effective des Commissions chargées de préparer les opérations de démembrement […] le Gouvernement a transcendé tous les différents écueils dans le seul objectif de faire aboutir l’ensemble de ce processus en moins de 120 jours prescrits par la Loi, à dater de l’installation desdites commissions, soit le 14 août 2015 ». L’on note bien entendu que les commissions mises en place en vue de préparer ces opérations sont à pied d’œuvre depuis le 15 juin dernier, particulièrement pour les anciennes provinces en avance.

Il est vrai que les grandes questions se posent. Cette nouvelle vision du pays bouscule les esprits. Le ciel est gris dans l’entretemps. L’on a peur. Mais ce n’est que la saison sèche. Et l’oracle du vice-premier ministre et ministre de l’intérieur et sécurité est tombé pendant la saison sèche. Ses fruits les plus tardifs seront dégustés en pleine saison de pluie. La toute première pluie devrait être la naissance de ces vingt-et-un (21) enfants de Boshab : des gouverneurs qui vont être élus. Naissance annoncée pour mi-août au plus tard. Ce qui porterait matériellement, administrativement et politiquement le nombre des provinces du pays à vingt-six (26). Les sessions extraordinaires des Assemblées de nouvelles provinces démembrées sont programmées au plus tôt fin juillet et début août ci et là.

Evariste Boshab a livré cette substance dans son mot au cours d’un point de presse tenu samedi 11 juillet dans son cabinet de travail et qui a consisté en une mise au point sur le processus de la réforme administrative impliquant l’installation de nouvelles provinces. Il a présenté le processus tel qu’en ce jour, il serait aberrant de parler encore en termes de deux grandes provinces du nord du pays. L’Equateur et la Province orientale ont déjà cessé d’exister. Les deux ont donné naissance en mourant à neuf (9) enfants, respectivement Cinq et quatre. Les quatre provinces qui doivent donner naissance aux douze (12) autres enfants vont de leur pas et à chacune un deadline semble avoir été fixé pour ne pas accuser du retard et permettre une synchronie avec le calendrier de la Céni.

Les Etats unis du Congo ?

Le pays devrait tendre à cet idéal sans imploser. Ce défi devrait être relevé par les autorités centrales d’abord et ensuite par les autorités décentralisées. Des préalables s’imposent bien sûr. Politiquement, le ministère de l’intérieur et sécurité a pris le soin d’en avertir les présidents des différentes commissions de démembrement des anciennes provinces qui à leur tour le rappellent dans leurs interventions sur terrain. Dans l’ancienne province de l’Equateur on note par exemple ce qui a été dit le samedi 11 juillet : «l’avantage de cette politique est qu’elle facilite la gestion de proximité et la transformation de l’arrière-province en plusieurs centres d’impulsion et de développement ». Dans la Province orientale, le même rappel a été fait en des termes encore plus clairs : « le découpage territorial n’est pas synonyme de l’indépendance vis-à-vis des autres provinces, ni du gouvernement central ». En réalité, on donne à chaque province nouvellement créée la possibilité de se développer en fonction de ses propres repères d’impulsion.

Kinshasa, Bas-Congo, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Maniema ne vont pas devoir changer leur mode de vie politiquement. Rien dans les propos de Boshab n’a indiqué que les gouverneurs de ces cinq petits Etats vont être bousculés. En tout cas pas avant ce que prévoit la Céni dans son calendrier dans le cadre des échéances électorales à venir.

L’on note donc depuis le 11 juillet l’installation des cinq provinces issues de l’ancien Equateur que voici : Equateur, Mongala, Tshuapa, Nord-Ubangi et Sud-Ubangi. Après la présentation du rapport de la commission de démembrement à la session extraordinaire de l’Assemblée provinciale, le président de cette institution parlementaire de l’ancien Equateur, Jean-Gontran Ibambe, a rappelé ce qui peut être considéré comme la dissolution de fait de toutes les institutions rattachées à l’ancienne province : « l’actuel gouvernement de l’Equateur est dissout et ne peut plus prendre des actes de disposition ». L’on retiendra pour sa part, que la Province orientale a été démembrée en quatre nouvelles provinces : Tshopo, Ituri, Bas-Uele et Sud-Uele.

Le Bandundu, les deux Kasaï et le Katanga attendent l’installation de leurs nouvelles provinces dans les jours qui viennent. Pour le Bandundu et le Kasaï-occidental, les commissions de démembrement n’ont commencé leurs travaux que le 8 juillet dernier et s’attèlent dans leur tâche afin de présenter leurs rapports respectifs en session extraordinaire prévue entre le 22 au 24 juillet prochain.

Dissolution des institutions des anciennes provinces

En définitive, la lecture de la loi relative à la programmation de nouvelles provinces, en son article 8, explicite la dissolution aussi bien de l’assemblée provinciale que du pouvoir exécutif provincial aussitôt la prise en acte effective du rapport de la commission de démembrement par la plénière. Toutefois, le même article laisse la latitude aux députés issus de cette institution provinciale dissoute de continuer à représenter leurs entités respectives jusqu’à la fin de leur mandat. Ainsi par exemple, ils peuvent assister utilement leurs nouvelles provinces en session extraordinaire sur convocation du commissaire de district. Si la nouvelle province ne dispose plus d’un commissaire de district, l’article 9 de la loi de programmation de nouvelles provinces, prévoit son remplacement par un autre haut fonctionnaire de l’Etat à désigner. Le tout, dans l’objectif de la tenue d’une session extraordinaire devant aboutir à l’installation du bureau provisoire d’une nouvelle assemblée provinciale. Ce bureau sera présidé par le doyen d’âge, assisté de deux membres les moins âgés.

Le bureau provisoire mis en place devrait par la suite élaborer et adopter le règlement intérieur de la nouvelle assemblée provinciale, avant de disparaître plus tard et de laisser place à un bureau définitif, issu des élections. Le même article 9, souligne que c’est le bureau définitif qui aura la charge d’organiser l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur de la nouvelle province. Le nouveau gouverneur ainsi élu et son adjoint vont devoir former leur gouvernement après consultation. La nouvelle équipe provinciale devrait donc gérer et rester en place jusqu’aux prochaines élections de gouverneurs prévues pour janvier 2016 par la Commission électorale nationale indépendante.

Des précisions sur le budget et la gestion financière des nouvelles provinces, sont encore à donner par le ministère de l’intérieur et sécurité. Des inquiétudes justement demeurent à ce niveau encore. Autres inquiétudes c’est la quasi inexistence des infrastructures devant abriter les nouvelles institutions de la province. A ce sujet, l’article 11 de cette loi prévoit des dispositions suivantes : « Dès l’installation de nouvelles Provinces, le Gouvernement de la République initie, en concertation avec les autorités provinciales, un programme d’équipement, de réhabilitation et de construction des infrastructures nécessaires au fonctionnement de nouvelles provinces. Il prévoit, sur une période de cinq ans, un budget pluriannuel d’investissement destiné au financement des travaux prioritaires de nouvelles Provinces. Il procède annuellement à une évaluation des travaux réalisés dans le cadre du programme visé à l’alinéa 1er du présent article. Le rapport d’évaluation de ces travaux est présenté, à chaque session budgétaire, à l’Assemblée Nationale et au Sénat ».

Evariste Boshab plus que déterminé

Le train est en marche, l’exécutif s’est embarqué pour rassurer, il reste la collaboration des populations dans l’accompagnement de ces nouvelles provinces dont l’installation et le décollage demandent une forte implication de toutes les parties prenantes au développement. La RD du Congo se reconstruit à son rythme ! L’oracle de Boshab prendra corps. L’espoir est permis.
Eben Ezer et Mukar

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1 commentaire

  • bertin

    Le découpage et le morcellement peu importe comment on l’appelle, cela ne résoudra pas les problèmes de la RD. Congo.. Le problème reste au niveau de l’homme et sa culture d’aujourd’hui mais surtout la gouvernance trop centralisée des services. Si le même type de gouvernance reste les problèmes resteront les mêmes. Parce exemple si on continue à délivrer les paseports seulement à Kin , la décentralisation ne change donc rien. Si Kinshasa doit toujours faire descendre ces hommes pour délivrer des permis de conduire dans les provinces, on reste dans le même système. C”est plutôt les services qu’il faudra décentraliser que l’encombrement avec des nouvelles structures dont les budgets restent encore incertains.

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