Minaku et Kengo pour sauver Kabila

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Ca va passer ou ça va casser. Qu’importe ! Ca se chuchote à Kinshasa. Dans les salons politiques huppés et dans les états major des partis politiques on envisagerait cela aussi comme ultime recours si le pays ne trouve pas d’autres solutions. Encore une fois, la RD Congo voudrait faire la différence. Arpenter une voie rocailleuse et parsemée d’incertitudes. L’essentiel : faire la différence et trouver une issue de sortie. Cela alimente même déjà des débats dans des forums de discussion sur net… On s’empresse pourtant de préciser tout de suite que rien n’est encore officiel. Les gens s’énervent et se mordent la langue. De quoi s’agit-il ? Selon des indiscrétions, puisque l’argent manque à l’appel pour organiser des vraies élections, il serait fort possible que l’on envisage de faire élire le Chef de l’Etat par le Parlement. Ce prétexte est soutenu en référence à l’histoire, comme en 1960 à l’époque de Joseph Kasa-Vubu. Vous souvenez-vous ? Une manière de dire que l’histoire se répète.
Et comme par magie, le Chef de l’Etat reçoit les délégations de deux chambres du Parlement en insistant sur la convocation d’une session extraordinaire. Cette coïncidence a été plutôt alarmante pour des avertis, qui entrevoient dans cette consultation, un excès de rapprochement estimant que les mêmes personnalités ont été déjà reçues de façon indirecte à travers des partis politiques et des tendances d’appartenance politiques des uns et des autres. L’on se souvient que des rencontres de cette coloration, dans un autre cadre toujours pas officiel, se multiplient depuis un certain moment, parfois sous l’œil de la caméra mais beaucoup plus loin de la caméra.
On poussera le zèle jusqu’où ? Peut-être avec le glissement pour commencer et ensuite en tentant le diable à travers une petite modification de fait de la Constitution, pour permettre aux deux chambres du parlement, de réfléchir sur des éventualités qui éviteraient le chaos politique ou un vide politique. L’on s’active pour trouver un modus vivendi acceptable et applicable à souhait. Il paraît que certaines langues se délient pour reconnaître explicitement que la démocratie commence à coûter cher au pays. Une telle idée n’en cacherait-elle pas une autre ? Ne signifie-t-elle pas que l’on déplore ce côté couteux de la démocratie et l’on voudrait entamer un mode de gestion politique beaucoup plus souple mais plus intéressé ? Autrement dit, s’agit-il déjà d’un aveu d’impuissance ou d’abandon ? Dans ce dernier cas, ça signifierait-il que les élections deviennent incertaines en 2016 ?
Boulimie ?
Joseph KABILA a reçu en consultation les délégations de deux chambres du parlement, respectivement le 16 juin pour la chambre basse et le 17 juin pour la chambre haute, donc au lendemain de la fin de la session ordinaire d’avril, fin intervenue le 15 juin dernier. Cette session ordinaire d’avril 2015 a consacré le rejet par l’Assemblée nationale du projet de loi sur la répartition des sièges des élections locales. En même temps du côté de la Céni, on a relevé le cas de doublon dans les listes des députés provinciaux. Autant de malaises qui montrent que la RD Congo marche sur des charbons ardents. Seulement, dans les propos de MINAKU et de KENGO, tous reconnaissent que les finances posent problèmes mais qu’effectivement l’on devrait d’abord vider les arriérés électoraux avant d’entamer le reste. Volonté d’aller de l’avant oui ! Mais volonté entachée d’épines. Surtout si l’on sait que le pays n’a pas de budget conséquent à l’organisation des élections au plus profond des arriérés. Surtout aussi, si l’on sait que la communauté internationale encourage d’aller plutôt prioritairement vers les élections législatives et présidentielles en 2016. Cela donne l’impression qu’il y a des germes d’autodestruction dans cette volonté politique des uns et des autres. Il n’en saurait être autrement. On sait que KABILA a demandé aux parlementaires d’envisager dans l’immédiat une session extraordinaire qui se pencherait rapidement sur le projet de loi sur la répartition des sièges, projet rejeté courageusement, dit-on au niveau de l’Assemblée nationale pour des incohérences notoires. Les deux chambres tiendraient-elles des sessions extraordinaires en vue d’accoucher des décisions qui fâcheraient le Chef de l’Etat ? Ce ne serait-il pas lancer de nouveau un défi à KABILA ? Et puis qui ne dit pas que cette question a déjà été l’objet des concertations en sourdine ? Etant entendu que la grande majorité des délégations consultées officiellement et officieusement soutienne la démarche du Chef de l’Etat
Des risques évidents !
Allons dans l’hypothèse où effectivement l’on envisagerait de faire élire le Chef de l’Etat depuis le parlement. Ce serait quel parlement ? L’actuel ou le parlement à venir ? La chambre haute fait depuis 2011 l’objet d’arriéré électoral. La chambre basse est animée par un des éventuels dauphins de Joseph KABILA (rien n’est encore officiel sur cette question de dauphin). Ce qui est vérifiable c’est le fait que les deux-tiers des députés soutiennent KABILA et que le mandat de tous est censé prendre fin en même temps que celui du Chef de l’Etat en place.
Dans tous les cas pouvons-nous déduire que ce parlement regorge des représentants du peuple au cœur d’ange et donc digne de confiance, considérant que la plupart en est arrivé là par des moyens pas très catholiques ? Ce mode de désignation ne consacrera-t-il pas des guerres civiles telles que vécues en 1960 ? Des guerres civiles seront à l’avantage de qui ? Sinon d’un dictateur qui s’imposerait et qui dirigerait de nouveau sans partage aucun ! Cette classe politique ne prépare-t-elle pas un coup de cette nature en cherchant à immiscer au perchoir du pays et au sommet de l’Etat un acteur politique qui aurait des velléités dictatoriales ?
L’évidence à retenir est que suite à des contraintes financières, il serait difficile soit pratiquement impossible d’organiser des élections dans le délai constitutionnel. Tout le monde ne le dit pas de manière claire. La vérité sortira sans nul doute du très prochain dialogue. Après la consultation jeudi 18 juin dernier des patrons de la presse, pour la plupart journalistes, on opine ça et là que Kabila s’est dévoilé sur le très prochain ordre du jour du dialogue à tenir : Elections et calendrier électoral, sécurisation des élections, enrôlement des jeunes majeurs, financement des élections et, enfin, accompagnement ou non de la communauté internationale au processus électoral.
Après l’écoute des Congolais consultés par lui et par les Gouverneurs des provinces, Joseph Kabila envisage peut-être cette semaine déjà, de se retirer avec une équipe d’experts pour trancher, en dégageant de la synthèse qui sera faite des vraies orientations et la suite des événements. Le goût de l’inattendu étant politique, l’on devrait s’attendre à tout. Oui à tout. Parce que, selon lui il sera question soit de la tenue du dialogue soit de la non tenue du dialogue.
Dans le cas de la tenue du dialogue, il faudrait alors le convoquer en bonne et due forme. Ce qui suppose de fixer une fois pour toutes, les esprits sur la problématique du format, du timing et du nombre de participants, voire des objectifs poursuivis. Dans le cas de la non tenue du dialogue, il reste clair qu’il serait question de privilégier d’aller aux élections, en tenant compte de tous les contours et altercations qui en découleraient.
Une révélation faite par Kabila devant les patrons de la presse est celle sans doute qui a fait allusion à cette mutation attendue. Pour lui, il faudrait à tout prix sortir du Zaïre pour entrer effectivement dans l’ère de la RD Congo. Cela est entendu comme une ère où les gens ne penseraient plus du tout au Zaïre. Ceci sera un acte de patriotisme qui exigerait une identité culturelle, laquelle définirait tout fils et toute fille du pays partout il serait. Kabila pense que si cette mutation était bien appréhendée, le rôle des partenaires internationaux ne se limiterait désormais qu’au seul accompagnement. Les sujets touchant à la souveraineté du pays seraient désormais une affaire avant tout nationale.
Un autre point révélé est celui de l’identité de la classe politique congolaise. Une classe en proie à des contradictions et au volte-face. Une classe politique, qui a exigé le dialogue et qui tourne le dos au même dialogue le moment venu, sans nul doute animée par des velléités séparatistes. Kabila s’en étonne d’ailleurs.
Un autre risque c’est ce mensonge qui entoure le chiffre du coût des élections. Le président du Sénat, Léon Kengo a déclaré mercredi 17 juin que les élections pourront coûter 900 millions USD et non pas plus d’un milliard comme on l’annonce ailleurs. Même à ce niveau des interrogations demeurent : Devrait-on revoir à la baisse le budget des élections sans risque d’entacher la qualité des élections ? La RD Congo peut-elle mobiliser ces fonds à elle seule ? La communauté internationale devrait-elle aider la RD Congo à mobiliser ces fonds ?
Toutes ces questions vont trouver des réponses bientôt. MINAKU et KENGO trouveront des réponses, au-delà du dialogue. Ca se ficelle et ça va se chuchoter si des réponses sont trouvées. Rien ne se cache sous le ciel politique congolais.

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