Obama à Selma: «L’histoire raciale étend toujours son ombre sur nous»

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A la tribune : la famille Obama, l’ancien président George W. Bush, et John Lewis, leader de la marche de 1965 et qui siège aujourd’hui à la Chambre des représentants. Avec eux, quelque 40 000 personnes ont submergé la petite ville américaine de Selma, ce samedi 7 mars, pour rendre hommage aux militants des droits civiques sévèrement réprimés sur le pont Edmond Pettus lors de la célèbre marche de Martin Luther King. Pour les 50 ans du « Bloody Sunday », la foule attendait des paroles fortes du premier président noir du pays.

Si quelqu’un m’avait dit qu’un jour je serai de retour ici pour vous présenter le premier président afro-américain, j’aurais dit : » «Vous êtes fous ! Vous avez perdu la raison ! Vous dites n’importe quoi ! »

Tout est dit ou presque par John Lewis. Un président noir qui salue les survivants du « Bloody Sunday » : aucun d’entre eux n’auraient pu l’imaginer. Mais au-delà du symbole et de l’émotion, Barack Obama a prononcé le discours que la communauté noire attendait. Le tabou est brisé avec la reconnaissance des problèmes raciaux qui demeurent aux Etats-Unis :
« Ce serait une erreur fondamentale de dire que Ferguson est un incident isolé, que le but qui a mené ces hommes et ces femmes à Selma a été atteint, a lancé Barack Obama. Nous n’avons pas besoin d’un rapport sur Ferguson pour savoir que cela n’est pas vrai ! Nous devons juste ouvrir nos yeux et nos oreilles pour savoir que l’histoire raciale de cette nation étend toujours son ombre sur nous. »
De l’avis de beaucoup dans l’assistance, pour la première fois en six ans de présidence, Barack Obama a parlé avec son cœur, il s’est exprimé en tant qu’homme noir, en empathie avec sa communauté et non en leader politique. Le président a exhorté les jeunes à reprendre le flambeau et à agir pour leurs droits sans se lamenter sur un système américain loin d’être parfait – Barack Obama le reconnait.
Une foule conquise par le discours d’Obama

Le président des Etats-Unis a prononcé à Selma le discours que la communauté noire espérait, le discours qui n’avait pas été prononcé à Ferguson, Cleveland ou New York, après la mort de citoyens noirs tués par des policiers blancs. Comme André, venu avec son petit garçon, nombreux sont ceux qui sont repartis le sourire aux lèvres :
« Son discours a été magnifique, dit-il. Il a parlé d’égalité et il a dit que l’un des objectifs les plus importants est que nous allions voter (voir encadré, Ndlr). Nous devons mener notre combat, et nous, les jeunes, passer moins de temps à geindre. Nous devons nous motiver pour reprendre le travail que les anciens ont fait avant nous. »

Des étudiants et lycéens des quatre coins des Etats-Unis étaient là, guidés par des professeurs qui avaient l’intention de leur montrer un moment d’histoire. Un public à 90% afro-américain, qui a très bien reçu le message de Barack Obama : les objectifs des marcheurs de Selma n’ont pas tous été atteints ; il faut que les plus jeunes se prennent en main.

Le droit de vote menacé aux Etats-Unis

Barack Obama a été ovationné lorsqu’il a évoqué le droit de vote. C’est la cause qui avait mené les marcheurs sur le pont il y a 50 ans et c’est un droit, selon Barack Obama, qui est toujours menacé aujourd’hui. Le président fait allusion aux Etats américains qui, profitant d’une faille dans le système, demandent désormais des cartes d’identité avec photo aux électeurs pour pouvoir voter, une condition impossible à remplir dans ce pays pour les moins éduqués et les plus pauvres, parmi lesquels une très forte majorité afro-américaine.

« En faisant des efforts, nous pouvons protéger les fondations de notre démocratie pour lesquelles tant de marcheurs ont traversé ce pont, et c’est le droit de vote dont je parle ! Aujourd’hui, en 2015, 50 ans après Selma, nous avons des lois à travers ce pays qui sont taillées sur mesure pour empêcher les gens de voter. Et alors que nous parlons, de nouvelles lois de ce genre sont en gestation. La loi sur le droit de vote, avec tout ce sang versé, tant de larmes et de sueur, le produit de tant de sacrifices, est affaiblie. Comment est-ce possible ? », s’est exclamé Barack Obama.

Et de lancer un appel aux parlementaires : « La loi sur le droit de vote est l’un des accomplissements de notre démocratie. Le président George Bush l’a renouvelée lorsqu’il était en fonction. Une centaine de membres du Congrès sont venus ici pour rendre hommage à ceux qui ont risqué la mort pour protéger ce droit. Si nous voulons commémorer ce jour, il faut que ces 100 parlementaires rentrent à Washington et rassemblent 400 parlementaires de plus, et qu’ensemble, ils fassent la promesse de faire revivre cette loi cette année. Et c’est pour cela que nous sommes sur ce pont ! »

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