Phénomène “Moutons noirs” : Le remède dévoilé au cours d’une soutenance de mémoire à l’Ifasic

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L’assainissement des médias et les Moutons noirs dans la presse écrite de Kinshasa’’, tel est le titre du mémoire soutenu mercredi 11 mars dans la salle de l’école doctorale de l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (Ifasic) par l’étudiant, Munor Kabondo en vue de l’obtention du diplôme de licence en Journalisme Politique Intérieure, filière presse écrite. Devant un jury composé du professeur Alexis Mbikayi comme président, du professeur Henri Kokolo comme secrétaire et du professeur Jean-Chrétien Ekambo comme directeur de son mémoire, le récipiendaire qui a ouvert la session spéciale de soutenance des mémoires à cet alma mater, a dévoilé au public le contenu de ses recherches étalées dans un support de 119 pages. Constitué de quatre chapitres, ce mémoire parle de la persistance du phénomène ‘‘moutons noirs’’ dans la presse écrite de Kinshasa et des faiblesses de la politique d’assainissement des médias par l’Union nationale de la Presse du Congo (UNPC). Dans son discours, Munor Kabondo a expliqué au jury et à l’assistance la quintessence de ses recherches scientifiques. Il est parti du constat selon lequel, il existe actuellement plusieurs moutons noirs dans les journaux de Kinshasa.

Ces personnes sans aucun bagage sur le journalisme, s’improvisent journalistes et s’adonnent aisément à l’exercice de ce métier, plongeant ainsi le public dans une désinformation totale. Selon les recherches de l’étudiant, les moutons noirs se retrouvent aujourd’hui dans certains organes de presse dirigés par des journalistes professionnels et dans ceux créés par eux-mêmes. Plus grave encore, certains d’entre eux ont réussi à se trouver une place dans des structures chargées de réguler les médias. S’appuyant sur la dernière cartographie publiée par le ministère des Médias, le récipiendaire a démontré au jury et à l’assistance que Kinshasa seule a compté en 2012 un nombre de journaux et écrits périodiques estimé à 445 journaux recensés. Sur ce nombre, plus de 333 ont paru durant cette période à Kinshasa. Dans la capitale congolaise, seulement environ 144 ont obtenu l’autorisation du ministère des Médias. En revanche, au moins 189 journaux ont existé en 2012 sans être reconnus par le ministère de tutelle. Au ministère des Médias, on affirme que cette réalité traduit la situation réelle du secteur médiatique depuis 1990, année où la notion de pluralité des médias a été introduit dans le pays.

Les membres du jury,  les professeurs Jean-Chrétien Ekambo Duansenge, Alexis Mbikayi et Henri Kokolo congratulent le récipiendaire, Munor Kabondo

Les membres du jury, les professeurs Jean-Chrétien Ekambo Duansenge, Alexis Mbikayi et Henri Kokolo congratulent le récipiendaire, Munor Kabondo

Malheureusement, s’est indigné Munor Kabondo, cette situation persiste aujourd’hui malgré l’existence de l’Union nationale de la Presse du Congo (UNPC) et d’autres structures de régulation et réglementation des médias en RDC. Dans une série des questions et réponses, le récipiendaire du jour a souligné que la responsabilité de l’aggravation de ce phénomène est partagée. Selon ses analyses, il y a d’abord la responsabilité de la corporation des journalistes qui est restée pendant longtemps insensible à ce phénomène. Aussi, les responsables des organes de presse acceptent d’engager des personnes non qualifiées pour exercer ce métier, alors que la loi sur le statut du journaliste en RDC exige 12 mois de stage professionnel pour ceux qui sont diplômés en journalisme et 24 mois pour ceux qui viennent d’ailleurs. La responsabilité revient aussi à l’UNPC qui, selon le chercheur, doit subir une régulation interne pour mieux répondre à sa mission. Pour mener à point sa démarche, il a construit son cadre théorique avec deux théories. Il s’agit de la théorie de la Régulation de Jean-Daniel Reynaud et de la théorie de l’Agenda setting de Maxwell Mc Combs et Donald Show.

La première lui a permis d’étudier la politique de l’UNPC. Cette théorie conditionne la bonne régulation par 5 éléments appelés ‘‘Pre-réquis de la régulation’’. Il s’agit de l’indépendance statutaire, l’indépendance technique, l’indépendance financière, la compétence et l’équipement. La seconde quant à elle, lui a permis de démontrer à quel point les moutons noirs ternissent l’image des médias en RDC. Cette théorie met en exergue la notion de la toute puissance des médias. Ceux-ci ont un pouvoir sur le public lorsqu’ils offrent à ce dernier des informations selon un certain nombre des critères appelés en journalisme critères de sélection d’informations. Les moutons noirs qui ne sont pas outillés en la matière, passent outre cet élément et du coup ternissent l’image des journaux de Kinshasa. ‘‘Avant, lorsqu’ une information était livrée par les médias, elle était acceptée à 90% par le public. Aujourd’hui, c’est chose impossible parce qu’on a abandonné les médias entre les mains des personnes non professionnelles’’, a indiqué Munor Kabondo avant d’ajouter que lorsqu’un journal peut publier sans avoir une adresse physique, sans document légal et sans personnel, il faut s’attendre à la dégradation du métier.

‘‘Nous avions raison de venir prendre part à cet exercice scientifique, car connaissant le récipiendaire et son sujet, on s’attendait à une soutenance qui ne pouvait en aucun cas jeter de l’opprobre sur l’assistance’’, a indiqué Tridon Ilunga devenu depuis octobre 2014 licencié en Communication des Organisations avec la mention distinction à l’Ifasic.

‘‘C’est un travail original’’, a estimé le professeur Jean-Chrétien Ekambo qui a dirigé le mémoire de l’étudiant en s’adressant aux membres du jury. ‘‘Nous avons laissé le récipiendaire évoluer librement dans ses recherches et voilà le résultat. Ce travail va aider beaucoup des chercheurs’’, a-t-il renchérit. Pour clore son mot, il a recommandé à l’étudiant de déposer un exemplaire de son travail à l’UNPC. Confiant en l’avenir du secteur de la presse congolaise, Munor Kabondo a dédié son mémoire aux étudiants, enseignants et acteurs qui œuvrent pour redorer l’image des médias en RDC. ‘‘Il est vrai qu’aujourd’hui, ce phénomène semble prendre le dessus, mais cela n’empêche pas aux nouveaux venus d’embrasser le journalisme comme pour dire qu’un jour ça marchera’’, a espéré Munor congratulé par ses collègues au sortir de la salle.

Dominique Kalala

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