PROJET DE REDUCTION DU MANDAT PRESIDENTIEL AU SENEGAL : Le jeu du clair-obscur de Macky Sall

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C’était une promesse de campagne du président sénégalais. Une promesse qui était censée renforcer son image de démocrate bon teint sur un continent où la plupart des dirigeants, non satisfaits d’être mal élus, évaluent leur popularité à l’aune de leur longévité au pouvoir. Cette promesse consiste à réduire la durée du mandat présidentiel de 7 à 5 ans, et, encore plus surprenant, cette loi devrait s’appliquer immédiatement au mandat du président en exercice qui n’est autre que Macky Sall lui-même. Beaucoup parmi ses compatriotes y ont vu un véritable coup de pouce au renforcement de la démocratie sur le continent. Pour tout dire, avec cette décision, le président Macky Sall a fait preuve d’une audace que tous les démocrates sincères ont applaudie à sa juste valeur. Mais une telle audace, on s’en doute, ne pouvait pas manquer de détracteurs. Et au nombre de ceux-ci, on savait que figureraient tous ces despotes qui, bien que n’ayant rien à apporter pour améliorer la vie de leurs compatriotes, restent convaincus que la meilleure chose qu’ils puissent offrir à leur peuple reste leur présence le plus longtemps possible « à la tête de l’Etat. » Ce que personne n’avait imaginé, c’est que du camp présidentiel même, puissent un jour s’élever des voix pour combattre ce projet. Et pourtant, c’est bien ce qui fait en ce moment des gorges chaudes au sein de la coalition qui a porté Macky Sall au pouvoir. Pourquoi ces réticences contre ce projet jusque dans le camp même du président ? S’agit-il d’une mise en scène ou d’une véritable hostilité qui pourrait faire échouer ce projet présidentiel et même, à la longue, provoquer des brèches au sein de la majorité au pouvoir ? Il ne fait pourtant aucun doute que le président Sall a pris la pleine mesure du péril qu’il fait peser sur sa coalition. Alors qui saura lire dans ce jeu du clair-obscur que joue le président sénégalais ?
Le silence de Macky Sall face aux frondeurs de son propre camp laisse penser qu’il veut se dédire
Une chose est sûre, Macky Sall est prisonnier de cette promesse de campagne. Il sait qu’il joue sa crédibilité auprès d’une bonne partie de son électorat qui pourrait le sanctionner à la prochaine présidentielle pour promesse non tenue. Or, c’est justement le non-respect de la parole donnée qui a suscité la création de la coalition nationale qui a permis finalement d’éjecter son prédécesseur du fauteuil présidentiel. Peut-il alors à son tour prendre le risque, à l’orée de nouvelles élections, de revêtir le costume de renégat ? Cette hypothèse est bien peu probable.
C’est pourquoi beaucoup d’acteurs de la scène politique aujourd’hui, s’accordent à penser que le président Sall, en bon politicien, veut faire porter par sa coalition le chapeau d’une promesse qu’il n’est plus capable d’honorer. Cela est d’autant plausible que Macky Sall laisse à ses ministres, la liberté de s’exprimer publiquement sur le sujet et dire à haute voix leur hostilité. Pourtant, il aurait dû leur rappeler le principe de solidarité gouvernementale.
Ce silence que Macky Sall observe face aux frondeurs de son propre camp laisse penser qu’il veut se dédire. Au contact du pouvoir, celui-ci a compris l’inanité, sinon même le danger d’une telle promesse et cherche donc à amener son propre camp à lui offrir une sortie honorable, en s’y opposant ouvertement. Or, on peut dire que cette loi, si elle est votée, présente bien des avantages autant pour l’opposition que pour la majorité au pouvoir. Cette réduction de la durée du mandat présidentiel devrait permettre à tous les ambitieux du parti présidentiel et de la coalition de ne pas avoir à ronger plus longtemps leurs freins, avant de pouvoir faire valoir leur prétention à un destin national. Pourquoi alors cette levée de boucliers ?
Faut-il penser que Macky Sall est sincère dans sa démarche mais que celle-ci se heurte aux ambitions de certains membres de sa coalition qui tiendraient des agendas cachés ?Dans tous les cas, c’est toujours Maky Sall qui sera le grand gagnant de ce bras de fer entre lui et ceux qui lui ont permis d’être élu et qui, aujourd’hui, s’opposent à la réduction de la durée du mandat présidentiel. Pour l’instant, tout laisse penser que Maky Sall est en train de rouler certains éléments non avertis de sa coalition dans une boue très … sale.
Dieudonné MAKIENI

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