R. Tshibanda : «La Monusco a décidé de ne pas lutter contre les FDLR pour des raisons fallacieuses»

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La Mission onusienne en RDC (Monusco) a suspendu son appui à l’armée congolaise dans les opérations contre les FDLR. En réponse, Kinshasa a décidé de traquer seul ces rebelles rwandais. De passage à Paris, Raymond Tshibanda, le chef de la diplomatie congolaise, a expliqué à «Jeune Afrique» les raisons de cette décision. Interview exclusive.
Ensemble, la mission onusienne en RDC (Monusco) et l’armée congolaise ont vaincu la rébellion du Mouvement du 23-Mars (M23), fin 2013. Mais pour la traque des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), leur chemin se sépare. En tout cas, les deux forces ne parlent plus le même langage. Que s’est-il passé ? De passage à Paris où il a notamment rencontré son homologue français Laurent Fabius, Raymond Tshibanda, le ministre congolais des Affaires étrangères, s’est confié à Jeune Afrique, le 26 février.

Jeune Afrique : La RDC a renoncé au soutien de la Monusco dans le cadre des opérations contre les FDLR. Cela ne risque-t-il pas de renforcer les soupçons selon lesquels Kinshasa ne veut pas en finir véritablement avec les rebelles rwandais ?

Raymond Tshibanda : Je suis toujours surpris par des interprétations que j’entends. Comment pouvons-nous renoncer à une assistance qui nous est retirée ? Beaucoup semblent oublier la chronologie : ce sont les Nations unies qui ont d’abord suspendu leur soutien à l’armée congolaise. Et, par la suite, nous avons pris acte de cette décision.

La Monusco exigeait le retrait des généraux Sikabwe Fall et Bruno Mandefu de la tête des opérations contre les FDLR, les deux commandants étant soupçonnés d’avoir commis des violations des droits de l’homme dans le passé…

Commençons par les faits et l’on verra de quel côté se trouvent la vérité et la volonté de mener des opérations contre les FDLR. Nous, Monusco et armée, nous avons tout planifié du début jusqu’à la fin. Mais c’est au lendemain de la décision de lancer la traque que la Monusco nous annonce qu’elle a des problèmes avec les deux généraux.
À aucun moment, la Monusco ne nous a saisi formellement au sujet de ces deux commandants.
Aussi avons-nous établi une procédure avec la Monusco : elle est censée nous communiquer formellement les noms des officiers soupçonnés d’avoir commis des violations des droits de l’homme. À aucun moment, elle ne nous a saisi formellement au sujet de ces deux commandants.
La même Monusco a coopéré avec les mêmes officiers dans des opérations contre d’autres groupes armés. Que reproche-t-elle vraiment à ces officiers ? Jusqu’aujourd’hui, pas de réponse. La question qui se pose est la suivante : qui veut réellement mener des opérations contre les FDLR et qui cherche comment ne pas y participer ?

Mais l’armée congolaise a-t-elle les moyens de mener seule la traque contre les FDLR ?

Quel rôle a-t-elle joué pour neutraliser le M23 ? Elle a été certes appuyée par la brigade des Nations unies, mais elle a fait 99 % du travail. Qui a mis en déroute les rebelles ougandais ADF (Forces démocratiques alliées) ? Ces derniers se sont réduits à des actes terroristes isolés qui font beaucoup de mal aux civils, mais ils ne constituent plus aujourd’hui une force organisée. Là encore, le travail a été fait à 100 % par l’armée congolaise. Sans appui de la Monusco !
Kinshasa peut donc se passer de l’appui de la Monusco et pacifier l’Est ?
Avec ou sans la Monusco, nous allons mener des opérations contre les FDLR. Et ces opérations ont déjà commencé. Mais nous souhaitons être accompagnés par la Monusco. Parce qu’il est clair qu’elle peut nous apporter un soutien nécessaire sur le plan de la logistique, parfois même un «appui feu». Et nous nous sommes beaucoup battus pour le déploiement de la brigade d’intervention en RDC qui a également le mandat de neutraliser les «forces négatives».
C’est la Monusco qui a décidé de ne pas participer aux opérations contre les FDLR.
Donc, nous ne sommes pas contre l’appui de la Monusco. C’est elle qui a décidé de ne pas participer à ces opérations. Et je viens de démontrer que les raisons qu’elle évoque sont fallacieuses. La Monusco nous a dit que, dans telle autre opération, elle a utilisé une disposition du règlement qui stipule que, quand l’affaire est importante, on peut obtenir un «waiver» (dérogation). Ce qui signifie l’opération contre les FDLR ne serait pas suffisamment importante pour l’ONU. On peut la mettre en péril en suspendant le concours des Casques bleus, alors même qu’il y a la possibilité d’obtenir le «waiver»…

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