RDC: Concertation ou dialogue

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Joseph Kabila a ratissé large. Il doit encore consulter des responsables de partis politiques, et d’autres leaders d’opinion à titre individuel. Toutefois, de la société civile à la classe politique en passant par les confessions religieuses, les institutions citoyennes, le pouvoir traditionnel coutumier et le secteur privé, il a rallié la majorité des tendances consultées.
Depuis lundi ; Kabila a commencé une série de consultations en vue du dialogue politique ou mieux des concertations politiques réclamées par l’opposition depuis le début du mandat 2011. Entretemps, le pays est sous tension à l’approche d’un cycle d’élections devant s’achever en novembre 2016 avec comme on le sait bien l’élection présidentielle.
Après le tête à tête en huis clos avec Joseph Kabila, ses hôtes, tous, ont rassuré et se sont rassurés devant les journalistes que le dialogue format Kabila vaut la peine d’être tenu. Etonnamment que cela puisse paraître la pièce du puzzle se met en place au grand gain du consulteur. Si on ne connaissait pas la RD Congo, on pourrait dire que cette fois là c’est le bon. Mais… Oui il y a un « mais » et un grand « mais » qui donne des insomnies encore une fois à tout le monde. Il n’est pas encore bon de crier victoire. Le faire serait encore une fois se moquer de l’opinion nationale et internationale. Des grandes questions restent encore sans réponses. Et la principale question est celle de l’alignement de l’opposition dans son ensemble. Tout se passe comme si cette fois-là, l’Eglise catholique ne posera plus de problème. Elle qui est devenue aussi opposant à sa manière. Du moins, si l’on s’en tient à sa position officielle actuelle affichée. Alors, la question : Joseph Kabila va-t-il y aller avec la bonne opposition ou la mauvaise opposition aux concertations?
Eh oui ! L’examen final n’est point encore passé pour Kabila. Il reste et demeure cette Opposition à multiples têtes, opposition alignée d’une part et non alignée d’autre part. L’on pourrait dire que l’opposition alignée est celle consultée et qui se dit être prête à embarquer dans les concertations format Kabila. L’opposition non alignée serait donc celle qui refuse toutes concertations avec Joseph Kabila sans des préalables. Et ces préalables distinguent encore d’autres tendances au sein de cette opposition non alignée.
Pourtant, des concertations sans la participation de toute l’opposition ne rassure pas du tout. Vu sous cet angle, il est vrai ce ne serait que recherche de positionnement pour certains et de repositionnement pour d’autres. Le cas de l’embarquement du Mlc version Thomas LUHAKA en est une belle illustration.

Quid de l’opposition alignée?
Dans cette liste, il faut mettre l’opposition dite républicaine, celle qui participe dans les institutions. Là encore, les termes n’ont de sens que dans la vision rdcongolaise. Retenez seulement que cette opposition ne pose point des préalables extrémistes, sa position étant claire. Et pour preuve, l’énigmatique Ne Muanda Nsemi, consulté mercredi 3 juin à 19h34, surprend ceux qui le connaissent comme un farouche. Il n’en est point. Il ne l’est plus: « Le délai constitutionnel, c’est des mots… Il ne faut pas être victime des textes… Il faut aller au dialogue pour harmoniser les divergences sur le calendrier de la Céni». Ne Muanda Nsemi ne comprend pas pourquoi certains leaders politiques se rebiffent alors qu’ils ont souhaité et sollicité un dialogue politique.

Pour le leader du CONGO PAX, Kabila consulte justement toutes les tendances afin d’être rassuré si tout le monde est pour la tenue des concertations. Le député Ne Muanda Nsemi soutient que dans la conjoncture actuelle, le pays est incapable d’organiser de vraies élections. Il pense qu’il y a des problèmes à résoudre par le dialogue avant toute organisation des scrutins. Il estime d’ailleurs pour ce faire que la CENI devrait d’abord présenter un travail de qualité. Ce qui pour lui permettrait à tout le monde d’aller aux élections avec confiance, étant donc convaincu que le fait de n’être pas dans le délai constitutionnel ne résout pas un autre problème qui risquerait de se poser si les futurs scrutins étaient non crédibles.

Un autre leader consulté et dont la résurrection a surpris, c’est sans doute Azarias RUBERWA MANIWA. Ce dernier, très absent politiquement parlant apparaît de temps en temps pour jouer sa carte politique et disparaître par la suite. Azarias RUBERWA est clair : « Il faut prévenir des situations telles que la crise burundaise… Voilà donc pourquoi il est nécessaire de dialoguer». Pour lui donc, le dialogue permet d’obtenir un cycle électoral réaliste. C’est pourquoi il n’hésite pas à soutenir qu’il faut bannir tout sentiment et privilégier le seul principe de démocratie qu’est le dialogue.

Quid de l’opposition non alignée ?

Dans cette classe, les partis qui y sont posent des conditions comme préalables à toute participation au dialogue. L’UDPS de TSHISEKEDI par exemple conditionne sa participation sous le format national préconisé par la communauté internationale. Son secrétaire général, Bruno MAVUNGU, qui a fait cette déclaration à l’AFP fait donc référence à la résolution 2211 adoptée en mars dernier par le Conseil de sécurité de l’ONU et qui autorise la Mission des Nations Unies en RDCongo (Monusco) à apporter sa contribution dans les discussions inter-congolaises destinées à sortir le pays de la crise politique qu’il traverse depuis 2011, en vue de permettre la tenue des élections apaisées. Pour le secrétaire général Bruno MAVUNGU, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social ne participerait au dialogue que si celui-ci est orchestré par un médiateur étranger.

En définitive, l’on retiendrait que l’UDPS ne soutient pas un quelconque dialogue sous le format voulu par Joseph Kabila qu’il considère comme un imposteur. Le parti cher à Etienne TSHISEKEDI justifie sa position à la suite de la tenue des rencontres l’année passée avec les représentants de la communauté internationale et des représentants des partis politiques toute tendance confondue. Il sied de préciser à ce niveau que ces rencontres, en ce moment là, avaient abouti aux conclusions selon lesquelles le seul dialogue qui était envisageable devrait impliquer la communauté internationale. Le parti de la 10e Rue LIMETE affirme donc n’avoir pas besoin d’être consulté par Joseph KABILA puisque, selon lui, ce dernier dispose déjà de la feuille de route de l’UDPS, laquelle a été transmise par le truchement de son émissaire KALEV MUTOND et la quelle feuille de route donne clairement la position de ce parti par rapport à l’organisation du dialogue.

Outre les partis de la majorité, les groupes parlementaires de l’UDPS et les partis comme le MLC de Jean Pierre BEMBA, et l’UNC de Vital KAMERHE, précisons le tout de suite, ont été invités à rencontrer le Chef de l’Etat cette semaine.

Quid de la position des confessions religieuses et des institutions citoyennes

Lundi dernier, les confessions religieuses ont été consultées. L’Eglise catholique par la CENCO, conduite par Mgr Nicolas DJOMO, son Président, l’Eglise du Christ au Congo (ECC) par son représentant Mgr MARINI BODHO, et d’autres représentants des Eglises Kimbanguiste et Musulmane.

L’église catholique qui pose de temps en temps des problèmes par ses positions ambigües, soutient jusque-là le respect du calendrier électoral et de la Constitution. L’Abbé Léonard SANTEDI qui a donné la position de l’église catholique au sortir de l’audience avec Joseph KABILA, a rappelé que les évêques souhaitent qu’il y ait un consensus de toute la classe politique au sujet du calendrier électoral, en soulignant que ce dialogue devrait se faire dans le respect des règles constitutionnelles. Rien n’est donc à craindre du côté de l’église catholique et de l’ECC qui, apparemment ne vont pas boycotter le dialogue préconisé par le Chef de l’Etat.

Les Églises de réveil soutiennent de leur part toute initiative du Chef de l’État. Le pasteur Albert KANKENZA qui a représenté cette portion a soutenu que puisque l’Eglise prône l’amour, le pardon et la réconciliation, le dialogue est donc une bonne chose.

Opportunité du dialogue sans la participation de tous
Kabila devrait-il de nouveau tenter le coup d’aller au dialogue avec la seule opposition alignée, cette carte que lui seul sait abattre lorsque les autres reculent ? Est-ce cela l’objectif des concertations telles qu’il l’envisage? D’aucuns pensent qu’un dialogue qui n’aligne pas toute l’opposition, elle-même minée par des luttes internes de leadership, est un dialogue raté d’avance. Ce qui est sûr, les choses se présentent telles que si jamais cette fois-là l’Opposition ne s’aligne pas en ordre utile ou mieux si elle persiste à y aller encore une fois en ordre dispersée, elle va donner une fois de plus la preuve à l’opinion nationale et internationale de sa mauvaise foi et donc de rassurer Joseph KABILA, le principal challenger et bénéficiaire.
Beaucoup soutiennent que KABILA joue sa dernière carte. De la bouillabaisse qui naitrait de cet imbroglio, il prendrait ceux qui ne valent rien et redistribuerait des cartes autrement à son avantage. Il cherche donc à gagner du temps et des nouvelles recrues à sa cause politique. Son idée, prolonger les choses et négocier avec ceux qui le veulent, la politique ayant horreur du vide. Ce qui énerverait et de l’énervement rien de bon ne va accoucher. On prendrait donc les mêmes et on recommencera. Qui dit mieux ?

Mukar et Eben Ezer

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