Sénégal : Abdoulaye Wade hors contrôle à l’égard de Macky Sall

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Le chantre du Sopi ne décolère pas. Depuis que le parquet a requis 7 ans de prison et 380 millions d’euros d’amende contre son fils Karim Wade, il dérape. La dernière en date est sa sortie au cours de laquelle il a chargé l’actuel président Macky Sall. Abdoulaye Wade a déversé sa diatribe sur son successeur qui aurait commis un crime de lèse-Wade en faisant enfermer son fils.
Visiblement, la rougeur du vieux est proportionnelle à son âge (88 ans). Aussi, n’a-t-il pas de limite quand il faut régler des comptes quitte à employer des mots inappropriés. Devant la presse qu’il a convoqué dans sa villa de Fan à Dakar, Gorgui a été sans retenu envers Macky Sall. Il n’a pas pris de gant pour vider son sac (A moins qu’ils en restent encore).
«C’est un descendant d’esclaves. Les villageois de sa contrée d’origine l’ont expulsé. Il n’était pas sorcier, mais ses parents étaient anthropophages (cannibalisme). Ses parents mangeaient des bébés et on les a chassés du village. C’est par la suite qu’ils ont commencé à fréquenter leurs concitoyens normaux…Vous savez si un enfant est impoli, il entendra conter les circonstances de la circoncision de son père. C’est-à-dire que tu entendras des vérités que tu n’aurais pas voulu entendre. On aurait pu vivre jusqu’à la fin du temps sans que personne ne soit au courant, mais je le dis. S’il veut, il peut m’enfermer, mais c’est ça la vérité. Ceux qui sont propriétaires de la famille de Macky Sall sont toujours là, vivants. Il sait que c’est leur esclave. Je le dis et je l’assume parce qu’on ne peut pas toujours cacher les vérités. Cette insolence de Macky Sall est incompréhensible ».
Et de continuer dans ses insultes aux allures va-t-en guerre : «  Il faut l’arrêter, car on dit que c’est la force qui arrête la force, alors il faut l’arrêter par la force. Vous pouvez accepter vous les Sénégalais qu’il soit au-dessus de vous, mais moi jamais je n’accepterai que Macky Sall soit au-dessus de moi. Jamais mon fils Karim n’acceptera que Macky Sall soit au-dessus de lui ».
Des propos qui provoquent un choc et qui inquiètent au Sénégal au point où certains se demandent si le vieux n’est pas en train de « disjoncter » ? Macky Sall qui a failli intenter un procès contre lui, s’est finalement ravisé. Du côté du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), aucune sanction n’est encore prise pour censurer les médias qui diffusent l’intervention déplacée de l’ex- chef d’Etat sénégalais.
La délibération de la Cour de répression de l’enrichissement illicite prévue pour le 23 mars prochain. Gorgui  est décidé à livrer ses derniers combats pour l’amour d’un fils, fût-il «voleur». «Tant que je vivrai, je ne le laisserai faire. Ne nous en faites pas, il ne se passera rien. Macky Sall n’a pas d’éléments dans l’armée. Si toutefois il fait appel à l’armée, je ferai pareil et on verra…», menace-t-il.

Karim Wade : Ambition en berne en attendant son interminable procès

Alors qu’il aspirait à marcher sur les traces de son père, Karim Wade, fils et ancien ministre de l’ex-président sénégalais Abdoulaye Wade devra mettre provisoirement terme à ses ambitions politiques. La Cour de Répression et d’Enrichissement Illicite (CREI) l’a condamné à passer les sept prochaines années derrière les barreaux. En attendant la réponse de la justice à son appel, retour sur l’histoire de la terrible descente de cet économiste sénégalais.
La sentence a été lourde : Sept ans de prison ferme et 250 milliards de francs Cfa d’amende avec interdiction de droits civiques et confiscation de tous ses biens. C’est ce qui constitue la peine de Karim Wade pour s’être «illicitement enrichi». Ironie du destin ! Karim est incarcéré dans la maison d’arrêt où son père a séjourné plusieurs fois, bien souvent pour troubles à l’ordre public au lendemain de scrutins présidentiels controversés, en 1988 et en 1993.
A 47 ans, Karim Wade, en détention préventive depuis avril 2013, est accusé d’avoir illégalement acquis 117 milliards de francs CFA par le biais de montages financiers complexes du temps où il était conseiller puis ministre de son père, entre 2000 et 2012.

Karim Wade, dans l’ombre de son père

Avant  mars 2000, jour où Abdoulaye Wade, l’opposant historique d’Abdou Diouf a accédé à la magistrature suprême, son fils était méconnu de la société sénégalaise. Depuis ce jour là, Karim Wade a, de ses 1,90m, envahi la scène politique sénégalaise, au point où son ambition pour le fauteuil présidentiel a vite mûri.
A part le goût pour le pouvoir que Karim partage avec son père, Wade fils se différencie nettement de Wade père. A la différence de son père abonné aux geôles de son pays dans les années 1980 et 1990, Karim n’a jamais supporté l’idée de la prison ! La personnalité d’Abdoulaye Wade connue pour  sa verve et sa réactivité accrue tranche avec celle de Karim Wade, taciturne et grand timide, donnant  l’impression d’être constamment sur la réserve.

Si on le dit «gentil, affable et généreux», le fils du président reste insaisissable pour la plupart des Sénégalais qui ne savent pas grand-chose de sa vie.
Né à Paris, Karim débarque à Dakar avec ses parents à l’âge de deux ans. Il retourne en France après son brevet, en 1984, puis intègre l’internat de l’École Saint-Martin-de-France, avant de rejoindre la Sorbonne. Il en sort muni d’une Maîtrise en Gestion et un Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en ingénierie financière.
Après l’obtention de ce diplôme, il met ses compétences au service de USB Warburg, une banque à la City de Londres pour laquelle il négocie des contrats miniers et pétroliers en Angola, au Congo-Brazzaville et en Afrique du Sud.

Sa longue résidence hors de son pays d’origine rebute les Sénégalais qui le surnomment le «toubab» (le blanc), à cause de son wolof (dialecte sénégalais) approximatif et de son teint métissé.«Si Karim veut être président, il doit parler le wolof», titrait à la une L’Idéal, un journal populaire.
Une situation qui a sans doute amené le fils du président à affirmer sa «sénégalité». Il affectionne ainsi les grands boubous brodés, et aime fréquenter les lieux musulmans. Karim ira jusqu’à prendre une épouse sénégalaise, après le décès de sa femme d’origine française, en avril 2009, une épouse avec qui il a eu trois filles.

Après la victoire de son père au second tour de l’élection présidentielle, le 19 mars 2000, il fait des allers et retours entre Londres et Dakar avant de s’installer définitivement au Sénégal, en 2002.
Sur décision de son père, il devient conseiller personnel du chef de l’Etat, une fonction directement rattachée au Secrétariat général de la présidence de la République chargé de la mise en œuvre de Grands projets. Le 7 juin 2004, Karim gravit un échelon et est nommé par décret président de l’Agence nationale de l’organisation de la Conférence islamique (ANOCI), avec pour mission de préparer et d’organiser le onzième sommet de l’OCI qui s’est tenu, en mars 2008 à Dakar en présence des responsables de 57 pays musulmans.

Pour le président Wade, il était question d’attirer les investisseurs arabes. Son fils se charge des négociations des contrats, voyage et devient l’interlocuteur privilégié des pays du Moyen-Orient. En 2006, «le prince sénégalais» crée avec Abdoulaye Baldé, l’association «Génération du concret» visant à assurer l’adhésion populaire aux grands chantiers du moment tels que «l’ Aéroport international Blaise Diagne»  prévu à Diass, la restructuration des Industries chimiques du Sénégal (ICS) ou la mise en place d’une zone économique spéciale intégrée dans la capitale, dont il était le principal gestionnaire.
Petit à petit, l’association se muera en un nouveau mouvement politique. Karim Wade y voit une opportunité  de s’en servir pour emprunter la voie qui conduit au sommet de l’Etat. Cependant, les travaux de l’ANOCI prennent du retard et l’opacité de leur gestion n’est pas du goût du président de l’Assemblée nationale, Macky Sall, qui demande des explications à Karim Wade et le convoque en octobre 2007. La convocation est aussitôt annulée par Abdoulaye Wade.

Le 1er mai 2009, Karim Wade entre dans le gouvernement du Sénégal comme ministre d’État, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures. Le 5 octobre 2010, il est nommé ministre de l’Énergie par son père, en remplacement de Samuel Sarr, qui occupait ce poste depuis 3 ans.
L’ascendance politique de Karim Wade n’est pas du goût de certains dont le  journaliste Abdou Latif Coulibaly et l’ancien ministre Amath Dansokho qui l’accusent d’affairisme et de détournements de fonds publics. Dès lors, les procès en diffamation se sont succédés.

Sur les pas de son père à la prison de Rebeuss

La fortune de Karim Wade, évaluée à 700 milliards de francs CFA, intrigue la justice sénégalaise qui ouvre un procès. Après une audition par la commission d’instruction de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) demandant à Karim de justifier dans un délai d’un mois ses avoirs ainsi que ses biens (voitures, propriétés immobilières), il est inculpé d’«enrichissement illicite», et enfermé avec sept autres personnes à la prison de Rebeuss, à Dakar.

La justice n’est pas convaincue des justifications de Karim Wade qui assume et soutient avec attestations à l’appui, que ses biens étaient pour la plupart , des dons de son père.
Son procès est célèbre pour avoir été le plus long de l’histoire judiciaire du Sénégal. Le 17 février 2015, il est condamné à 7 ans de prison par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI). Le réquisitoire a été prononcé en l’absence du «toubab» et de ses avocats qui n’assistaient plus aux audiences de la CREI depuis la mi-janvier, dénonçant une atteinte à leurs droits…

Larissa AGBENOU/Le Pays

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