Session extraordinaire controversée au Sénat Kengo étranglé

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Une nouvelle session extraordinaire est convoquée au Sénat pour le 10 août. Un rendez-vous controversé dont le menu est composé de l’examen et de l’adoption du projet de loi sur la répartition des sièges pour les élections locales et provinciales. Un sujet véritablement sensible pour un round électoral sensible dans une atmosphère de glissement, alors que le Parlement sortait d’une autre, dimanche 2 août, accouchant presque d’une souris sur le sujet. En effet, 47 sénateurs ont voté pour, 2 non et 13 se sont abstenus. Pour une loi aussi vitale pour l’avenir politique de la RDC, la majorité semble non qualifiée. Si à la Majorité trouve la démarche constitutionnelle, l’Opposition en fait une lecture épouvantable et appelle au boycott. Elle perçoit cette nouvelle session parlementaire comme un subterfuge du pouvoir pour chercher à rester aux affaires en violation de la Constitution. ‘‘Pour l’Assemblée nationale à laquelle j’appartiens, avec l’article 57, la chambre ne peut pas être appelée en extraordinaire deux fois dans une même intersession ordinaire’’, affirme Jean-Baudouin Mayo Mambeke de l’UNC qui convoque en plus de la Constitution le règlement intérieur du Sénat. Et c’est à Kengo wa Dondo, qui a écouté la voix de la rue en janvier, de jouer la partition. Les jours qui viennent révéleront un nouveau personnage.

Forcing… On veut le coincer ! Va-t-il céder ? Avalera-t-il cette noix de coco sans être sûr qu’elle sortirait aussi facilement de son ventre comme elle a été avalée ? On le pince déjà et on le pousse par derrière ! Avec résistance ou non ? Surement on lui rappelle que c’est pour des moments comme celui-ci qu’il a été recommandé à la tête du Sénat congolais, la chambre haute du parlement… On fait comprendre surement à Léon Kengo qu’on compte sur lui. Que le pays ne devrait pas s’enflammer par sa faute ! Il ne dort pas surement ! Ses journées sont devenues obscures, aussi obscures que pour y échapper, il choisit de s’en dormir sur son siège arrière de son véhicule pendant que son gyrophare officiel forcerait le passage pour le conduire soit à son bureau soit ailleurs, en espérant sans doute échapper à ce qui l’attend s’il ne s’exécutait pas illico!! On n’imagine surement pas ce qu’il vît en ce moment, le pauvre. Il sait que rien ne l’autorise à ouvrir officiellement une autre session extraordinaire… La Constitution reste muette dans ce cas d’espèce…

Tout silence à propos d’une loi, devrait être brisé… les juristes le savent et devraient dire quelque chose. Les constitutionnalistes aussi ! Heureusement et malheureusement pour les uns et les autres, celui qui est en face de Kengo est constitutionnaliste ! Boshab sait ce qu’il en retourne. Il fait ses pressions, soutenu surement par qui l’on sait ! Pour s’en convaincre, lisons ensemble l’article 116 de la Constitution sur ce qui pose problème : ‘‘Chaque chambre du Parlement peut être convoquée en session extraordinaire par son président sur un ordre du jour déterminé, à la demande soit de son Bureau, soit de la moitié de ses membres, soit du Président de la République, soit du Gouvernement. La clôture intervient dès que la Chambre a épuisé l’ordre du jour pour lequel elle a été convoquée et, au plus tard, trente jours à compter de la date du début de la session’’. Et voilà. Entre les lignes, on voit bien que le cas qui touche à la convocation d’une session extraordinaire de plus n’y figure pas. Rien ne souligne la possibilité d’une deuxième session extraordinaire.
Tout porte à croire qu’en renvoyant à la session de septembre prochain l’examen du projet de loi sur la répartition des sièges par circonscription électorale en rapport avec les élections locales et municipales, le Sénat, de toute évidence, a joué avec le feu en toute lucidité, mais sans très bien calculer des dommages que son geste causerait. S’il le savait, comme il nous est permis de le croire, pourquoi a-t-il voulu persister à défier ceux qui à coup sûr, comme il ne s’en doutait point, devrait réagir toute griffe dehors, et de manière forte ? Ce geste de Léon Kengo est apparu comme qui dirait quelqu’un qui mettrait un doigt exprès dans l’œil d’un malade alité, attendant une piqure et qui se verrait offrir autre chose à la place de cette piqure salvatrice. Le rejet du très têtu projet de loi présenté par Evariste Boshab avec l’appui technique de la CÉNI a été un geste surement de trop. Il n’en saurait être autrement vu dans l’angle des présentateurs du projet de loi. On peut bien d’ici imaginer la scène… des Sénateurs sortant de leur plénière contents tous et s’embrassant vivement en rigolant pour avoir ‘‘baisé’’ l’autre et les autres… On pouvait bien les entendre dire, nous continuons à décrire en s’imaginant toujours la scène telle qu’elle se passerait : ‘‘On les a eus… Ils vont pisser… On ne lâchera pas la prise…’’. Eh oui ! Ca donne envie de rire mais, ces politiciens joueurs agissent parfois de la sorte comme des clowns, se croyant dans un cirque ou mieux encore dans un numéro de magie qui laisse perplexe même lorsque la scène se clôture…

Que retenir ?

Joseph Kabila veut sa loi. Il l’a surement bien signifié à Boshab qui, ne voulant pas souffrir seul, décida de réagir in presto. On refuse de cautionner que cette session extraordinaire de la Chambre haute accouche d’une souris malpropre, qui dans l’entretemps bloque la commission paritaire entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Les sénateurs empêchent la locomotive d’avancer. Ils ne se sont pas donné la peine d’ouvrir une brèche rassurante pour la Chambre basse qui, elle aussi, est concernée par ce projet de loi, l’ayant d’ailleurs adopté à son niveau. En agissant de la sorte Kengo ne tient pas compte de Minaku. Il a renvoyé ses troupes en vacances un peu tard dans la soirée du vendredi 31 juillet 2015, sans valider ce projet de loi, coupant à la chambre basse l’herbe au pied, inhibant toute possibilité pour Minaku de préparer la session paritaire. Etant entendu que cela n’est possible que lorsque les deux Chambres adoptent les textes sous examen en des termes différents. Là donc, il ne s’agit même pas d’une adoption en des termes différents mais d’un rejet qui annihile toute possibilité d’espérer avancer. C’est de bonne guerre.

Cette fois-ci la bravoure du Sénat ne comptera pas. Si la Chambre haute a sauvé le pays de la noyade en janvier dernier alors que les populations se surchauffaient sur la question de la révision de la loi électorale concernant une question très fâcheuse en rapport avec l’organisation du recensement avant la tenue des élections, la Majorité présidentielle n’entrevoit plus une telle issue pour la suite des événements. L’heure est grave pour elle. Plus personne ne voudrait gâcher ou mettre en péril le ‘‘glissement’’. Joseph Kabila se fâcherait. On semble même dire que du côté de la Majorité présidentielle, on ne se le cache plus. L’on mobilise même de manière assez intelligente les troupes et des alliés à cette cause, en faisant des yeux doux à l’Opposition, qui dans une certaine mesure a commencé à mordre à l’hameçon à sa manière, en soufflant le chaud et le froid. Torpillée de l’intérieur, l’Opposition chancelle s’agissant du ‘‘glissement’’ au point de devenir dubitative. La chanson de Felix Wazekwa explique au mieux cette situation. Dans son opus intitulé ‘‘Immigré’’, il chante: ‘‘Moto epelaka pe ekufaka se na mopepe kaka, ndenge nini nayeba baye baza kofula po ekufa to epela…’’. Traduisez : ‘‘le feu a besoin du vent pour s’allumer ou s’éteindre… il est difficile de savoir qui souffle positivement ou négativement pour soit l’éteindre soit l’allumer’’. Bien avant, il disait dans la même chanson ceci : ‘‘Bazali na mbongo ya kosomba liwa, kasi bazangi patience ya kozela zando ebanda…’’. Traduisez: ‘‘Ils sont assez riches pour acheter même la mort, seulement, ils n’attendent pas l’heure d’ouverture des activités du marché’’.

Tous à la danse

L’eau du fleuve coule. Elle coule et le courant emporte tous ceux qui veulent y résister. Observée de la surface, on ne sent rien et on ne voit rien. On a l’impression que l’eau du fleuve, le nôtre, ne coule pas. Observée d’en bas, dans le fond, l’on se rend compte du contraire. Si on s’y risque, en mettant le pied dans le fond, le courant vous emporte. Pas de semblant ! On devrait tous danser au pas de ‘‘tetuka’’ ou de ‘‘ya’Mado’’’. On a le choix entre les deux, l’essentiel étant de se mettre au pas de danse et de suivre le rythme, surtout de suivre le rythme du tam-tam. Kengo n’a pas compris cela. On veut le mettre de force au pas de la danse. Il peut s’il le voudrait danser frénétiquement au rythme du slow ou de la rumba, pourvu de respecter le rythme de l’ensemble. Le glissement, comme l’avalanche, ne laisse rien sur son passage. Il emporte tout et implique tout le monde.

Une certaine opinion pense même que Kabila aurait déjà dit son intention réelle pour les élections de 2016. L’on se rappelle pour ce faire son échange avec les notables du Katanga sur l’alternance attendue. Sa réponse sur cette question justement est analysée aujourd’hui et permet de spéculer. N’a-t-il pas répondu qu’il a été mandaté par le peuple et qu’il se concentrait sur les responsabilités qui étaient les siennes, estimant qu’en 2016, il n’y aurait pas d’hécatombe et qu’il n’y aurait rien du tout ? D’autres avertis disent d’ailleurs sans ambages que la révolution de la modernité a encore besoin de son initiateur pour conduire le pays vers l’émergence en 2030. N’est-ce pas ? Alors Léon Kengo devrait rappeler ses troupes pour les aligner à cette vision. N’en déplaisent à Moïse Nyarugabo et au professeur Kamunkuni !

Reçus dans l’émission ‘‘Dialogue entre Congolais’’ sur Radio Okapi, ils ont insisté sur le fait que nulle part dans la Constitution il est écrit que l’on pouvait convoquer deux sessions extraordinaires entre deux sessions ordinaires. Ils soulignent d’ailleurs que dans le règlement du Sénat il est spécifié qu’une matière non épuisée au cours d’une session extraordinaire, attend la première semaine de la session ordinaire pour son traitement. Le lundi 10 août 2015 approche. Kengo fera quelque chose soit dans le sens de ce que l’on attend de lui, soit dans le sens de la voix unanime de son troupeau. S’il fait ce que l’on attend de lui, tout se passerait à son avantage. S’il ne le fait pas, il est possible que l’on dise qu’il y aurait deux cas : soit le ciel lui tomberait sur la tête, soit la pluie qui serait de retour bientôt à Kinshasa arroserait positivement son jardin… Aïe aïe !
Eben Ezer et Mukar

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