Pour la première fois depuis son indépendance en 1960, la République démocratique du Congo a accueilli la Coupe d’Afrique des nations de Handball seniors dames sur son sol.
La compétition qui a eu lieu du 27 novembre au 7 décembre a laissé plusieurs bons souvenirs et a inscrit le nom de la RDC au panthéon des grandes nations organisatrices des compétitions sportives.
Mais pour le pays organisateur, l’objectif de jouer le dernier carré et réussir à aller à la coupe du monde n’a pas été atteint. l’Angola a remporté la compétition, le Sénégal deuxième, la Tunisie troisième et l’Égypte quatrième. Quant au pays hôte, les léopards ont fini la compétition à la 5e place sur les 12 nations participantes. Seuls les quatre premiers pays se sont qualifiés au prochain mondial.
La 26e édition de la Coupe d’Afrique des Nations de handball dames a été officiellement lancée par le ministre des Sports et Loisirs de la RDC, Didier Budimbu Ntubuanga, le samedi 27 novembre. Dans son discours, il a souligné que cette compétition allait au-delà du sport, célébrant la bravoure des femmes et leur quête d’égalité. « Nous sommes rassemblés pour célébrer non seulement le sport, mais aussi la civilité des femmes. Que cette compétition soit une fête pour le continent et l’Afrique », a-t-il déclaré sous un tonnerre d’applaudissements avant de déclarer la compétition ouverte.
Un moment fort de la cérémonie a été l’hommage rendu aux femmes et à leur résilience, particulièrement en République Démocratique du Congo. La première Dame Denise Tshisekedi, la Première ministre Judith Suminwa, ainsi que des figures emblématiques de la musique congolaise comme Bilia Belle, Tshiala Muana, et Pongo Love ont été mises à l’honneur pour leur contribution à la culture et à l’égalité des genres en Afrique.
La cérémonie a également honoré l’une des plus grandes icônes du sport congolais, l’ex-basketteur Mutombo Dikembe, décédé le 30 septembre 2024 à l’âge de 58 ans des suites d’une tumeur au cerveau. Dikembe Mutombo, en plus de sa carrière NBA brillante, avait largement œuvré dans l’humanitaire, aidant les Congolais et d’autres populations défavorisées, ce qui en fait une figure respectée au-delà du sport.
Le spectacle a été rythmé par des performances culturelles, avec un groupe de danseurs en costumes traditionnels et des projections lumineuses qui ont transformé le stade en un véritable show. La chanteuse Anita Mwarabu, bien que la salle fût partiellement vide, a enflammé la scène avec un medley de ses plus grands succès, clôturant la soirée de manière spectaculaire. L’événement a été un véritable succès et pour couronner cette soirée, l’équipe féminine de la République Démocratique du Congo a remporté une victoire écrasante 38-11 face à l’Ouganda.
Le samedi 7 décembre 2024 restera finalement un jour mémorable pour le handball africain, avec la victoire éclatante de l’Angola en finale de la 26e édition du Championnat d’Afrique des Nations de handball dames, en battant le Sénégal 28-19 au gymnase 1 du Stade des Martyrs. Ce succès renforce la domination angolaise sur le handball féminin africain et confirme leur statut de nation la plus titrée de l’histoire de la compétition.
Dès le coup d’envoi, le match a été marqué par un rythme élevé et une intensité palpable. L’Angola, avec sa solide équipe, a pris rapidement les devants, menant 5-7 après seulement 5 minutes de jeu. Les Perles d’Angola ont ensuite consolidé leur avance, terminant la première période avec un score de 13-8. Le Sénégal, quant à lui, n’a cessé de se battre, mais l’écart s’est creusé au fur et à mesure que les minutes avançaient.
En seconde période, l’Angola a accentué sa domination grâce aux performances remarquables de ses joueuses vedettes. Helena Paulo et Almertina Almeida Da Cruz ont inscrit des buts décisifs, tandis que la gardienne Marta Alberto a réalisé des arrêts déterminants, frustrant les attaques sénégalaises. Le Sénégal, malgré les efforts de Dieynaba Sy, Marie Fall et Soukeina Sagna, n’a pas réussi à inverser la tendance, et l’Angola a achevé la rencontre sur un score final de 28-19.
Ce 16e titre continental de l’Angola marque la continuité de sa domination sur le handball féminin en Afrique. Depuis leur première victoire en 1989, les Angolaises n’ont cessé de briller, renforçant à chaque édition leur statut de favorites. Cette victoire ouvre également les portes de la Coupe du Monde, et repartent avec une prime de 25 000 euros.
Malgré la défaite, le Sénégal peut être fier de son parcours. Dirigées par l’entraîneur Yacine Messaoudi, les Lionnes de la Teranga ont fait preuve d’une grande détermination tout au long de la compétition. Avec cette médaille d’argent, elles dépassent leur performance de 2022, où elles avaient terminé à la 4e place, et se qualifient pour la Coupe du Monde. Elles repartent également avec une prime de 20.000 euros.
Le classement final a consacré l’Angola en champion, suivi du Sénégal et de la Tunisie et de l’Égypte, qui ont obtenu leur qualification pour le Mondial, empochant respectivement 25.000 ( or), 20. 000 (argent), 15.000 ( bronze) et 10.000euros pour le quatrième.
D’autres nations comme la République Démocratique du Congo (5e), le Congo (6e), le Cameroun (7e) et l’Algérie (8e), n’ont pas réussi à se hisser sur le podium, mais ont marqué cette édition de leur empreinte.
Le parcours des léopards dames à la CAN
Les Léopards dames de la RDC, Ont fini la compétition à la 5e place après avoir battu le Congo en match de classement (30-28). Bien avant celà, les dames de Clément Machy se sont imposées devant l’Algérie (33-17), toujours en match de classement après leur élimination face à l’Égypte (23-22).
Au finish, la RDC a vécu un stage de groupes impressionnants avec 3 victoires dans un groupe relevé. Une victoire en ouverture face à l’Ouganda, une victoire face à la Tunisie (25-23) et la Guinée (32-24). 2 défaites : une face à l’Angola et l’autre face au Cameroun.
“On a vécu une belle CAN, même si on a pas atteint notre objectif, mais franchement on était très content de faire cette CAN à la maison” Mélissa Agathe, Handballeuse des léopards à la clôture de la compétition.
Les individualités de la RDC à la CAN récompensées
À l’issue de la 26e édition du Championnat d’Afrique des Nations (CAN) seniors dames de handball 2024, deux joueuses congolaises, Alexandra Lutunu Shunu et Laugane Pina Luambo, ont été honorées en intégrant le « Big Seven » de la compétition. Alexandra Lutunu a été élue meilleure arrière droite, tandis que Laugane Pina Luambo a été désignée meilleure ailière gauche, saluant leurs performances exceptionnelles. Malgré la cinquième place de la sélection congolaise, ces distinctions témoignent du talent et de l’engagement des deux athlètes.
Alexandra Lutunu Shunu s’est distinguée par sa capacité à marquer des buts décisifs, inscrivant 25 buts en 8 matchs avec un taux de réussite impressionnant de 73,5 %. Elle a été particulièrement remarquée pour sa constance, avec une moyenne de 3,1 buts par match. En plus de son titre de meilleure arrière droite, elle a été élue femme du match à trois reprises, soulignant son impact sur le terrain. De son côté, Laugane Pina Luambo a également montré une grande efficacité, inscrivant 19 buts en 8 matchs avec un taux de réussite de 55,8 %.
Le « Big Seven » de la compétition comprend également d’autres stars africaines : Aly Gomaa d’Égypte (meilleure gardienne), Sagna Soukeina du Sénégal (meilleure arrière gauche), Fonseca Natalia d’Angola (meilleure ailière droite), Diagouraga Fanta de la République du Congo (meilleure demi-centre) et Alberta Kassoma da Cruz d’Angola (meilleure pivot). Fanta Diagouraga a été couronnée meilleure joueuse de la compétition, tandis qu’Ateba Engadi du Cameroun a été la meilleure buteuse avec 46 buts.
En termes de performance collective, l’équipe féminine de la République Démocratique du Congo (RDC) a disputé 8 matchs, remportant 5 victoires et enregistrant 3 défaites. Avec un total de 218 buts inscrits, l’équipe a montré une moyenne de 27,25 buts par match. Cependant, la défense a parfois fait défaut, avec 167 buts encaissés (20,87 par match). Christianne Mwasesa, meilleure marqueuse de l’équipe, a inscrit 37 buts, avec une moyenne de 4,62 buts par match, tandis que Koulamambu Yvernellie et Yabone Falone n’ont inscrit qu’un but chacune.
Les performances des gardiennes de but ont aussi été un point crucial pour la RDC. Érrin Cecilia a réalisé 61 arrêts sur 172 tirs en 7 matchs, affichant un taux de réussite de 35,46 %. Malgré des rendements moins élevés de Nganmogne Audrey et Fehr Vanessa, la contribution d’Érrin Cecilia a été primordiale dans plusieurs matchs décisifs. Mampuya Elikya a, quant à elle, eu un rendement moins performant avec seulement 4 arrêts en 1 match.
Un public engagé et toujours présent
La Coupe d’Afrique des Nations a laissé une forte empreinte sur le public congolais, qui a soutenu les Léopards de la RDC tout au long de leur parcours victorieux, mais pas seulement eux. Les Congolais ont assisté à tous les matchs avec une ferveur impressionnante. Même lors de la finale entre l’Angola et le Sénégal, le gymnase adjacent au Stade des Martyrs était rempli à 90%. Leur présence s’est maintenue même pour le match de classement, illustrant l’engouement croissant pour cette compétition.
“Je ne connaissais pas le handball, mais comme cette compétition se déroule chez nous, j’ai décidé de venir voir. C’était passionnant de suivre les matchs. Maintenant, je suis devenu fan de handball. Même si la RDC n’a pas atteint la finale, j’étais vraiment heureux de voir l’Angola triompher, car nous sommes des voisins,” a partagé un supporter.
Tout celà, grâce à une bonne organisation de la Fédération de Handball du Congo, dirigée par Amons Mbayo Kitenge et l’accompagnement, ainsi que la volonté politique du gouvernement congolais. L’implication du public congolais a rendu plus merveilleuse cette compétition, bénéficiant de l’accès gratuit durant toute la compétition.
L’Objectif













