La République démocratique du Congo célèbre le 63 ème anniversaire de son indépendance. Ce jour-là, le monde assista à des scènes de liesse populaires à Léopoldville, ancienne appellation de l’actuelle capitale Kinshasa.
L’ambiance régnait de partout, en provinces, à la cité, c’était une joie électrique qui contrastait à la solennité de l’événement officiel.
Retenons sur ce grand moment historique. Tout commence le matin du jeudi 30 juin 1960 par une messe en la cathédrale Sainte Anne de Kalina ( actuelle commune de la Gombe) de Léopoldville. Les Congolais nouvellement indépendants entonnent alors en chœur le « Te Deum », l’hymne latine d’action de grâces de la liturgie catholique.
Vient ensuite la séance solennelle au Palais de la Nation devant le Parlement réuni en congrès. Les forces politiques congolaises et des invités venus de tous les coins du monde sont présents.
Dans son allocution, le Roi des Belges Baudoin I er va louer l’œuvre de colonisation amorcée par le roi Léopold et poursuivie par la Belgique.
Joseph Kasa-Vubu, le tout nouveau président du Congo Indépendant, va remercier les Belges. Avant de s’attarder sur les perspectives du nouvel Etat composé de 14 millions d’âmes.
Alors qu’il n’était pas prévu par le protocole, Patrice Emery Lumumba, le Premier ministre prend lui aussi la parole.
Il va prononcer un discours fort peu apprécié dans les milieux diplomatiques mais qui fera date chez les nationalistes africains.
La liesse suscitée par l’accession de la RDC à la souveraineté nationale et internationale va être de courte durée. Cinq jours seulement après cet événement, c’est la mutinerie de la force publique.
Avant que le nouveau Chef de l’Etat et son Premier ministre ne se neutralisent. Le Congo vit alors la première d’une longue série de crises institutionnelles que le pays va connaitre des décennies durant. Point n’est besoin de les rappeler toutes.
Le général Joseph-Desire Mobutu a renversé Joseph Kasa-Vubu par un putsch. Le putschiste est également renversé par Mzee Laurent-Desiré Kabila soutenu la coalition rwando-ougando burundaise après 32 de dictature. Le fils de Mzee Laurent-Desiré, Joseph Kabila ( officier supérieur) prend le pouvoir. Ce dernier hérite d’un pays divisé avec deux mouvements rebelles: le RDC soutenu par le Rwanda et le MLC par l’Ouganda. Les fameux accords de Sun City en RSA ramènent la paix. Les premières élections générales se tiennent en 2006. Joseph Kabila est élu au second tour face à son challenger JP Bemba. En 2011, Joseph Kabila rempile un second mandat sur fond des contestations face à l’opposant historique Étienne Tshisekedi. Selon la Constitution, Joseph Kabila ne peut plus briguer un troisième mandat. Ainsi, l’opposition se Ligue contre un éventuel troisième mandat. Finalement, Joseph Kabila cède à la pression. Son dauphin, Emmanuel Ramazani Shadary échoue à l’élection présidentielle de décembre 2018 remportée par Félix Tshisekedi, fils biologique du Sphinx de Limete. On assiste à la première alternance pacifique du pouvoir entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. N’ayant pas la majorité, Félix Tshisekedi était obligé de composer avec le FCC majoritaire. Ainsi est né la coalition FCC-CACH. Par la suite, cette coalition n’a pas pu fonctionné valablement, elle disparaît. Félix Tshisekedi créé la plateforme Union sacrée de la nation qui gère le pays. L’histoire se répète, l’opposition a repris de plus belle des manifestations contre la CENI qu’elle jute partiale, les arrestations arbitraires et autres griefs. Néanmoins, la CENI signe et persiste, il y aura bel et bien élections en décembre 2023. Qui vivra verra dit-on !
Djodjo Mafuku













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