L’ambassadeur de France en RDC, Rémi Maréchaux, a annoncé ce jeudi 9 avril 2026 la tenue de la 9e Semaine française de Kinshasa du 22 au 24 avril. Placée sous le thème “RDC-France : perspectives partagées”, cette édition fera la part belle au numérique, secteur prioritaire d’une coopération bilatérale renforcée par une enveloppe de 100 millions d’euros destinée à élargir l’accès à Internet dans le pays.
C’est une somme conséquente que Paris met sur la table pour soutenir la transformation numérique de la République démocratique du Congo. Rémi Maréchaux, ambassadeur de France, a confirmé ce jeudi lors d’une conférence de presse à l’hôtel Pullman de Kinshasa qu’un accord bilatéral récemment signé prévoit un financement de 100 millions d’euros (environ 107 millions de dollars) spécifiquement dédié à l’amélioration de l’accès à Internet pour “plusieurs millions de Congolais”, selon ses termes.
Si le détail des projets n’a pas été dévoilé, le diplomate a précisé que ce montant s’inscrit dans une feuille de route quadriennale qui place le numérique aux côtés de l’énergie, des transports et des infrastructures comme piliers du partenariat franco-congolais. Cette annonce intervient à quelques jours de l’ouverture de la 9e Semaine française de Kinshasa, organisée du 22 au 24 avril par la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-congolaise (CCIFC).
Placée sous le thème “RDC-France : perspectives partagées”, cette grand-messe économique réunira entreprises, institutions et investisseurs autour de conférences, d’ateliers et de rencontres B2B. L’objectif affiché : multiplier les partenariats dans les secteurs jugés stratégiques par les deux capitales. L’accent mis sur le numérique ne doit rien au hasard. Avec un taux de pénétration d’Internet qui plafonne autour de 25 % selon les dernières données de l’Union internationale des télécommunications, la RDC accuse un retard considérable en matière de connectivité, notamment dans ses provinces éloignées de Kinshasa.
“Le numérique est un levier de développement transversal : il impacte l’éducation, la santé, l’inclusion financière et la création d’emplois”, a rappelé Rémi Maréchaux, évoquant des projets futurs de câblage sous-fluvial et de soutien aux start-up locales. Un discours qui fait écho aux ambitions du gouvernement congolais, lequel a fait du numérique l’un des piliers de son Plan national stratégique de développement. Du côté des acteurs économiques congolais, l’initiative est accueillie avec un optimisme mesuré.
Contacté par notre rédaction, M. Jean-Paul M., président d’une association de jeunes entrepreneurs du numérique à Kinshasa, se félicite de cette enveloppe tout en appelant à la vigilance : “100 millions, c’est bien, mais il faut que cela serve à bâtir des infrastructures pérennes et à former des talents locaux, pas seulement à acheter des équipements étrangers.
Nous attendons de voir les appels d’offres et la part réservée aux PME congolaises.” Une attente partagée par plusieurs opérateurs du secteur, qui espèrent que la Semaine française sera l’occasion de clarifier les modalités d’accès à ces financements. La 9e Semaine française s’ouvrira donc sur fond d’attentes élevées et de questions en suspens.
Au programme, une table ronde sur les infrastructures numériques, un atelier dédié aux fintechs et une session de pitch pour les start-up de la “Silicon Zando”. Reste à savoir si ces trois jours de rencontres suffiront à transformer les “perspectives partagées” en contrats signés et, surtout, en mégabits accessibles aux Congolais des zones rurales. Réponse à partir du 22 avril.
Adonikam Mukendi / Stagiaire UCC













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