A l’ONU, Félix Tshisekedi indexe le Rwanda pour leur soutien aux terroristes du M23.

Du haut de la Tribune des Nations-Unies, le Président de la RDC, Félix Antoine Tshisekedi a dénoncé mardi 20 septembre, à New-York ( siège de l’ONU) le soutien massif tant en matériels de guerre qu’en hommes des troupes, du Rwanda aux terroristes du M23.

C’était lors de son allocution à la 77ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies. «Au mépris du droit international, de la Charte de l’Organisation des Nations-Unies et de l’acte constitutif de l’Union africaine (UA), le Rwanda a une fois de plus, non seulement agressé en mars dernier mon pays par des incursions directes de ses forces armées, mais aussi occupé des localités de la province du Nord-Kivu», a-t-il martelé. Dans le souci d’éclairer la communauté des nations et mettre fin à la sempiternelle dénégation des autorités rwandaises, le Chef de l’Etat congolais a fait savoir que le Gouvernement congolais réitère sa demande au Président du Conseil de sécurité de distribuer officiellement à ses membres, le dernier rapport des experts de l’ONU sur la situation sécuritaire à l’Est de la RDC afin de l’examiner avec diligence et d’en tirer les conséquences qui s’imposent sur le plan du droit, de la paix et de la sécurité internationale.

À ce sujet, le Chef de l’Etat qui est également le Président de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC) a précisé que procéder autrement serait d’une part, encourager le Rwanda à poursuivre son agression, ses crimes de guerre et celles contre l’humanité en RDC, et d’autre part, nourrir davantage la suspicion légitime des Congolais sur l’impartialité de l’ONU ainsi que la complicité de certains de ses membres dans ces crimes. Pour mettre fin à la suspicion et dissiper l’ambigüité de certaines dispositions du Conseil de sécurité sur cette crise sécuritaire, le Président Félix Antoine Tshisekedi a souligné que le gouvernement de son pays a demandé la réévaluation du plan de retrait progressif et responsable de la MONUSCO. Cette démarche, a-t-il soutenu, est parti d’un constat unanime des faiblesses regrettables qui a affecté certainement l’efficacité et la légitimité de l’action de l’ONU en RDC. «Nul ne peut donc prétexter de ce discours imaginaire pour justifier des aventures criminelles au Congo, diviser les congolais et fragiliser l’unité nationale à laquelle tous mes compatriotes tiennent.

La RDC n’est pas et ne sera jamais génocidaire», a déclaré le garant de la nation, avant de soutenir que la prétendue «collaboration» que certains officiels congolais entretiendraient avec les opposants rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), dont se servent les dirigeants rwandais pour justifier leurs agressions répétées en RDC est un alibi qui n’est corroboré par aucun fait avéré sur le terrain. Il a fait savoir par la même occasion que le peuple demande aux Nations-Unies, à l’UA, aux communautés régionales africaines et aux partenaires de la RDC de ne plus se fier aux dénégations éhontées des autorités rwandaises et de contribuer plutôt au rétablissement de la sécurité, à la construction d’une paix durable et à la création des conditions nécessaires à une coopération fructueuse dans la région des Grands Lacs pour le bien de tous.

Par ailleurs, le Président a estimé nécessaire de rendre effectif le retrait immédiat du « M23 » des localités occupées, de multiplier les pressions sur le Rwanda dont les dirigeants sont du reste sous sanctions de l’ONU, d’appuyer la poursuite du processus de paix de Nairobi, les discussions de Luanda «RDC-Rwanda», d’encourager le Président honoraire du Kenya, Uhuru Kenyata et le Président de l’Angola, Joao Lourenco, à poursuivre leurs bons offices dans cette crise sécuritaire et de lever tout obstacle à la restructuration par la RDC de ses Forces armées et à la montée en puissance de celles-ci pour mieux remplir ses missions régaliennes. Djodjo Mafuku

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