Dans le cadre du réchauffement des relations bilatérales entre la RDC et les États-Unis, le premier projet concret émerge dans le secteur minier. KoBold Metals, startup californienne soutenue par Bill Gates et Jeff Bezos, s’apprête à investir plus d’un milliard de dollars pour exploiter le gisement de lithium de Manono, l’un des plus vastes au monde avec 669 millions de tonnes de ressources à 1,61 % de teneur
Cet accord s’inscrit dans la stratégie américaine de réduction de la dépendance à la Chine pour les minéraux critiques, essentiels aux batteries de véhicules électriques. KoBold a conclu un accord-cadre avec l’australien AVZ Minerals pour racheter ses droits sur Manono, bien que le gouvernement congolais conteste la légitimité d’AVZ depuis la résiliation de son partenariat avec la société d’État Cominière en 2022.
KoBold développerait la partie sud du gisement, tandis que le nord resterait sous contrôle du chinois Zijin Mining, déjà détenteur d’un permis d’exploitation via sa coentreprise Manono Lithium SAS. AVZ a proposé de suspendre l’arbitrage international (CIRDI) pour faciliter les négociations, une décision saluée par KoBold comme une “solution pour la paix et la prospérité” .
L’administration américaine, via le secrétaire d’État Marco Rubio et le conseiller pour l’Afrique Massad Boulos, soutient activement l’initiative, y voyant un moyen de “stabiliser l’Est de la RDC” en échange d’accès privilégié aux minerais . KoBold promet des milliers d’emplois bien rémunérés sur plusieurs décennies, tout en misant sur la formation des talents congolais.
L’arbitrage entre AVZ et Cominière (39,1 millions d’euros de pénalités déjà accordés) pourrait retarder le projet si aucun compromis n’est trouvé avec Kinshasa. “Nous rendrons l’Amérique et la RDC plus sûres, plus fortes et plus prospères”, déclare KoBold, remerciant les gouvernements américain et congolais pour leur médiation.
Cet accord marque un tournant dans la course aux minerais critiques. Si les obstacles juridiques sont surmontés, Manono pourrait alimenter les chaînes d’approvisionnement occidentales dès 2026, renforçant ainsi la position de la RDC comme pilier de la transition énergétique .
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













