La province du Haut-Uélé, riche en ressources naturelles et stratégiquement située, est en proie à une instabilité croissante. Les récents mouvements des rebelles sud-soudanais de la NASFA, qui infiltrent les populations locales à Faradje, posent une menace sérieuse non seulement pour la sécurité des habitants, mais aussi pour la stabilité régionale.
Cette situation appelle une réaction immédiate et résolue des autorités nationales, notamment du Vice-Premier Ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango. Les rebelles de la NASFA, qui se présentent comme des défenseurs des intérêts de certaines populations au Soudan du Sud, sont en train de s’infiltrer dans le Haut-Uélé, profitant d’un environnement déjà fragile.
Leur présence ne se limite pas à des incursions sporadiques ; elle s’accompagne d’une stratégie d’implantation au sein des communautés, entraînant ainsi des tensions et des conflits. Les conséquences de cette infiltration sont potentiellement dévastatrices, avec des risques accrus de violence et de désordre.
Quatre fronts simultanés menacent cette province. On observe une convergence des troupes comme si le Haut-Uélé serait la prochaine cible d’une grande occupation. Il y a la présence des Mbororo. Ces éleveurs fortement armés bien que perçue comme une communauté nomade de pasteurs, sont déjà présents dans la région.
L’absence de données précises sur leur nombre et leur organisation rend la situation encore plus préoccupante. Leur présence, couplée à celle des rebelles de la NASFA, pourrait créer un cocktail explosif, entraînant des conflits intercommunautaires et exacerbant l’insécurité. Le Haut-Uélé abrite maintenant un nombre important de NASFA qui sont des citoyens Sud-Soudanais armés.
Cette situation soulève des questions cruciales sur le contrôle des frontières et la capacité des autorités congolaises à gérer la sécurité nationale. L’absence d’une réponse systématique à cette menace extérieure est alarmante et nécessite une attention immédiate. Les Forces de Résistance de l’Armée du Seigneur (LRA) continuent de sévir dans la région, commettant des atrocités et tuant des Congolais.
La combinaison de la violence de la LRA et des incursions permanentes de la NASFA pourrait créer une situation ingérable, plaçant les populations locales dans une vulnérabilité accrue. Il est troublant de constater que la gravité de la situation n’a pas encore suscité la réaction adéquate des autorités provinciales et nationales.
Le Haut-Uélé, province d’origine de Corneille Nangaa Yobeluo, Chef de l’AFC-M23-RDF condamné à mort, est déjà le théâtre de manœuvres politiques et militaires qui pourraient déstabiliser davantage la région. Nangaa a publiquement exprimé ses intentions de renverser le pouvoir de Kinshasa, ajoutant une couche de complexité à la crise actuelle.
Les autorités doivent comprendre que l’inaction face à ces menaces ne fera qu’encourager des acteurs malveillants et exacerber les tensions. Les populations vulnérables, qui vivent déjà dans la peur, méritent une protection efficace et un engagement fort de la part de leurs dirigeants. Mieux vaut agir et regretter que de ne rien faire et le regretter.
Il est impératif que le VPM de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, ainsi que les autres responsables gouvernementaux, prennent conscience de l’urgence de la situation. Qui ne risque rien n’a rien. L’inaction ou le manque de prise de risque peut mener à ne rien obtenir, et que l’engagement est souvent nécessaire pour atteindre des résultats.
Une stratégie de sécurité intégrée et proactive est nécessaire pour contrer ces menaces multiples. Cela passe par : le renforcement des mésures de sécurité c’est-à-dire augmenter la présence policière et militaire dans les zones les plus touchées pour dissuader les incursions rebelles et protéger les populations locales.
Impliquer les leaders communautaires dans la lutte contre l’infiltration des rebelles et favoriser un dialogue ouvert pour réduire les tensions existantes et renforcer le contrôle des frontières pour limiter l’entrée de groupes armés étrangers et de personnes armées sur le territoire congolais. La situation au Haut-Uélé est une crise en cours qui nécessite une attention immédiate et des actions concrètes.
Les rebelles Sud-Soudanais de la NASFA, associés à d’autres forces de déstabilisation comme la LRA et les Mbororo, représentent une menace sérieuse pour la paix et la sécurité de la région. Il est temps que les autorités congolaises agissent pour protéger la population congolaise qui ne comprend plus rien de ses silences abasourdissants qui frisent la complicité.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













