Aspirer à un Etat de droit, tel est le vœu exprimé par Felix Tshisekedi à son avènement à la magistrature suprême du pays.
Dans son discours d’investiture, le Chef de l’Etat a prôné l’instauration d’un véritable État de droit. Son souhait le plus ardent est de voir son pays devenir véritablement un État de droit, à l’instar d’autres nations sur l’échiquier continental et mondial. Cependant, la RDC a encore un long chemin à parcourir pour y parvenir. Il faudra pour ce faire changer de mentalité. La vague d’arrestation de personnalités opérée par la justice a plongé l’opinion dans la confusion. Certaines personnes pensent que cette action de la justice qui met la main surtout sur les personnes qui sont au pouvoir, fera de la RDC un État de droit. Mais il faut dire que l’État de droit n’est pas seulement cet État qui condamne les fautifs mais aussi qui acquitte les innocents. De l’autre côté, l’on se rappellera que plusieurs jugements et arrêts rendus par les instances judiciaires, souffrent d’exécution. Ces décisions n’ont jamais été exécutées, et le parquet en principe qui est l’organe chargé de veiller à l’application de ces décisions, n’assure aucun suivi des sentences prononcées par la justice. Conséquence, les auteurs des faits infractionnels restent impunis. L’on se souvient récemment des arrêts prononcés par la Cour constitutionnelle appelant le gouverneur du Kongo Central Atou Matubuana et celui du Sankuru Joseph Stéphane Mukumadi à la démission. Ces arrêts de la plus haute juridiction, n’ont jamais été exécutés ou appliqués. Sur le plan politique, on pense qu’avec l’avènement du régime Tshisekedi, les anciens dignitaires devraient ipso facto être inquiétés. L’État de droit, c’est le corolaire de la démocratie. Mais en RDC, l’on confond la vengeance à la démocratie, c’est-à-dire l’État de droit. On observe des escalades verbales à longueur des journées ci et là, surtout dans les espaces médiatiques par des acteurs politiques des diverses obédiences. Plus grave, ces escalades sont constatées dans le chef de certains gouvernants. Cependant, il faut reconnaitre que l’État de droit veut simplement dire ” le respect des règles juridiques édictées par le pouvoir public, lesquelles doivent être impersonnelles et punissables. C’est un système institutionnel dans lequel la puissance publique est soumise à la loi ou au respect du droit. Il est fondé sur le principe du respect des normes juridiques. Chacun est soumis au même traitement et au même droit, qu’il s’agisse de l’État que des particuliers. Il faut aussi dire que les organes de l’État ne peuvent agir que sur base et dans les limites des règles qui imposent à eux et non selon leur bon vouloir sans être tenu au respect des règles qu’ils ont pourtant édictées. C’est un État où le respect des droits et libertés fondamentaux des citoyens sont de stricte observance. C’est un système qui caractérise un régime démocratique et qui place le principe essentiel du respect de l’égalité et de la primauté du droit dans l’organisation politique sociale au premier plan. Pour ce qui est de la RDC, il faut par conséquent que l’État de droit repose sur l’application des droits et les libertés fondamentales contenues dans la Constitution. L’on doit également reconnaître qu’un État de droit est une organisation juridique à laquelle tout citoyen est soumis au respect du droit, du simple citoyen jusqu’à la puissance publique. Autrement dit État où le nanti et le moins nanti, le riche et le pauvre, la classe moyenne et le misérable, bénéficie d’un même traitement devant la justice et jouissent d’un procès équitable. Ils sont tous égaux devant la loi. Un État où les institutions du pays sont indépendantes et jouissent pleinement de leur autonomie. État où la justice veille à la protection et au respect des droits de la population et non détourner les deniers publics. Ce n’est qu’à ce prix que la RDC deviendra véritablement un État de droit.












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